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Lutte contre la corruption dans les médias : La convention collective comme passage obligé

Accueil > Actualités > DOSSIERS > La liberté de presse au Burkina • • mardi 19 décembre 2006 à 07h22min

Le Réseau africain des journalistes pour l’intégrité et la transparence (RAJIT a organisé le samedi 9 décembre 2006 une conférence publique sur la corruption dans les médias au Burkina Faso. C’est le Centre national de presse Norbert-Zongo de Ouagadougou qui a servi de cadre à cette conférence animée par le président du Conseil supérieur de la communication, M. Luc Adolphe Tiao.

En tant que secteur d’activité, à nul autre pareil, le secteur des médias est sérieusement gangréné par le phénomène de la corruption. C’est l’idée maîtresse qui ressort de l’exposé du président du Conseil supérieur de la communication, Luc Adolphe Tiao le samedi 9 décembre 2006 au Centre Lutte contre la corruption dans les médias

Le Réseau africain des journalistes pour l’intégrité et la transparence (RAJIT a organisé le samedi 9 décembre 2006 une conférence publique sur la corruption dans les médias au Burkina Faso. C’est le Centre national de presse Norbert-Zongo de Ouagadougou qui a servi de cadre à cette conférence animée par le président du Conseil supérieur de la communication, M. Luc Adolphe Tiao.

En tant que secteur d’activité, à nul autre pareil, le secteur des médias est sérieusement gangréné par le phénomène de la corruption. C’est l’idée maîtresse qui ressort de l’exposé du président du Conseil supérieur de la communication, Luc Adolphe Tiao le samedi 9 décembre 2006 au Centre national de presse Norbert-Zongo de Ouagadougou. En effet, au terme d’un diagnostic de la situation de la corruption dans le milieu de la presse, M. Tiao est parvenu à cette conclusion peu reluisante pour les médias au Burkina Faso. Selon lui, les journalistes en tant qu’hommes publics, "le moindre écart de conduite de leur part est tout de suite relevé, cité en exemple et peut paraître comme un phénomène de légitimation de la corruption dans la mesure où, alors qu’ils sont sensés la dénoncer, ils sont eux-mêmes corrompus".

Au nombre des causes du phénomène, Luc Adolphe Tiao note la précarité des conditions de vie due à la faiblesse des salaires des journalistes, l’absence de professionnalisme, l’inorganisation du secteur, l’absence de statut particulier du journaliste, le recul des valeurs morales etc. Tout cela a comme conséquences évidentes la prostitution des lignes éditoriales, l’atteinte grave à la liberté d’expression et à l’information des citoyens, le discrédit sur la presse, etc, a déploré le conférencier.

Toutefois, rassure-t-il, la corruption n’est pas une fatalité. De son avis, ce fléau peut être endigué et la convention collective peut être une solution pertinente. Sans elle, insiste-t-il, il sera difficile de venir à bout de la corruption car sans sécurité pour les journalistes, ils ne peuvent résister aux sirènes de l’argent.

Ladji BAMA
(Stagiaire)


La corruption dans les médias est pire qu’un délit de presse

L’existence supposée ou réelle de la corruption dans les médias doit être plus préoccupante que dans tout autre domaine d’activité. Pour des raisons évidentes que les hommes de médias dans leurs missions de sensibilisation, d’information et de formation de l’opinion publique doivent d’abord incarner des valeurs morales d’intégrité et d’éthique dans l’exercice de leur métier avant de prétendre donner des leçons de droiture à la société et à ses acteurs politiques et économiques.

Le président du Conseil supérieur de la communication, Luc Adolphe Tiao au cours d’une conférence organisée par le Réseau africain des journalistes pour l’intégrité et la transparence (RAJIT) s’est apesanti sur la dangérosité de la corruption dans les médias pour des Etats de démocratie émergente comme le nôtre.

C’est avec une conviction propre à la personnalité du conférencier qu’il a déclaré que la corruption, quelle soit passive ou active représente une entrave grave à la liberté d’expression, gangrène la société et anéantit la prospérité. C’est pourquoi les hommes de médias doivent s’engager résolument, en dépit de toute tentation à défendre leur noble métier.

Après avoir identifié les causes et les effets pervers de la corruption dans les médias qui sont entre autres la précarité des conditions de travail et l’assujettissement des journalistes, Luc Adolphe Tiao a recommandé vivement à ses confrères de toujours résister aux sirènes de l’argent dans l’accomplissement de leur mission. Il est ressorti des échanges que le journalisme est incompatible avec la recherche effrénée de l’argent , du vedetteriat et du sensationnel.

A ce propos, le conférencier Luc Adolphe Tiao a tout de même accepté qu’il est difficile de nos jours pour la presse de vivre sans la publicité. Cependant, il a déploré le déséquilibre dans le traitement de l’information en faveur des articles commerciaux dissimulés sous forme d’articles d’information ordinaire. Ce constat du président du CSC ne souffre d’aucun débat.

En effet, dans certaines rédactions de notre pays, les articles facturés priment sur tout le reste à même de congédier un journaliste qui les aurait mal écrits ou manipulés. Contre la précarité des conditions de vie et le manque de couverture sociale des journalistes, Luc Adolphe Tiao a invité les organisations professionnelles de médias à redoubler d’effort pour l’avènement d’une convention collective.

En ce qui concerne la lutte générale contre la corruption dans notre pays, le président du CSC a en outre salué l’existence d’un arsenal institutionnel impressionnant capable de bouter ce fléau des temps modernes hors du Burkina à savoir : La Haute autorité de coordination de la lutte contre la corruption (HALCR), le Réseau national de lutte contre la corruption (Ren-Lac), l’engagement de la société civile et enfin l’Assemblée nationale qui contrôle l’action gouvernementale.

De ce fait, le conférencier Luc Adolphe Tiao est optimiste que le combat contre la corruption peut être gagné. En bon journaliste pétri d’expériences, Luc Adolphe Tiao a averti que la dénonciation de la corruption n’est pas un jeu d’enfant. Qu’à cela ne tienne la presse doit jouer sa partition.

Salifou OUEDRAOGO

Sidwaya

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