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Emmanuel Salamabéré, médiateur de Sidwaya : "Sidwaya est placé entre le marteau et l’enclume"

Accueil > Actualités > DOSSIERS > La liberté de presse au Burkina • • lundi 8 janvier 2007 à 07h33min

Emmanuel Salamabéré

Etre le médiateur des Editions Sidwaya et avoir un esprit critique quant au contenu de cet organe n’est pas gymnastique aisée. Et pourtant, Emmanuel Salembéré le démontre aisément à travers cet entretien où il aborde sans complaisance sa mission, formule des critiques objectives à l’endroit de Sidwaya et invite les lecteurs à le saisir en cas de besoin.

Sidwaya (S.) :Si vous deviez vous prononcer sur l’évolution de Sidwaya depuis que vous en êtes le médiateur, que diriez-vous ?

Médiateur de Sidwaya (M.S.) : L’évolution de Sidwaya est vraiment remarquable tant dans la forme que dans le fond. La présentation physique du journal est plaisante, le papier de bonne qualité, les rubriques diversifiées et aérées. Pour ce qui est du contenu rédactionnel, Sidwaya comme tout organe d’Etat est placé entre le marteau et l’enclume. D’un côté, en sa qualité de journal évoluant dans un contexte démocratique, pluraliste et républicain, il doit maintenir la balance égale entre toutes les composantes de la Nation, ouvrer au renforcement de la citoyenneté et refléter toutes les sensibilités politiques, économiques, sociales et culturelles du pays mais, de l’autre, son caractère étatique pour ne pas dire gouvernemental, ne lui permet pas, dans certaines circonstances, d’avoir les coudées franches pour traiter, avec toute l’objectivité requise, les sujets brûlants de l’heure.

L’équipe du journal s’en sort tout de même d’une manière honorable, grâce à son professionnalisme, sa subtilité et son courage, ce qui, incontestablement, renforce sa crédibilité.

De toute façon, nul ne peut s’attendre raisonnablement à ce qu’un organe d’Etat, créé et financé par l’Etat et dont les principaux animateurs sont des agents publics de l’Etat, conteste systématiquement les décisions et les orientations gouvernementales. C’est d’ailleurs, le rôle de la presse d’opposition qui, du reste, ne s’en prive pas.

S. : Dans quels domaines particuliers, Sidwaya devrait mettre l’accent pour améliorer la qualité des différents titres.

M.S. : Sidwaya pourrait, à l’avenir, adopter un format de tabloïd et, en tout cas, réduire au moins de moitié ses dimensions actuelles pour permettre un maniement plus aisé du journal. De même, les photos devraient être plus nettes.

Pour ce qui est du contenu rédactionnel, Sidwaya devrait tout d’abord expliquer davantage les tenants et les aboutissants de la politique gouvernementale. Par exemple, beaucoup de décisions prises par le conseil des ministres, de lois votées par l’Assemblée nationale échappent en tout ou partie à la compréhension du citoyen moyen. Sidwaya devrait, dans ce cas, soit approcher les ministères ou institutions concernés en vue de mieux éclairer la lanterne du lecteur, soit inviter un spécialiste de la question à expliquer de la manière la plus simple possible tous les aspects du sujet traité.

Ensuite, une rubrique devrait être consacrée aux grands problèmes qui se posent au Burkina et au monde afin de permettre aux lecteurs de s’en imprégner, d’avoir des éléments d’appréciation sur leur genèse, leur évolution, leurs implications etc., Le Moyen-Orient, le pétrole, le nucléaire, le terrorisme, l’écologie, le développement durable, les énergies renouvelables, les OGM, la santé et tant d’autres préoccupations du monde moderne en général et de l’ Afrique en particulier, pourraient être les sujets de prédilection de cette rubrique.

Enfin, Sidwaya devrait aller plus loin dans sa politique de neutralité progressive et tâcher de maintenir le plus possible, la balance égale entre le régime en place et les partis d’opposition.

S. : Des différentes rubriques de Sidwaya Quotidien, lesquelles retiennent le plus votre attention ?

M.S. : Les principales rubriques de Sidwaya sont :
- Economie et développement
- Société et culture
- Politique étrangère

Sans oublier l’éditorial.

Toutes les rubriques sont intéressantes et permettent à chaque lecteur de trouver une satisfaction en rapport avec ses préoccupations du moment.

Pour ce qui me concerne et pour répondre plus précisément à votre question, je lis en priorité, l’éditorial et les articles traitant de politique nationale. Puis, en fonction des sujets traités, je peux passer plus de temps sur les faits de société, les faits divers etc.

S. : En tant que médiateur, avez-vous été approché par des lecteurs de Sidwaya sur un sujet donné ?

M.S. : Le médiateur de Sidwaya étant de création relativement récente n’a pas encore pris toute sa place dans le paysage institutionnel des Editions Sidwaya et donc, n’a pas encore été saisi par des lecteurs.

S. : Quels conseils avez-vous à donner à vos protégés ?

M.S. : Les recommandations que je pourrais formuler à l’endroit du lectorat de Sidwaya sont de ne pas hésiter à saisir le médiateur chaque fois qu’il est confronté à un problème en relation avec le journal, qu’il s’agisse du refus de publier un article, de la manière dont le journal a traité un sujet, d’une contestation du contenu d’une rubrique, d’un écrit jugé diffamatoire, d’une discrimination et que sais-je encore ?

Le recours au médiateur n’étant ni exclusif ni même suspensif par rapport à la saisine d’une juridiction, les deux démarches sont parfaitement compatibles et peuvent être concomitantes.

Les correspondances à l’intention du médiateur doivent être adressées au journal qui les transmettra sans délai. La réaction du médiateur sera, soit publiée dans le journal, soit acheminée directement au requérant.

S. : Quel bilan pouvez-vous tirer de l’observation critique du contenu des titres Sidwaya ?

M.S. : Je l’ai déjà écrit : Sidwaya, dans la position qui est la sienne et en comparaison avec des organes d’Etat de la sous-région peut être fier de son bilan. Cependant, tout est toujours perfectible et le journal devrait éviter de donner parfois l’impression de traiter de manière insuffisamment équilibrée l’actualité.

Sidwaya devrait aussi ouvrir ses colonnes à de nouvelles rubriques concernant les sciences et les technologies, les grands problèmes qui se posent au monde et à l’Afrique vus, non pas seulement sous l’angle de l’actualité, mais dans un souci didactique, pédagogique, en collaboration avec des spécialistes.

Sidwaya

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