Développement des TIC au Burkina : Pour une plus forte implication de l’Etat

Publié le vendredi 15 juin 2007

Développement des TIC au Burkina : Pour une plus forte implication de l’Etat

Le Burkina vient d’abriter un Forum africain sous-régional sur les meilleures pratiques dans le domaine des technologies de l’information et de la communication à l’occasion de la 3e édition de la semaine nationale de l’Internet et des autres Techniques de l’Information et de la Communication (TIC). Un forum qui a, du reste, regroupé des pays africains et d’éminentes personnalités du monde de la communication.

Il est clair que tout le monde, ou presque, est d’avis que l’ère du numérique se présente comme une véritable révolution, une chance inestimable et inespérée pour le continent d’effectuer un bond technologique en avant, en entrant directement dans l’ère de l’information sans passer par l’ère de l’industrialisation. Si l’Afrique a raté la révolution industrielle, elle ne doit pas rater celle du numérique, clame-t-on çà et là.

De l’indispensable appropriation des outils de l’information et de la communication par les Africains afin de ne pas rester en marge de l’agréable transformation qui s’opère tout autour, on en convient donc. D’autant que les TIC vont tout révolutionner, notamment dans les domaines de la santé (télémédecine), de l’éducation, de l’agriculture, etc. Sans oublier qu’elles constituent de véritables outils d’ouverture au monde, qui sont autant de facteurs de développement.

Si tout cela est donc pratiquement admis, il y a tout de même lieu de se demander si l’Afrique en général, le Burkina en particulier entend se donner réellement les moyens de réduire la fracture numérique qui la sépare des pays riches. Est-il véritablement disposé à faire de l’accès aux outils informatiques, une priorité ?

Il ne faut pas se le cacher, l’outil informatique n’est pas à la portée de n’importe qui, à un moment où est pourtant prônée la nécessaire vulgarisation des TIC. De fait, combien représentent les accessoires d’un ordinateur pour un citoyen moyen dont le revenu mensuel couvre à peine les besoins nutritionnels de la famille ? Autant le dire tout net : l’ordinateur est un luxe dans ce pays.

On dira que la majeure partie des Burkinabè a des priorités autres que s’offrir un outil informatique. Mais tout ramener aux priorités existentielles, c’est oublier que le développement, même à un niveau individuel, est un tout dans lequel ne devrait pas être occulté l’aspect TIC. Que n’avait-on pas dit des téléphones cellulaires, quand ils faisaient leur entrée en Afrique, ces outils passant, à l’époque, pour des objets de prestige uniquement. Aujourd’hui, leur utilité se passe de commentaire. Que sont devenues les vieilles machines à dactylographier, qui ont cédé leur place aux ordinateurs de type PC et autres, dont l’utilité n’est pas non plus surfaite aujourd’hui ?

Si ces outils sont devenus indispensables dans diverses tâches au quotidien, il reste que leur accès au plus grand nombre pose problème.

Au Burkina Faso, on ne s’offre généralement que le plaisir des yeux en visitant des salons commerciaux feutrés, là où sont justement exposées des TIC à faire rêver. Et, souvent, là, s’arrête le rêve. De véritables miroirs aux alouettes s’il en est. Et pour ne pas arranger les choses, chaque commerçant s’estime libre d’appliquer sur son produit, la marge bénéficiaire qui lui convient. Même s’il apparaît que certains exagèrent, faut-il en vouloir à certains autres si leurs produits sont hors de portée pour le citoyen lambda ?

Il y en a qui, à tort ou à raison, invoqueront les droits de douanes et les taxes appliqués à leurs produits. Il y a donc sans doute quelque chose à revoir à ce niveau. Certains rétorqueront tout de suite qu’il est quasi impossible de détaxer fortement des produits dans des pays qui tirent en partie, leurs maigres revenus des produits en question. Mais tout dépend des priorités que chaque Etat veut se fixer. La source de revenu représentée par les droits de douanes et les taxes sur le matériel informatique vaut-elle moins que le bénéfice potentiel en terme de progrès qu’on pourrait tirer d’un abaissement de ces taxes ? Dans tous les cas, des pays africains comme l’Egypte, la Tunisie, le Botswana, qui ne manquent pas non plus de problèmes liés au développement, ont pourtant fait l’option de jouer à fond la carte du numérique.

Certes, cela suppose des sacrifices. Mais, à dire vrai, le jeu n’en vaut-il pas la chandelle ?

A ce propos, si les Etats-Unis opèrent une nette domination sur le monde, c’est sans conteste en partie parce qu’ils détiennent plus que quiconque la redoutable arme de l’information et de la communication, qui représente un enjeu hautement stratégique.

C’est pourquoi, à l’instar de ces pays africains qui ont déjà pris une bonne longueur d’avance en matière d’appropriation des TIC, le Burkina peut et doit faire la même option. On ne lui demande pas de renoncer à ses priorités « classiques ». Il s’agit de pouvoir concilier le tout. Une bonne vulgarisation de l’outil informatique est avant tout une question de volonté et d’engagement politiques. On ne peut pas vouloir une chose et son contraire. L’option dont il est question doit être portée par un réel engagement de l’Etat. C’est dire que les discours doivent faire place aux actes ; des actes qui permettront, à terme, au plus grand nombre de Burkinabè de s’offrir, s’ils le veulent, un ordinateur chez eux tout en ayant accès à Internet.

Comparaison n’est pas raison, mais à Taïwan, l’outil informatique passe pour un gadget. Si ce n’est pas possible d’atteindre son niveau, le Burkina doit au moins tenter d’aller dans la même direction. Ce n’est pas dire que des efforts n’ont pas été faits au niveau de l’Etat. Seulement, il peut mieux faire. Pour tout dire, ceux à qui il a été inculqué le goût du numérique, doivent avoir la nette impression que l’Etat s’investit à fond pour leur plus grand accès aux TIC. Si l’Etat peut faire de la subvention en ce qui concerne le riz et le carburant, il peut le faire aussi pour l’outil informatique et ses accessoires ? Il suffit de le vouloir... pour de vrai.

Le Pays

Messages

  • Bonjour ;
    encore une rencontre de plus. Si les mots devaient faire avancer l’Afrique, elle serait mille fois en avance sur le reste du monde.
    quelles pratiques ont-ils montrées lors de ce forum ?
    Même des exemples locaux n’ont pas été présentés.
    Les associations et autres structures de promotion des TIC ont été mis à l’égard.
    Ce n’est qu’un forum de bouffement oui ; si non rien d’autre.

    Vraiment on ne changera jamais. Toujours les mêmes discours rien de concrets. Chaque responsable à quelque niveau que ce soit ne pense qu’à son vendre. Jamais au peuple. Bref, ce qui est sur ; le Burkina est sur une très mauvaise voie. Il faut avoir le courage et l’honnêteté intellectuelle de le reconnaitre : on crie haut et fort, on fait miroiter des horizons utopiques qui ne collent jamais à la réalité. Mon frère les TIC au Faso ce n’est pas pour demain. On y pense même pas.

    Le ministère est là tout simplement pour réguler le domaine du secteur privé. rien d’autre. Avez-vous déjà vu une activité de vulgarisation en dehors de la SNI ? Mais il y a un directeur chargé de la vulgarisation dans le ministère. Ne nous y trompons pas attache ta ceinture et fait ce que tu peux et oublie ces gens là. Quant ils mettront, le pays à genou nous le reconstruirons ensemble. Mais ils seront beaucoup plus comptable devant l’histoire que nous.

    Bref

  • Vraiment on en a marre de tous ces forums, ateliers , tables rondes, circulaires, semimaires, colloques, concertations conferances etc. Si vraiment tous voulaient aller dans le sens de la vulgarisation des TIC au BURKINA, il faut permettre à chacun d’acquerir l’outil informatique à moindre frais en supprumant les divers taxes(douanes surtout). Pourquoi ne pas aider les etablissements, les universités pour l’acquistion du materiel informatique(et c’est d’ailleurs le devoir de l’etat) afin que tous sortent avec un niveau en informatique. L’argent que ces colloques engloutissent peut en un temps soit peu faire du concret( acquisition du matreriel, formation, etc.) Ne nous faisons pas d’illusions.

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