Rentrée scolaire 2007-2008 au Burkina : La gratuité des manuels scolaires, une réalité

Publié le mardi 28 août 2007

Rentrée scolaire 2007-2008 au Burkina : La gratuité des manuels scolaires, une réalité
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Remise symbolique de manuels au gouverneur de l’Est

Plus de soucis pour les manuels scolaires à l’école primaire au Burkina Faso. Pour ce qui est de l’année scolaire 2007-2008, l’opération distribution gratuite de ces documents didactiques a été lancée le 27 juillet 2007 à Fada N’Gourma. C’est au cours d’une cérémonie patronnée par le Premier ministre, Tertius Zongo, accompagné de plusieurs membres du gouvernement.

"Au nom de son excellence, monsieur le Premier ministre, chef du gouvernement, je déclare officiellement lancée, l’opération de distribution gratuite des manuels scolaires au titre de la rentrée scolaire 2007-2008". Cette déclaration du ministre de l’Enseignement de base et de l’Alphabétisation, Marie Odile Bonkoungou, faite le 27 août 2007 à Fada N’Gourma, marque le début de la distribution aux élèves de toutes les écoles primaires publiques comme privée du Burkina, de plus de 3,5 millions d’exemplaires de livres d’une valeur de plus de 1,5 milliards de francs CFA.

Lors d’une cérémonie patronnée par le Premier ministre, Tertius Zongo en présence de nombreux membres du gouvernement, Marie Odile Bonkoungou a indiqué : "Toutes les disciplines sont couvertes, mais il convient de souligner que pour la première fois, nous espérons bien réaliser le ratio d’un livre par élève en lecture et en calcul". Et le MEBA de lancer avec force : "Fini le temps où les livres de lecture et de calcul pouvaient apparaître comme un luxe inaccessible au plus grand nombre d’élèves".

Madame Bonkoungou a tenu à rassuré que d’ores et déjà, toutes les mesures sont prises pour que les manuels soient entre les mains des élèves, gratuitement et dès le début de la rentrée scolaire. Comme autre bonne nouvelle à l’endroit des parents d’élèves, le MEBA a annoncé que "Outre les manuels scolaires, il sera procédé à la distribution gratuite de fournitures aux élèves dans toutes les écoles primaires publiques".

Les intérêts du secteur privé ne sont pas visés

"La distribution gratuite des manuels scolaires participe de la stratégie gouvernementale de lutte contre la pauvreté... et commandée par l’intérêt supérieur de la nation", a signifier le MEBA. Marie Odile Bonkoungou rassure : "l’opération n’est pas dirigée contre les intérêts privés".

Selon la mission du ministre de l’Enseignement de base, les investisseurs privés et les professionnels du livre sont appelés à s’impliquer fortement dans la chaîne de l’édition/impression d’ouvrages scolaires au Burkina Faso. Elle a invité les parents d’élèves et les enseignants à bien entretenir les manuels scolaires qui leur seront remis. Dans la même lancée, l’ambassadeur des Pays-Bas au Burkina, Gérard Djuijfjes, chef de file des partenaires techniques et financiers a mentionné : "Vous êtes bien au courant que quelque chose obtenu gratuitement n’est pas une chose sans valeur. C’est pourquoi, aussi bien les élèves, les enseignants et les parents ont une grande responsabilité de garder les matériaux d’éducation si bien que leurs successeurs en profitent".

Il a relevé que sans éducation de ses citoyens, un pays ne peut pas se développer. "C’est pourquoi les partenaires techniques et financiers soutiennent la stratégie du gouvernement burkinabè qui tend aujourd’hui clairement vers le principe de la gratuité et d’amélioration de la qualité de l’éducation de base", a souligné M. Djuijfjes. Le chef de file des partenaires techniques et financiers a mentionné qu’ils suivent avec grand intérêt la planification et les concrétisations de la réforme du système éducatif burkinabè et a annoncé leur disponibilité à soutenir la deuxième phase du Plan décennal du développement de l’Enseignement de base.

Deux facettes de l’école primaire dans la commune de Fada N’Gourma

Le maire de la commune de Fada N’Gourma, Moumouni Kocty, s’est réjoui de la tenue de la cérémonie dans sa commune. Il a relevé que la commune de Fada N’Gourma présente deux particularités en ce qui concerne l’éducation de base.

En décrivant cette situation, M. Kocty a indiqué que " si dans la partie urbaine il y a surcharge d’élèves en raison de l’insuffisance des infrastructures et du taux élevé des inscriptions, par contre, dans les villages, on constate des classes à effectif très faible et une insuffisance très marquée d’infrastructure".

Poursuivant la présentation des lieux de l’école dans la commune de Fada N’Gourma, il ajoute que les 34 villages de la commune compte 21 écoles publiques, dont 18 classiques et quatre satellites. Après tout, le Premier ministre Tertius Zongo a procédé à une remise symbolique de manuels scolaires au gouverneur de la région de l’Est, Kilimité Théodore Hien. En plus des manuels scolaires, Tertius Zongo à remis des drapeaux et des effigies du président du Faso, afin de cultiver la citoyenneté chez les enfants dès l’école primaire. Le Premier ministre a saisi l’opportunité pour visiter l’Ecole nationale des enseignants du primaire de Fada N’Gourma et accorder des audiences aux autorités administratives, militaires et coutumières de la région de l’Est.

Ali TRAORE
traore_ali2005@yahoo.fr


Le Premier ministre, Tertius Zongo s’exprime sur la distribution gratuite des manuels scolaires au Burkina

"Il s’agit d’être conséquents dans ce que nous faisons, parce qu’en observant le programme quinquennal du président du Faso, l’axe un, c’est-à-dire la chose essentielle, c’est la valorisation du capital humain. Et si vous regardez toutes les stratégies que nous mettons en œuvre, ce sont des stratégies qui contribuent à lutter contre la pauvreté car le souhait des Burkinabè est de voir une équité dans la répartition des fruits de la croissance.

Nous savons que l’éducation est le facteur le plus important pour sortir les gens de la pauvreté. Si vous avez été cultivateur, c’est-à-dire, vous n’êtes pas aller à l’école, les enquêtes qui ont été faites au Burkina Faso montrent que vous avez 90% de chance de reproduire votre enfant comme vous-même. De ce fait, lorsqu’on réfléchit en réalité, le vrai instrument pour sortir de la pauvreté, c’est d’abord l’éducation.

L’acte que nous posons ce jour indique que le gouvernement est résolument engagé, mais sait que tout le monde n’a pas les moyens de pouvoir offrir une éducation à ses enfants.
C’est pourquoi nous essayons de répartir les richesses du pays en les orientant vers les couches les plus défavorisées. J’en appelle à la responsabilité des parents. Ce n’est pas parce que les livres sont distribués gratuitement qu’ils n’ont pas de coût ! Il faut que les parents, individuellement, sachent que l’éducation est de leur responsabilité.

Que les associations des parents d’élèves, des mères éducatrices, sachent qu’il faut qu’il y ait de la pression sur l’enseignant pour le contrôle de sa présence afin qu’il fasse son travail. Par conséquent, je pense que ce geste est un pas pour que tous les acteurs s’engagent et que d’ici les années à venir, nous voyions nos enfants produire plus de richesse pour le développement du pays".


Ouvrir l’œil sur les "deals" et les vols

L’opération distribution gratuite de manuels scolaires a été lancée, hier 27 août 2007 à Fada N’Gourma. Ce geste, il faut le dire, favorisera la scolarisation à grande échelle des enfants au Burkina Faso car il vient lever de nombreuses contraintes dans un pays où la pauvreté est la chose la mieux partagée. Raison pour laquelle le gouvernement et surtout les différents acteurs du domaine de l’enseignement primaire doivent prendre des mesures rigoureuses pour que cet espoir ne s’évanouisse pas dès sa naissance, profitant à une minorité.

En effet, même si le MEBA annonce que l’opération ne vise pas les intérêts du secteur privé, convenons que cela ne fait pas forcément les affaires des libraires et autres revendeurs de livres. A défaut de ne pouvoir rien faire donc contre cette opération, certains libraires peuvent, en complicité avec des acteurs de la chaîne, "dealer" des livres.

En cela, il va falloir renforcer la sécurité des différents magasins et autres endroits de stockage des manuels, car des antécédents existes. Il n’est pas rare que dans des écoles, les enseignants, le matin au réveil trouvent que les magasins de l’école ont été vidés dans la nuit. Si malgré tout, ces cas advenaient, des sanctions exemplaires devront être prises afin de décourager de tels comportements. Cela y va de la survie de l’école
burkinabè.

A.T

Sidwaya

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