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Finies les vacances, vive la rentrée scolaire !

Accueil > Actualités > DOSSIERS > La réforme de l’éducation au Burkina • • lundi 1er octobre 2007 à 06h37min

Comme des nuées de tisserins qui regagnent leur nid à la tombée du jour, les élèves, petits et grands, retournent en classe ce jour 1er octobre après trois mois de vacances. Finies donc les vacances, vive la rentrée !

Comme il y a un temps pour tout, le farniente, les grasses matinées, les colonies de vacances, les voyages, les randonnées en bandes joyeuses, les clubs de thé, les jeux vidéo...désormais doivent être soigneusement relégués aux oubliettes afin de donner toute la place aux affaires scolaires et universitaires. C’est de la sorte que la jeunesse se préparera et forgera efficacement ses armes pour faire face à son avenir et à celui de la nation.

Si rentrée scolaire rime avec retrouvailles et labeur dans la tête des tout-petits, elle est surtout considérée comme une source d’angoisse et de préoccupations pour les parents d’élèves, soucieux de trouver les moyens financiers et matériels ainsi qu’une place pour une bonne scolarisation de leurs enfants. Rentrée scolaire, par ironie, devient pour certains “ rentrée colère ”, tant les nerfs sont à fleur de peau. C’est pourquoi, la gratuité de l’enseignement de base public décidée cette année par le gouvernement est salutaire pour nombre de parents d’élèves qui devront voir leurs soucis allégés, même si beaucoup attendent avec scepticisme d’en connaître les contours réels.

En procédant au lancement le 27 août dernier à Fada N’Gourma de l’opération de distribution gratuite de manuels scolaires au titre de l’année 2007-2008, le Premier ministre Tertius Zongo a cependant donné le ton. Cette cérémonie a marqué en effet le début de la distribution gratuite aux élèves des écoles primaires et privées de notre pays de plus de 3,5 millions d’exemplaires de livres d’une valeur de plus d’un milliard et demi de Francs CFA.

Pour cette année, le ministère compte ainsi assurer un ratio d’un livre par élève en lecture et en calcul. Outre les manuels scolaires, il sera procédé à la distribution gratuite de fournitures aux élèves dans toutes les écoles primaires publiques. Cette distribution gratuite des manuels scolaires, outre qu’elle participe à la stratégie gouvernementale de lutte contre la pauvreté, favorisera à la longue la scolarisation à grande échelle des enfants du Burkina afin de ramener à sa plus simple expression le taux de l’ignorance qui a longtemps maintenu dans les ténèbres des millions de Burkinabè.

Le développement et la valorisation du capital humain, un des axes principaux du programme politique quinquennal du Président du Faso, trouvent ici leur concrétisation. Faut-il le rappeler, la gratuité de l’enseignement de base public et l’obligation scolaire de 6 à 16 ans font partie intégrante des grands principes de base de la réforme du système éducatif burkinabè contenue dans la nouvelle Loi d’orientation de l’éducation adoptée par l’Assemblée nationale le 30 juillet dernier.

Lorsque l’on constate avec les spécialistes que la carte géographique de l’illettrisme coïncide étrangement avec la carte de la pauvreté dans le monde, on ne peut qu’apprécier à sa juste valeur la réforme du système éducatif en cours dans notre pays. “ Le but de l’éducation est de faire d’un esprit vide un esprit ouvert ”, a dit un penseur. Ouverture sur les réalités du monde, ouverture sur ses propres capacités à prendre en main son destin, ouverture sur les savoirs et sur les progrès scientifiques et technologiques...qui permettent à l’être humain de se réaliser et de participer consciemment et activement au développement économique et social de sa société.

Notre système éducatif, enseignement primaire, secondaire et supérieur y compris, est appelé dorénavant à épouser la nouvelle vision préconisée par la nouvelle loi de l’éducation. Le jugement des spécialistes de l’éducation jusque-là en effet est formel : l’école et l’université africaines forment des fonctionnaires, puis des chômeurs, alors qu’ailleurs, elles forment des producteurs, des entrepreneurs et des industriels instruits, aptes à l’emploi, à l’auto emploi et à la production.

Le temps est venu alors de changer de cap. Mais comme toute réforme, celle du système éducatif burkinabè en cours, connaîtra une mise en œuvre progressive. Ainsi, selon le ministre chargé de l’Enseignement de base, la gratuité de l’école démarrera par une première phase d’application effective au niveau des classes de CP1 et de 6ème dans 45 départements, à raison d’un par province. Dans tous les autres départements, en attendant la gratuité totale dans tous les établissements publics, une réduction de 50% des frais de scolarité de la 6ème à la 3ème sera appliquée.

Pour accroître l’offre éducative, le gouvernement s’engage par ailleurs à développer le système éducatif à tous les niveaux (constructions, réhabilitations et équipements de complexes scolaires, ouvertures de nouveaux établissements, création de l’Université de Ouaga 2, recrutements d’enseignants...), tout en veillant à préserver la qualité de l’éducation par la réforme des curricula. Quand on considère que c’est dans la jeunesse que réside le potentiel de progrès des nations, on est fondé à croire que l’avenir de notre pays est assuré grâce à cet effort exceptionnel d’investissement dans le domaine éducatif, entrepris avec courage par les autorités burkinabè, avec le soutien des partenaires techniques et financiers et l’ensemble des acteurs de l’éducation.

Elèves, étudiants, enseignants, syndicats, administrateurs, gestionnaires, promoteurs privés, parents d’élèves,... chacun dans son rôle et ses attributions, est interpellé et appelé par les ministres en charge de l’éducation dans leur message de rentrée scolaire et universitaire, à jouer sa partition et à conjuguer les efforts pour gagner le combat contre l’ignorance et le sous-développement dans notre pays.

Par Jean-Paul KONSEIBO

Sidwaya

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