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Situation nationale : Le jeu dangereux des associations instrumentalisées

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Affaire Justin L. Zongo • • mardi 12 avril 2011 à 12h34min

Dans cette analyse, Diogène Traoré revient sur le rôle des associations dans les récentes crises dans notre pays et met en garde contre leur mauvais rôle. Il en appelle au réveil des gens de bonne foi, pour qu’ils sortent de leur torpeur pour stopper les hordes destructrices.

Si l’on devait faire brièvement le point de l’évolution de la situation nationale au terme du premier trimestre 2011, ce serait celui-ci : un gouvernement renouvelé à la suite de l’élection du Président du Faso acculé par différentes crises ; deux crises majeures, en l’occurrence « l’affaire Justin ZONGO » et la crise liée à la protestation injustifiée de militaires vis-à-vis de décisions de justice ; 7 morts dans l’affaire Justin ZONGO, plusieurs dizaines de blessés, des dégâts matériels avoisinants plusieurs milliards de francs, une année scolaire et académique profondément perturbée dans son déroulement normal ; des blessés collatéraux liés aux agressions des soldats, dont le décès de Madina BOUDA atteinte par une balle perdue dans sa chambre, plusieurs dizaines de commerçants pillés et ruinés, des dégâts matériels immenses, un traumatisme réel vécu par les populations entre le 22 mars et le 03 avril, un couvre feu instauré ; une morosité liée à la vie chère, aux délestages d’électricité et aux difficultés sociales des populations. Elles qui, le 21 novembre dernier, ont accordé 80% de leur suffrage au Président Blaise COMPAORE ne comprennent pas ce qui se passe. Il a fallu donc que le Président du Faso lui-même, après une adresse à la Nation le 30 mars, rencontre une à une, les différentes catégories socioprofessionnelles, pour mieux communiquer et calmer les choses.

Et cet état n’est pas exhaustif : on doit y ajouter les insatisfactions des citoyens liés aux faiblesses de l’administration et de la gouvernance dans les secteurs sociaux. Ce climat particulièrement délétère, dans un environnement hostile lié principalement aux douloureux impacts de la crise ivoirienne fait peur à la grande masse de citoyens qui se taisent, laissant les espaces de liberté à des groupes voulant régler des comptes et espérer des changements politiques en exacerbant des crises « ordinaires » et en instrumentalisant les maillons faibles de notre corps citoyen, notamment les élèves.

Ainsi, on est entré dans une saison sombre de l’activisme et de la conspiration. Des organisations d’activistes ont mis en branle leurs métastases pour mener des actions fondamentalistes.
Que ces crises aient des bases sociales et politiques avérées est peu dire. Qu’elles prennent des tournures si dramatiques pour atteindre des dérives indéniables, cela est le fait de forces aux actions extrêmement dommageables.

Dans ces crises, notre stabilité et notre paix sociale ne peuvent être mises dans la balance. Aussi, quelle que soit la charge émotionnelle que les événements impliquent, il faut bien comprendre que les casses et l’instrumentalisation des élèves ne sont pas des attitudes responsables.

La complicité dans la radicalisation des mouvements sociaux

Après plusieurs expériences de régimes de démocratie pluraliste alternés avec des Etats d’exception, le Burkina Faso entame un nouveau processus de démocratisation à la suite de la chute du mur de Berlin et de ses effets mondiaux. Et cela est tout à fait légitime. Ceux qui n’acceptent pas ce système dans sa configuration, disposent des espaces démocratiques et des libertés pour se faire valoir et faire valoir leurs opinions, au lieu d’utiliser ces espaces pour casser le système par des fractures sociales.

Parmi les causes profondes du durcissement social, il ya la complicité de diverses organisations cherchant à récupérer politiquement des mouvements honnêtes et sincères à la base.

En effet, il est avéré que les casses ne sont même pas le fait des élèves, mais d’individus infiltrés, chargés de pousser à la folie destructrice, de jeunes élèves naïfs ou amusés par des récréations de grande rue. Par ailleurs, naturellement favorable aux mouvements de contestation, le monde étudiant, en dépassant les limites objectives, travaillent à détruire un système universitaire qui est le sien et qui est déjà bien en mal. C’est vrai qu’il est difficile de comprendre la logique justicière de syndicats d’étudiants, au risque de détruire l’année académique.

Comme il est difficile de comprendre que des organisations dites de défenses des droits de l’Homme et des libertés, mettent leurs bureaux à dispositions des casseurs, pour se réunir, faire leur débriefing après coup et stocker les bidons de carburant en vue d’incendier des édifices publics et des biens privés et publics. Comme il est difficile de comprendre in fine, que ces organisations financent le carburant qui sert à brûler les édifices publics.

Ces organisations et conjurations pyromanes sont des extrémistes en lutte contre le régime politique et n’ont cure des cadavres qu’ils peuvent occasionner dans leur démarche irresponsable.

Confusion et instrumentalisation

Parallèlement à ces crises somme toutes normales dans tout processus d’évolution sociale, il faut bien admettre qu’il y a des raisons profondes et qu’il est du devoir du Gouvernement d’apporter des solutions ; c’est le principe d’imputabilité. Mais de là à faire de chaque conjoncture sociale, une crise nationale et de demander le renversement du Gouvernement ou la démission du Président du Faso, cela trahit des sentiments profonds d’attentes infondées et injustifiées. Cela trahit aussi un amalgame et une confusion des genres.

La conséquence de cette dérive d’affrontement social visant à rendre le pays instable et ingouvernable est le risque d’une crise institutionnelle majeure, préjudiciable à tous les niveaux, et c’est ce qui semble être recherché par certains groupuscules qui animent, financent, organisent et mettent à la disposition des « casseurs », des lieux et équipements logistiques d’organisation et d’action. Le calcul est dangereux, car nul ne saurait augurer qu’une crise sociale majeure va se contenter de démettre le régime et s’arrêter là. Une crise sociale n’est pas un processus que l’on pilote comme un programme d’actions de développement et que l’on peut manipuler à souhait. Le feu social que certains souhaitent mettre pour brûler le régime pourrait brûler l’ensemble du corps social.

En fait, en arrière plan de ceux qui poussent à la « chienlit », en plus de quelques politiques de mauvaise foi qui profitent des espaces du système à souhait, il y a ces groupes qui nient les valeurs démocratiques dans leur ensemble et qui œuvrent, par principe, à casser les institutions et l’ordre social. Vivant dans des paradigmes idéologiques d’un autre temps, ces groupes ont su caporaliser diverses associations et organisations citoyennes de masse, pour assumer des besognes peu démocratiques. Le drame serait de laisser ces extrémistes casser notre pays.

En conclusion, il est essentiel que la Raison gouverne et que « les agneaux ne gardent pas le silence devant les hurlements des loups ». Il faut que la grande masse de gens silencieux et raisonnables sorte de sa torpeur pour stopper les hordes destructrices.

Il est certain que sans un sursaut de la citoyenneté et du sens de responsabilité, il sera difficile de porter de grands défis pour le Burkina Faso.

Diogène TRAORE
diogene.traore@gmail.com

Vos commentaires

  • Le 12 avril 2011 à 13:30, par lamy En réponse à : Situation nationale : Le jeu dangereux des associations instrumentalisées

    C’est ce qu’on appelle une diarrhee verbale... Cite-nous des exemples concrets, des preuves. Tu appelles les gens a sortir de leur torpeure et tu n’as meme pas le courage, toi, de citer des noms dans tes accusations.

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    • Le 12 avril 2011 à 19:43 En réponse à : Situation nationale : Le jeu dangereux des associations instrumentalisées

      Monsieur Traoré,

      On veut des preuves.Nous sommes dans un pays de savane ! Il faut clairement les choses car un chat est un chat. Si non tu te tais. Ce genre de personnes "m’as-tu lu ?" "vas lire dans.tel journal" afin de se faire voir ou bénéficier des restes des prébendes commence à infester les journaux. cet article n’est digne d’aucun intèrêt pour être publié par "lefaso.net".

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  • Le 12 avril 2011 à 14:27 En réponse à : Situation nationale : Le jeu dangereux des associations instrumentalisées

    Au Faso toute association qui porte haut est un instrument aux mains du pouvoir ou de l’opposition. Dommage mais vrai constat.

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  • Le 12 avril 2011 à 14:46, par billie 13 En réponse à : Situation nationale : Le jeu dangereux des associations instrumentalisées

    Belle analyse

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  • Le 12 avril 2011 à 17:05, par le pays est grave En réponse à : Situation nationale : Le jeu dangereux des associations instrumentalisées

    bonjour celui qui se dit mr traoré !vous savez que vous exacerber les gens avec vous phrases élèves naïfs !vous poussez encore plus aux révoltes que ces associations que vous faites semblant de dénoncer sans preuves !si le métier est si difficile changer de chemin !

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  • Le 12 avril 2011 à 17:29, par chalamar En réponse à : Situation nationale : Le jeu dangereux des associations instrumentalisées

    Depuis la 1er constitution en 1991, pensez-vous après 20 ans de démocratie, on doit encore manifester pour réclamer justice dans ce pays ? ou parler d’impunité ?

    Monsieur Traoré réveille toi, arrête de raconter ta vie, ici on est sérieux alors si tu n’as rien a apporter dans le débat d’idée contente toi de lire.

    Aussi pour le staff de Lefaso.net, ne publier pas ce genre d’article sans qu’il nous apporte des preuves de ce qu’il avance.

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  • Le 12 avril 2011 à 17:43, par wendbenedo En réponse à : Situation nationale : Le jeu dangereux des associations instrumentalisées

    Bien dit Mr Traoré ! Reste maintenant à saisir la justice pour lui fournir les renseignements clés que vous semblez detenir enfin que le droit puisse être dit car nous sommes en etat de droit comme vous le dites si bien !!! tout le reste n’est que speculation !!!!!

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  • Le 12 avril 2011 à 19:42 En réponse à : Situation nationale : Le jeu dangereux des associations instrumentalisées

    Mr dit Traoré il faut aller te faire soignertu es malade.

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  • Le 12 avril 2011 à 19:49, par éclaire En réponse à : Situation nationale : Le jeu dangereux des associations instrumentalisées

    cest toujours le même son de cloche il suffit qu’on manifeste son mecontentement on dit vite qu’il ya des politiques derrières, vous ne regardez jamais les problèmes posés,pensez vous que les politiques vivent en dehors des gens ou ils doivent fermer les yeux quand une partie de la population manifeste. cest le devoir d’un politique d’être à coté de son peuple à tout moment et surtout quand ça ne va pas.sachez une chose au Burkina ça ne va pas, nos autorités ont montré plusieurs fois qu’elles ne peuvent plus ressoudre nos problèmes si ce n’est pas qu’à les deplacer, il ya un manque de confiance.ce qu’on demande cest une amélioration de notre quatidien mais comme ces derniers n’ont plus rien à nous proposer, demandons les seulement de partir, donc blaise et son système doivent partir pendant qu’il est temps.

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  • Le 12 avril 2011 à 23:19 En réponse à : Situation nationale : Le jeu dangereux des associations instrumentalisées

    A Monsieur Traoré,
    Nous autres avons remarqué sans peine que toutes vos litanies n’ont qu’une finalité, faire perdurer le système de Blaise COMPAORE. Il ne vous arrive jamais dans vos écrits, de parler au Président pour lui dire que si en 24 ans de pouvoir sans partage, il n’a pas résolu les vieux problèmes de ses concitoyens qu’il a trouvés à son arrivée, il est préférable pour le maintient de la cohésion et de la paix sociale, qu’il y ait une alternance.
    Croyez-moi Monsieur Traoré, que si vous devenez Président un jour, je ne vous connais pas mais je sais que ça sera un pas vers le progrès. Pourquoi ? Simplement parce que vous nous ferez vivre une nouvelle expérience (même si elle est mauvaise) qui suscitera d’autres expériences etc., et surtout, mettra éventuellement à nu les qualités de la gouvernance de Blaise COMPAORE si elle en avait eues.
    Comme vous voyez, tout le monde gagne dans une alternance et personne ne doit avoir peur de ça sauf ceux qui sont contre le progrès de leur société.
    Merci
    Ra-gnangué-nè-wind-yé

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  • Le 13 avril 2011 à 06:03 En réponse à : Situation nationale : Le jeu dangereux des associations instrumentalisées

    mr traoré, vous semblez être très informé ! eh bien il ne vous reste plus qu’à mettre en pratique ce que vous conseiller aux silencieux. oui la prochaine étape logique de votre démarche consiste à saisir la justice avec des précisions qui vont lui faciliter le boulot.
    vous faites erreur quand vous dites que les élèves sont naîfs. pensez-vous que l’on puisse mobiliser une personne contre ses intérêts ?

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  • Le 13 avril 2011 à 09:10 En réponse à : Situation nationale : Le jeu dangereux des associations instrumentalisées

    De deux choses, l’une : aucune preuve n’est avancée, aucun fait n’est cité, alors je me dis que Monsieur Traoré a surement eu son inspiration dans une partie de cartes ou dans un maquis plus qu’il a constaté des dérives des associations lors des manifestations ; d’autre part, il est du devoir des associations et partis politiques de soutenir les mouvements spontanés de foule, parce que ces associations ne sont pas hors de la societé ! Il peut y avoir récupération politique certes, mais en l’espèce aucun parti ou structure politique n’a revendiqué quoi que ce soit, et les étudiants ont réussi même à faire cesser un début de distribution de tracts sur le campus. Alors, M. Traoré, prenez le temps de tamporiser la passion et le zèle avant d’écrire un article sans fondement qui perdra du temps à des millions de burkinabé

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  • Le 13 avril 2011 à 11:49 En réponse à : Situation nationale : Le jeu dangereux des associations instrumentalisées

    Mr traoré vous n’éte pas tout à fait cohérent, dans tout ça l’action des militaire est mise au compte de qui ? Des associations de défense des droits de l’homme.

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  • Le 18 avril 2011 à 16:32, par burkinapatriote En réponse à : Situation nationale : Le jeu dangereux des associations instrumentalisées

    je ne suis pas tout a fait du meme avis que Mr Traoré pour faute de preuve.
    Mais certes beaucoup de personnes mal intentionnés y profitent de cette crise pour enfoncer le pays dans le Ko. De tout ces évènement passé, certe la population désire se faire entendre mais jai du mal a reconnaitre les vrai Burkinabé, hommes qui recherchent la paix plus que tout autre choses, auteurs de ces délis publik. Moi je voudrais seulement demandé aux uns et autres a cultivé la paix. sans ca rien n’est possible.C’est ca qui est la vérité !
    Les gens veulent le changement. mais combien comprennent le changement ? le changement n’apporte pas forcement le changement. mais c’est la volonté qui apporte le changement. C’est pourkoi il est important de comprendre que les agissement que connais notre pays ces dernier temps ne relève point de cette volonté dont je parle mais plutot de désir personnel et de vangence. constatez vous meme les faits : scenes de pillage, acte de terreurs en l’endroit de la population(viole), des civils se font meme passé pour des millitaires avec des armes a la main et dévalise les pauvres commercants de quartier ki eux ensuite se revolte. Réfléchissez est ce cela le changement dont le pays a besoin ? "Rendre le pays ingouvernable" sera la conséquences de ces actes si toutes les classes de la sociétés(élèves, étudiants, millitaires, commercants, médécin, enseignants, politiciens et autres..) ne se départissent pas de ce qui est entrain de se passer.
    Vive le Burkina libre et paisible !

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