Michel Kafando sur Radio Omega : « Dans les réformes à prévoir, il faut rassurer que l’armée est une, indivisible »

Publié le samedi 22 novembre 2014

Michel Kafando sur Radio Omega : « Dans les réformes à prévoir, il faut rassurer  que l’armée est une, indivisible »

A quelques jours avant la cérémonie officielle de son investiture comme président de la transition au Burkina, Michel Kafando a présenté, au cours d’un entretien avec Radio Omega et la télévision Africable, les axes de ce qu’il entend faire durant les 12 mois à venir. Il évoque la question des réformes de l’armée. Lisez !

Monsieur le président, c’est sur vous que repose désormais la lourde responsabilité de conduire le pays vers des élections libres et transparentes. Après la révolution burkinabè, vous avez fait l’objet de consensus. La fonction de président de la république, comment l’appréhendez-vous ? Quel est votre rapport avec cette fonction, Monsieur le président ?

Michel KAFANDO
Je conçois ma nouvelle tâche comme étant redoutable parce que les défis qui sont à relever sont énormes. A tous les points de vue, le gouvernement que nous allons former aura à s’attaquer à des situations, à des évènements qui seront vraiment difficiles. Je prends par exemple la question économique. Hier, vous aviez posé une question sur les préoccupations économiques et j’ai répondu en disant que jusqu’à présent, depuis que les évènements ont eu lieu, nous nous sommes préoccupés de politique. Mais, nous n’avons pas encore une perception claire de la situation économique que le gouvernement aura devant lui. Donc, là c’est une préoccupation. Mais, je l’ai dit aussi, je crois que nous sommes fortement armés. Ceux qui seront dans ce gouvernement sont conscients qu’en 12 mois, il faudra vraiment cavaler rapidement, il faut faire de gros efforts, il faut accepter l’endurance pour que, quelle que soit la situation qui va se présenter devant nous, nous puissions véritablement la relever avec un maximum d’efficacité. Donc, je n’ai pas d’appréhension particulière pour cela.

Mais, en dehors des questions économiques, vous avez aussi des questions politiques et même la stabilité. Il m’a été posé comme question : pourquoi un premier ministre militaire ? J’ai eu à répondre en disant que c’est une nouvelle situation que le Burkina vit depuis les évènements du 30 octobre. Nous voyons que la situation apparente est sans difficulté. Mais qu’est-ce qui vous dit qu’effectivement c’est une stabilité qui sera permanente. Nous avons besoin de ceux-là qui ont pris conscience, je veux parler de nos jeunes militaires qui ont pris conscience qu’il faut être du côté du peuple. Nous avons besoin d’eux pour servir de contre-fort, pour donner l’assurance, peut-être même pour dissuader de comportements plus ou moins velléitaires pour pouvoir réussir notre transition.

La nomination du lieutenant-colonel Isaac Zida à la tête du gouvernement soulève quelques inquiétudes au niveau de la sous-région et même au niveau de la communauté internationale. Est-ce qu’il n’y a pas de risque qu’il y ait un bicéphalisme à la tête de l’Etat, comme on l’a vu au Mali ou en Egypte avec Al-Sissi ?

Non. La situation du Burkina est tout à fait particulière. Nous nous sommes entendus et j’ai confiance que les éléments militaires qui seront avec nous dans le gouvernement tiendront parole. Du reste, s’ils étaient des éléments douteux, c’est sûr qu’on ne parlerait pas aujourd’hui d’un président civil. Ils ont fait la preuve qu’ils respectent leurs engagements. Ils ont fait la preuve qu’ils aiment bien leur pays, ils ont fait la preuve qu’ils peuvent collaborer avec les civils. Donc, personnellement en tant que président de la transition, je n’ai pas du tout peur, je n’ai pas d’appréhension. Nous avons suffisamment échangé pour que je vous dise aujourd’hui qu’il n’y a véritablement pas un danger à considérer que les militaires dans le gouvernement pourront être un nuage pour le bon fonctionnement du gouvernement.

Ils étaient nombreux à craindre que le pouvoir revienne à l’armée et d’autres aussi craignaient que le lieutenant-colonel Yacouba Issac Zida n’arrive à la tête du premier ministère, c’est chose faite, est-ce que vous pouvez rassurer davantage ?

Je rassure davantage. C’est ce que je viens de vous dire. C’est l’aboutissement de concertations que nous avons eues franchement entre nous. Je puis vous assurer que nous n’aurons pas un bicéphalisme, nous n’aurons pas à craindre véritablement de la présence de nos frères militaires dans le gouvernement parce que chacun, du reste, aura un pouvoir bien délimité. Le premier ministre gouverne mais le premier ministre ne peut pas véritablement prendre des actions, en tout cas, s’aventurer sans que le président du Faso ne donne son aval et sans que le gouvernement dans son ensemble, s’agissant d’un certain nombre de problèmes bien précis, ne donne également son aval.

Je pense qu’il ne faut pas avoir peur. Nous qui sommes les premiers concernés, nous avons l’assurance qu’il n’y aura véritablement pas de problème à ce niveau. Et comme je vous le dis, la présence de l’armée a suffisamment démontré qu’elle est une armée loyaliste et surtout qu’elle est une armée du peuple. Combien de militaires en Afrique et ailleurs ont pris le pouvoir et se sont refusés à le remettre aux civils. Ils sont nombreux. Regardez ici, en deux semaines, beaucoup de travail a été abattu. En deux semaines aussi, les militaires ont pu nous faire comprendre qu’ils n’étaient pas des militaires assoiffés de coup d’Etat. Ils veulent remettre le pouvoir aux civils parce que l’intérêt du pays réside justement dans une gouvernance civile. De ce point de vue, je pense personnellement que nous n’avons pas véritablement à craindre quoi que ce soit.

Au regard des défis qui attendent le pays, le Burkina Faso, l’essentiel de l’action du gouvernement devrait reposer sur le premier ministre. Ce qui exige de lui une certaine expérience et une certaine compétence. Qu’est-ce qui peut finalement motiver le choix du lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida qui n’a pas d’expérience dans l’administration burkinabè ?

En fait, comme je vous l’ai dit, en 12 mois, nous ne pouvons pas tout faire. Ce gouvernement aussi n’est pas un gouvernement de combat sur le plan économique. Le gouvernement veut combattre des malheureuses réalités que nous avons vécu dans ce pays et que nous sommes venus trouver, c’est-à-dire des problèmes de la corruption, des problèmes de l’impunité. On n’a pas besoin d’avoir une expérience de gestionnaire économique pour pouvoir lutter contre la corruption, pour pouvoir aller contre l’impunité. Non. Je crois que l’action du gouvernement sera tendue vers une rectification d’un certain nombre de comportements, d’un certain nombre de déviations que nous avons constatées et qui ne sont pas normales parce qu’on ne peut pas comprendre que dans un pays comme le Burkina Faso où les disparités sociales sont énormes, qu’il y ait une minorité qui vit dans l’aisance alors que la majorité vit dans la paupérisation. Ça c’est des situations réelles auxquelles nous devons nous attaquer et je ne pense pas que nous ayons véritablement besoin d’avoir une expérience pour combattre ces fléaux.

Alors, on sait que c’est un gouvernement réduit de 25 membres, dites-nous comment vous allez travailler de façon technique à pouvoir faire un gouvernement de 25 membres ? et sur quels critères, vous allez porter vos choix ?

Les gouvernements pléthoriques aussi, il n’a pas été démontré qu’ils sont efficaces. Je préfère un gouvernement de 25 membres avec des patriotes conscients de leur travail, conscients de l’action qu’ils doivent mener pour le développement de ce pays, à un gouvernement pléthorique de 40 membres qui fera pas une action plus importante qu’un gouvernement réduit. Ça, ce n’est pas une question qui doit véritablement vous effrayer. 25 membres, c’est bon. C’est quand même un volume quand même bien contrôlé. Il suffit simplement que chacun dans sa sphère, dans son département travaille avec efficacité. Le problème est là. Si vous avez des gens qui ont d’abord la conscience, qui aiment leur pays, si vous avez des gens qui sont patriotes, si vous avez des gens qui savent que le travail qu’ils vont faire en une année doit être profitable à leur pays, à leur peuple, vous allez voir qu’on n’a pas besoin véritablement de beaucoup de personnes pour faire ce travail. C’est donc un problème d’efficacité. Ce n’est pas le nombre de ministres qui fait l’efficacité. Nous voulons un gouvernement efficace et je pense que les 25 membres comme gouvernement, ça suffit largement.

Vous avez signalez tout à l’heure un certain nombre de maux auxquels vous allez vous attaquer au cours de la transition, est-ce qu’on peut avoir brièvement les principales actions que le gouvernement va poser au cours des 12 mois à venir ?

Je ne peux pas vous le dire avec beaucoup de certitude et de détails. Ce que je sais, il y a des dossiers pendants, il y a des contentieux qui sont là, qui ne sont réglés.

Lesquels par exemple ?

Il y a des détournements de fonds publics. On connaît les auteurs. On sait que les enquêtes sont terminées. On ne comprend pas pourquoi jusqu’à présent des sanctions n’ont pas été prises. Nous allons nous attaquer dans un premier temps à ces situations-là. Nous allons essayer de les régler au plus grand bonheur du peuple burkinabè. Et puis, par la suite on verra s’il y a d’autres problèmes de ce genre ou plus graves que ça selon le temps dont nous disposerons, nous allons voir ce que l’on peut faire.

Vous faites allusion par exemple à l’ancien DG de la douane ?

Par exemple, ça c’est un problème qui est là et que personne ne comprend.

D’aucuns disent que le milieu judiciaire est pourri, qu’il faut assainir l’appareil judiciaire, est-ce que vous allez entreprendre des réformes au niveau de l’appareil avant d’engager ces procédures ?

C’est un peu prématuré de répondre à votre question. Nous allons dès lundi, après la formation du gouvernement, nous attaquer à ces différents problèmes et on verra ce que l’on peut faire. Evidemment s’il y a des gens qui sont convaincus de compromission, de prévarication, le gouvernement prendra ses responsabilités. Nous ne sommes pas là par complaisance. Nous sommes là, nous avons compris le message du peuple, nous avons compris le message des jeunes. Le message, c’est quoi pour que le Burkina Faso avance, pour que le Burkina Faso soit un pays viable, il faut d’abord que s’installe la justice sociale. Et nous avons compris ce message et nous allons agir dans le sens de ce message-là.

Est-ce qu’on peut s’attendre à ce que vous fassiez par exemple l’audit sur la gouvernance au Burkina Faso lors de ces 27 dernières années ?

Ça peut être possible, mais nous avons un timing tellement resserré. 12 mois c’est vraiment peu. Parce qu’un audit, ça suppose souvent pratiquement plusieurs années. Vous vous rendez compte que c’est une gestion de longue durée. Mais, comme je l’ai dit, nous allons essayer toutes les solutions. Peut-être que dans certains secteurs, l’audit pourra être facile, là nous ferons des audits. Je ne peux pas vous certifier que nous allons faire un audit de façon généralisée. Mais, ce qui est certain, le gouvernement ne peut pas ne pas prendre de mesures à l’encontre de tous ceux qui avaient pensé qu’ils pouvaient dilapider impunément les deniers publics. Non. Nous allons prendre nos responsabilités. Nous sommes là pour ça si non à quoi servira l’action du gouvernement de transition.

Si je comprends bien, vous allez engager une lutte sans merci contre la corruption, ce qui sous-entend que dans les jours à venir, on pourrait s’attendre à des enquêtes ?

Dans tous les cas, dès que le gouvernement va commencer à travailler, et comme nous devons aller vite, c’est sûr que nous allons commencer une série de choses qui peuvent être des enquêtes, des poursuites… On est conscient qu’il faut aller vite.

Vous avez parlé de l’économie tout à l’heure, comment comptez-vous relancer cette économie-là au Burkina Faso ?

Ce que nous allons faire, c’est aussi un état de la situation économique depuis que nos prédécesseurs sont partis, nous allons voir quel est l’état réel du pays, quelle est l’économie du pays et suivant ce que nous aurons vu comme réalités, nous allons déployer un certain nombre d’efforts et d’actions pour maintenir au moins l’économie à flot, ne serait-ce que ça. Comme nous avons aussi des amis avec nous, de ce point de vue aussi, je pense qu’il n’y a pas d’appréhension. Nous savons où nous allons.

Je reviens sur la question de la justice. Monsieur le président, quel sera le sort de l’ancien président Blaise Compaoré et ses proches ?

Je ne peux pas m’aventurer sur ce dossier-là parce que c’est tellement frais et c’est récent. Donc je ne peux pas m’aventurer sur ce dossier et du reste, ce n’est pas parce que je suis président que je vais déjà me déterminer. Cela va dépendre d’un certain nombre de considérations. Mais, nous avons le temps pour ça.

Maintenant que vous êtes président de la transition, est-ce qu’il peut rentrer chez lui au Burkina ?

Vous savez, ce problème-là, je ne peux pas vous donner de détails parce que tout dépend d’un certain nombre de facteurs que nous n’appréhendons pas jusqu’à présent, que nous ne maîtrisons pas jusqu’à présent. Donc, véritablement, je ne peux pas m’aventurer sur cette question et me comprendrez.

Il y a aussi l’ex-majorité. Certains disent qu’il faut appeler l’ex-majorité à participer aux organes de la transition, que dites-vous ?

Mais, écoutez, si vous avez bien lu la charte, vous verrez que l’ex-majorité est concernée. Elle est représentée dans le conseil national de transition. Ils ont 10 représentants. Donc, tout a été fait pour que personne ne soit oublié. Et ça aussi, c’est parce que nous savons que le Burkina Faso est un pays tout à fait spécial. Nous sommes une terre de dialogue, nous sommes une terre de compréhension mutuelle, nous sommes une terre de réconciliation. Nous avons compris que pour régler le problème, ce n’est pas une question de haine ou de poursuite unilatérale. Nous avons compris que ce pays a besoin de tous ses fils. Et c’est pour ça que la charte a prévu que même ceux-là qui ont peut-être géré le pays de façon complaisante seront membres de la transition et là, ils pourront faire entendre leur voix.

Le tissu social a été un peu fragilisé ces dernières années, monsieur le président, quel type de réconciliation proposez-vous au Burkina ? Est-ce que c’est le modèle sud-africain où il va falloir faire table-rase sur le passé pour se réconcilier ?

Vous savez qu’il existe en marge du conseil de transition, il y aura une commission de réconciliation. Et cette commission va s’atteler, dès la mise en place des structures, à voir comment, de quelle manière, à partir de quelle modalité, nous allons pouvoir appréhender ce problème de réconciliation au niveau du Burkina. Je vous ai dit, le Burkina est un pays particulier. Si nous n’étions pas un pays particulier, la façon dont les évènements se sont déclenchés aurait pu nous amener très loin. Vous avez qu’en l’espace de trois jours, tout a été circonscrit parce que les gens savent ce qu’ils veulent. Chez nous, la haine n’a pas de place. Ce que simplement les gens veulent, c’est la justice sociale. Que tout le monde puisse partager le fruit du développement de façon égale, égalitaire et que des gens ne se présentent pas comme ça qui ne sont pas plus méritants se présentent avec arrogance et considérer les autres comme des moins que rien. C’est ce que je vous dis, il n’y a pas de haine. A partir de cette vérité-là, je suis sûr que la réconciliation nationale pourra se faire véritablement de façon harmonieuse. Vraiment, j’ai foi en cela.

Il n’est pas question de cautionner l’impunité, c’est ça ?

Il n’est pas question de cautionner l’impunité. Non. Parce que justement, quand je vous dis que nous ne pourrons pas accepter l’injustice sociale, le problème c’est que s’il y a une injustice sociale, il faut punir cette injustice sociale. Il faut sortir de l’impunité. Si nous ne sortons pas de l’impunité, le gouvernement que nous allons constituer-là n’aura pas sa raison d’être.

Ces dernières années, au Burkina, on ne respecte plus l’autorité de l’Etat, comment comptez-vous restaurer l’autorité de l’Etat ?

L’autorité de l’Etat est déjà là. L’autorité de l’Etat, c’est quoi ? il faut simplement faire comprendre aux gens, il faut sensibiliser les gens, leur faire comprendre que vous n’êtes pas là parce que vous avez le pouvoir politique et que vous pouvez utiliser la coercition à n’importe quel prix, leur faire comprendre que vous êtes là à leur service, au service du peuple. Si les gens voient que votre direction est claire et nette et que nous n’agissez pas de façon tortueuse mais que vous voulez véritablement servir les intérêts du peuple, vous allez voir que l’autorité est là et les gens la respecteront. Donc, je ne pense pas véritablement qu’il y ait une ambiguïté.

Donc, il n’y a pas d’ambiguïté au niveau de la restauration de l’Etat, donc c’est l’incivisme qui est devenu la mode au Burkina depuis quelques temps ?

Oui, ça c’est un phénomène que nous avons effectivement observé. Mais, est-ce que vous ne pensez pas vous-mêmes que cet incivisme vient du fait que les gens, s’entend que la société est fragilisée comme vous le dites, chacun voudra agir à sa manière. Si vous êtes au bas de l’échelle et que vous n’arrivez pas à monter et qu’il y a des gens qui sont en haut de l’échelle et qui disposent de tout, vous savez l’homme est l’homme hein, l’attitude normale est de tout rejeter et même de rechercher la confrontation. Je pense que par-là s’explique une partie de l’incivisme qu’on connait au Burkina.

Justement, on a vu qu’au Burkina, ces dernières années, on a assisté de plus en plus à la disparition de la classe moyenne, il y a une certaine élite bourgeoise qui s’est accaparé tous les segments de l’économie et il y a une partie du peuple qui est dans une misère. Comment comptez-vous faire pour que les fruits de la croissance puissent profiter à l’ensemble du peuple ?

C’est un travail de longue haleine. Je ne peux pas avoir la prétention de dire que ce gouvernement peut régler ce problème qui est un problème qui vient de loin. Mais, je peux avoir la prétention de vous dire qu’en tout état de cause, ce que nous allons entreprendre comme action, c’est de redonner confiance aux gens, leur faire comprendre que nous sommes dans une société communautaire et solidaire, que nous devons vivre ensemble mais en comprenant que nous devons avancer dans un développement harmonieux. Ça veut dire qu’il n’y ait pas des gens à droite qui sont dans l’opulence et à gauche qu’il y ait des gens qui sont dans la précarité. Si nous arrivons à faire comprendre cela et nous-mêmes à donner des exemples, je suis pratiquement certain qu’on ne pourra pas résoudre la question immédiatement mais puisque nous sommes là pour inaugurer une autre ère pour les élections qui vont venir, je suis sûr qu’à long terme, tout de même on arrivera à un résultat assez réconfortant.

Qu’est-ce qui est prévu pour les victimes de la révolution ? Il y a un certain nombre de personnes qui ont vu leurs biens détruits, saccagés ; certains sont liés à l’ancien régime, d’autres sont des innocents, est-ce qu’il y a quelque chose qui est prévu pour les dédommager ?

Pour l’instant, non. Mais, ce qui est certain, le gouvernement se penchera sur cette question-là.

La question de la vie chère a suscité beaucoup de grogne au Burkina Faso ces derniers temps, comment comptez-vous abordez la question, vous et votre gouvernement ?

Vous savez que la vie chère n’est pas un phénomène inhérent au seul Burkina hein. C’est toute une conjoncture internationale qui est liée à l’économie internationale. C’est lié à la hausse des prix des produits. Donc, ce n’est pas un phénomène spécifique au Burkina. Mais ce qui est certain, dans la mesure où ce gouvernement se donne pour devoir de veiller à la justice sociale, il est certain que la justice sociale aussi sous-entend qu’il y ait plus de contrôle de la part des gens qui sont amenés à servir la population en denrées diverses. Déjà, s’il y a un contrôle, on peut être certain que nous pouvons arriver à faire en sorte qu’il n’y ait pas de flambée de prix. C’est par là qu’on peut inciter les gens à avoir une bonne attitude. Mais, si non la flambée des prix, c’est un phénomène généralisée. C’est dû même aux circonstances de la vie actuelle, de la mondialisation. Quand vous avez par exemple une hausse des prix des produits pétroliers, ça entraine carrément une recrudescence…….. Nous sommes nous-mêmes pratiquement dépendant des phénomènes internationaux. Mais, cela ne veut pas dire qu’au niveau national, il n’y a pas de mesures qu’on peut actionner pour essayer d’arriver à une certaine correction. Le contrôle des prix, c’est par exemple une des clés pour pouvoir faire en sorte qu’il n’y ait quand même pas de flambée des prix et que les gens puissent quand même avoir les produits de façon honnête. Ça aussi, c’est une des solutions aussi.

Au niveau des forces de défense et de sécurité, est-ce qu’il y a des réformes à ce niveau ou bien elles vont rester en l’état ?

C’est un problème effectivement qui doit nous préoccuper parce qu’à la faveur de cette crise, on s’est rendu compte que l’armée n’était pas très homogène. Vous avez vu qu’il y a eu des cacophonies, il y a eu des incohérences dans les attitudes. Ça veut dire qu’il faut remettre à plat les problèmes de l’armée, voir sous quelle forme il y a des réformes pour résoudre la question. Mais, comme je vous l’ai dit, nous ne sommes qu’à notre début. Donner le temps pour pouvoir envisager toutes ces choses.

Voilà ce qui se raconte à Ouagadougou. Les gens disent qu’il y a deux sortes d’armées, l’armée qui est de l’autre côté sans moyen et il y a régiment de sécurité présidentielle qui a l’arsenal militaire, qui a les moyens. Est-ce que c’est des questions qui vous préoccupent ?

Ah oui, tout à fait parce que là aussi, c’est un problème de justice sociale. Il n’est pas question qu’au niveau de l’armée, nous ayons par exemple deux clans. Ce n’est pas possible, on ne peut pas avoir deux classes sociales dans l’armée. Je veux dire par-là qu’on ne peut pas avoir une armée bien favorisée avec tout ce qu’il faut et une armée qui n’a pas les moyens qu’il faut. C’est lié peut-être à certaines contingences, c’est compte tenu aussi du fait que l’ancien président était quand même un militaire. Je ne pense que nous puissions continuer dans ce sens. Dans les réformes à prévoir, il faut arriver aussi à rassurer l’armée que l’armée est une, indivisible et qu’on ne peut pas avoir une armée prétorienne qui s’occupe de la protection par exemple d’un président ou d’une classe de gens, alors que l’autre, vous avez une armée plébéienne qui est là et qui ne dispose de rien. Je pense que tout ça, c’est des corrections qu’il faut envisager.

Qu’est-ce qui sera fait concrètement au niveau de l’armée ?

Je ne peux pas vous dire ce qui sera fait parce que l’armée aussi c’est une entité un peu spéciale. Tout président que je suis, je ne peux pas vous dire que voilà on va envisager telle ou telle chose. Mais, je sais qu’en tous cas, dans ce secteur aussi, il va falloir opérer des réformes et peut-être aussi, en tous cas mettre en place un certain nombre de dispositifs pour qu’on n’ait plus ce que je vous dis.

Vous ne pensez pas rencontrer des difficultés en la matière quand votre premier ministre est issu du rang du régiment de sécurité présidentielle ?

Le premier ministre est issu du régiment de sécurité présidentielle. En principe, ce régiment est une armée un peu spéciale qui s’occupait de la protection du chef de l’Etat. A la faveur de ce qui s’est passé, vous avez vu que des gens comme le premier ministre, des jeunes comme eux se sont dit non. Il y a un devoir pour nous de protéger le chef de l’Etat parce que c’est notre but, c’est notre objectif. Mais, ils ont compris aussi que quand le peuple est en colère et demande réparation et demande aussi des explications, bon… et ils se sont mis du côté du peuple moyennant quoi ? vous et moi sommes aujourd’hui en train de respirer l’air libre. Ça aurait pu être pire. C’est pour ça que je dis qu’en fait tous ceux qui comprennent le problème qu’on a commis, tous ceux qui peuvent s’imaginer que le Burkina aurait pu sombrer dans une guerre civile avec des conséquences incalculables. S’ils s’imaginent que grâce à une frange de l’armée, nous sommes aujourd’hui dans la stabilité et nous pouvons même envisager de continuer la route. Si ces gens-là réfléchissaient un tant soit peu, ils diraient, en tout état de cause, ah cette armée-là, il faut que nous l’ayons avec nous pour continuer la route jusqu’à l’objectif qui est d’organiser des élections libres et transparentes en 2015.

Blaise Compaoré était médiateur de la CEDEAO dans la crise malienne, aujourd’hui il n’est plus là. Est-ce que c’est un rôle que vous souhaiteriez jouer ?

Non. Je pense que nous n’avons pas le temps pour ça. Moi-même, vous le savez, je suis issu de la formation diplomatique, vous l’avez rappelez quand vous avez parlé de mon CV, j’ai eu à présidé le conseil de sécurité en 2008 et en 2009 et vous savez que tout le programme du conseil de sécurité, c’est pratiquement sur les crises africaines. Il y a 70% des affaires traitées par le conseil de sécurité concernent l’Afrique. Donc, j’ai eu le temps quand même de m’exercer à ce genre de situation. Mais, nous n’avons pas le temps à cela.

Certains des rebelles Touareg et notamment du MNLA et d’autres groupes armés étaient accueillis avec tous les honneurs à Ouagadougou. Est-ce qu’ils vont continuer à être accueillis dans la capitale burkinabè sous votre direction ?

Disons qu’il faut mieux comprendre d’abord la question, voir ce que ça veut dire réellement avant de pouvoir se prononcer. Mais nous, notre attitude, ce que nous voulons, c’est qu’il n’y ait pas de privilège en matière de règlement de ces genres de différents. Il ne faut pas qu’il y ait des privilégiés. Si les rebelles qui sont à Ouagadougou, s’il est démontré que ce sont des privilégiés, nous n’accepterons certainement pas d’aller dans ce sens. Mais, comme je vous le dis, je ne peux pas m’aventurer dans ce sens pour l’instant. Nous aurons le temps de voir ce qui se passe à ce niveau-là.

Donc, si aujourd’hui, même si la CEDEAO vous demandait d’apporter votre soutien à la résolution de la crise malienne, comment vous répondrez ?

Non, je dirai simplement que je suis disponible mais ce pour quoi je suis venu ne me laisse pas de temps pour le faire parce que vous savez que la médiation aussi nécessite une préparation. Il faut des négociations, il faut essayer d’aplanir les choses à partir d’une entente entre les parties. Donc, tout ça demande du temps, une longue durée et moi je n’ai pas ce temps-là. Donc, je leur dirai simplement que si je suis libéré de mes fonctions, je pourrai pourquoi pas accepter par exemple de faire une médiation dans la sous-région.

Monsieur le président, quels sont les fondamentaux sur lesquels reposeront le nouvel Etat burkinabè et la démocratie du Burkina à la fin de la transition ?

Nous avons les préoccupations suivantes : la stabilisation du pays (je crois qu’avec le concours des militaires, on y est arrivé ; encore que ce n’est pas encore gagné). Deuxièmement, il nous faut voir déjà comment les futurs gouvernements qui vont venir à l’issue des élections pourront appréhender la question des jeunes. Parce que ce qui s’est passé nous a fait comprendre clairement, sans ambiguïté que la jeunesse qui a été le fer de lance de ce mouvement-là, qu’il faut s’occuper de son problème. Donc, nous déjà, nous allons voir comment on va organiser un peu ce côté des choses de façon à ce que ceux qui vont venir puisse prendre le train en marche et voir quelles solutions on peut apporter définitivement à la question des jeunes. Je vous ai parlé aussi de la réconciliation, ça fait partie aussi de nos préoccupations, c’est-à-dire faire comprendre à ceux-là qui sont exclus actuellement parce qu’il y a eu une révolution au Burkina Faso, leur faire comprendre que nous sommes tous des frères. Il y a des gens qui peuvent fauter, mais il faut savoir pardonner, en leur demandant, en les sensibilisant, en leur faisant comprendre qu’en toute chose, il faut toujours éviter les excès. Il faut aussi que nous voyions, au niveau des jeunes qui sont tombés sur le champ de l’honneur, ce qu’il faut faire. En tout cas, je suis conscient que la volonté qui nous anime et les possibilités que nous avons, je pense que tout cela nous permettra véritablement à la fin de notre mandat (novembre 2015) de dire voilà le bilan que nous pouvons vous présenter. C’est notre ambition et véritablement, nous travaillerons dans ce sens.

Lutte contre la corruption, lutte contre l’impunité, justice sociale au Burkina, il y a des dossiers pendants qu’il va falloir régler ici et maintenant, il y a eu des crimes économiques et de sang, et le Burkina a perdu ses valeureux fils ces 27 dernières années, je fais allusion au président Thomas Sankara, au journaliste Norbert Zongo, est-ce que c’est des dossiers que vous allez ouvrir ?

Dans la mesure où ce sont des dossiers ouverts qui ne sont pas refermés parce que précisément il y a un certain nombre de problèmes qui se posent. Il y a peut-être des incompréhensions. Il y a des gens aussi qui disposent de certaines vérités et qui ne pouvaient pas l’exprimer. Tant que le dossier est ouvert, je crois que c’est de notre devoir de voir comment apporter des solutions à ces problèmes-là.

Justice leur sera rendue ?

Nous allons en tout cas travailler et s’il faut rendre justice, on verra bien sous quelle forme.

Est-ce que cette question de justice aussi ne pourrait pas empêcher d’autres leaders politiques d’être candidat en 2015 ?

Ceux qui ont des ambitions pour 2015 doivent se convaincre d’une chose : plus rien ne sera comme avant. Si vous voulez avoir le suffrage du peuple en 2015, il faut que vous compreniez qu’il y a un message qui est clair et net qui est lancé par la jeunesse, c’est plus jamais de prévarication, plus jamais d’injustice sociale, plus jamais d’arrogance. Ça c’est des messages clairs. L’homme politique qui ne l’aura pas compris en 2015 risque d’avoir des problèmes. Je pense que tout le monde est conscient que véritablement, il y a une ère nouvelle qui s’est ouvert à la faveur de ce qui s’est passé et que tout le monde fera en sorte que ces balises-là, personne ne puisse cherche à les ………….

On s’achemine monsieur le président vers la fin de cette émission, quel type de président souhaiteriez-vous être ? Un président très fort ou un président ordinaire ?

Je souhaite être un président du va opérer une certaine rupture par rapport à certaines pratiques que nous avons connu jusqu’à présent. Toute ma vie, je me suis toujours fait une idée de respect des biens de l’Etat. Je suis venu, les gens m’ont proposé cette charge-là, je travaillerai à ce qu’il y ait plus de justice sociale. Je pense que si j’arrive à faire comprendre que notre pays avec l’insuffisance des ses moyens ne doit pas vouloir vivre comme les grands, mais doit rester dans un développement harmonieux qui tienne compte des situations de chacun, qui évite qu’il y ait une disparité énorme entre riches et pauvres, c’est déjà quelque chose de gagner. Moi, je veux pouvoir jouer ce rôle.

On accuse les gouvernements passés d’avoir un train de vie assez élevé, est-ce que vous allez jouer sur le train de vie de vos membres ?

Nous sommes obligés, avec tout ce qui s’est passé. Si nous nous sommes donnés pour devoir de ne pas faire comme les autres, comprenez que nous ne pouvons pas nous donner un train de vie comme les autres. Ce n’est pas possible. Déjà le fait d’avoir un gouvernement restreint de 25 membres, c’est pour faire économiser. Il y a beaucoup d’autres choses qu’on doit faire. Comme je le dis, plus on avancera, plus on saura quels sont les éléments qu’il faudra prendre en compte. Toujours est-il que tous ceux qui seront dans ce gouvernement de transition seront conscients que d’abord eux-mêmes doivent faire attention, eux-mêmes ne doivent pas être mêlés à des situations comme celles qu’on a connues et que la nation attend d’eux à la fin de la transition, à la fin du délai qui nous est imparti. Cela est possible. Il suffit simplement d’aimer son pays. Si vous aimez votre pays, il y a des choses que vous ne pouvez pas faire. Mais, si vous n’aimez pas votre pays, vous vous lancez dans des choses… Moi, je ne vois pas aujourd’hui comment je peux aller détourner des millions à mon seul profit ou au profit de ma famille ou de mes amis alors que je vois des gens qui viennent tous les jours me demander de l’argent pour payer leurs ordonnances, qui demandent 300f ou 400f pour aller manger. Je ne peux pas avoir ça. Donc, je me dis que si vous aimez votre pays, il y a des choses que vous ne pouvez pas pratiquer.

Vous êtes un homme confiant quant à la suite du processus de transition, sur quoi se fonde votre confiance ?

Nous avons affaire au peuple burkinabè. C’est un peuple qui, au long des âges, a démontré qu’il avait des vertus insoupçonnées qui font jusqu’à présent notre fierté, notre dignité, notre hospitalité. Je l’ai dit au comité de désignation des candidats, j’ai dit qu’il y a quelque chose qu’on doit sauvegarder, c’est un pays qui dispose d’un charisme certain. Et ce charisme n’est pas lié à une individualité, il n’est pas lié à la personne de telle ou telle. C’est un charisme que Dieu a donné au Burkina qui fait que ce pays-là, on l’aime véritablement, instinctivement on l’aime. Donc, je me dis qu’en nous basant sur les vertus du peuple burkinabè, il n’y a pas de problème, nous arriverons toujours à relever les défis.

Depuis longtemps, les Burkinabè de l’étranger souhaitent participer aux élections, pouvez-vous leur donner l’assurance qu’ils pourront participer aux prochaines élections ?

Le principe est bon, il faut que nos frères participent à la gestion du pays. Mais, c’est un problème de moyens et il faut faire une socialisation politique, il faut expliquer aux gens la nécessité, il faut les sensibiliser. Le travail a commencé. Je crois avoir que la CENI a fait un travail remarquable dans ce sens et en principe tout est fait pour qu’en 2015 les Burkinabè de l’étranger puissent participer aux votes. Mais, je ne vais pas trop m’avancer parce que c’est une situation que nous allons voir avec la CENI. Mais je pense que le principe lui-même est indiscutable.

Monsieur le président, on est à la fin de cette émission, le peuple burkinabè vous suit en ce moment, qu’est-ce qui vous tient à cœur et que vous avez envie de lui dire ?

Simplement, je dis au peuple burkinabè de persévérer. Qu’il n’y a pas un destin qui incline un peuple à être pessimiste. On est conscient qu’avec les valeurs dont nous disposons, le peuple burkinabè arrivera à relever tous ces défis-là. C’est un problème de temps et je sais que nous au niveau du gouvernement, nous ferons tout pour qu’il y ait une avancée significative dans ce sens.

Monsieur le président, merci de nous avoir accordé cette interview exclusive que j’ai eu le plaisir d’animer avec mon confrère Albert Nagréogo Oméga, 103.9 à Ouaga et j’espère que le président de la transition l’écoute

Tout le monde connait votre radio. Tout le monde sait que c’est une radio qui a pris une part active dans les évènements que nous avons vécus. Puisque quand vous suivez, vous avez tous les éléments de détails. Radio Oméga, je vous félicite parce que vous avez fait un travail remarquable durant cette crise.

Entretien réalisé par Abdoulaye Barry (Africable télévision) et Albert Nagréogo (radio Oméga)
Retranscription : Moussa Diallo (Lefaso.net)

Messages

  • Nous faisons confiance à Mr Kafando mais je ne fais pas confiance à l’armée. Même si l’armée a joué un grand rôle dans le soulèvement, ce n’est pas pour autant qu’elle doit réclamer des postes. Comme l’a dit Zida lui même, les postes ne seront pas offerts en fonction de la distance parcourue où de la quantité de gaz inhalée, ceci est valable pour l’armée aussi. Pour les détournements, il faut un audit dans toutes les administrations notamment la CNSS et autres. Il faudra s’attaquer aux fonctionnaires fantômes qui disparaissent dans la nature et réapparaissent à la fin du mois. Un point très important à ne pas négliger, la prostitution, il faudra fermer toutes les chambres de pas... à travers Ouaga et Bobo !!!!!!!!!!

  • Monsieur le Président, nous sommes ravis que le peuple burkinabè vous ait choisi pour conduire la transition. N’oubliez pas cependant que vous-même êtes de la diaspora burkinabè et qu’à ce titre, vous ne pouvez pas ignorer ce que cette diaspora peut apporter comme contribution en participant au gouvernement. Bark biiga.

  • Dans une armée il peut y avoir plusieurs corps ou unités avec des formations différentes y compris les équipements mais au service de la nation. Le Burkina Faso est le 10eme acheteur d’armes de la France je dis bien dixième et cela n’a étonné personne même la société civile quand ça été par la presse internationale. Ou sont ces armes ? Si demander des comptes doivent demandées à qui que ce soit, le ministre de la défense doit aussi rendre des comptes . La Haute Autorité de Contrôle des Armes pourrait être utile à cet effet.
    Dans toute armée du monde il y a des unités d’élites pour des interventions spéciales mais pour la cause de la nation et non pour un individu ou un groupe comme le président intérimaire l’a si bien dit dans son interview . Un Burkina pauvre avec des priorités absolues comme l’éducation, la santé l’électricité et l’eau , le Burkina ne devrait pas être dixième(10eme) client de la France en matière d’armes. Qu’un audit soit fait sur la présence effective de ces armes dans casernes.

  • Dans une armée il peut y avoir plusieurs corps ou unités avec des formations différentes y compris les équipements mais au service de la nation. Le Burkina Faso est le 10eme acheteur d’armes de la France je dis bien dixième et cela n’a étonné personne même la société civile quand ça été par la presse internationale. Ou sont ces armes ? Si demander des comptes doivent demandées à qui que ce soit, le ministre de la défense doit aussi rendre des comptes . La Haute Autorité de Contrôle des Armes pourrait être utile à cet effet.
    Dans toute armée du monde il y a des unités d’élites pour des interventions spéciales mais pour la cause de la nation et non pour un individu ou un groupe comme le président intérimaire l’a si bien dit dans son interview . Un Burkina pauvre avec des priorités absolues comme l’éducation, la santé l’électricité et l’eau , le Burkina ne devrait pas être dixième(10eme) client de la France en matière d’armes. Qu’un audit soit fait sur la présence effective de ces armes dans casernes.

  • Ca m’a fait beaucoup plaisir d’entendre le president Kafando parler de l’affaire Guiro, car quand elle a eclate, je m’etais promis de garder le "feu allume" aussi longtemps que possible. Faire rendre compte aux gens comme M. Guiro n’est ni vengance ni jalousie ; c’est tout simplement un message clair a l’encontre de tous les Burkinabe : l’impunite et l’arrogance n’auront plus de place dans notre cher nouveau Burkina Faso.

    De la transparence dans les salaires des ministres et autres hauts cadres de la transition : je suggere que l’on donne a chacun son salaire, selon la grille salariale de la fonction publique pour les fonctionnaires, plus une indemnite dont le montant peut etre fixe et publie pour tout le monde. les non fonctionnaires peuvent etre paye selon leur niveau d’etudes. Cette maniere transparente d’operer permettra a tout le mone de vivre selon ses moyens et nous retournerons tous aux bon vieu temps ou nous etions tous pauvres mais contents, fieres, et dignes.

  • Merci monsieur le president pour votre engagement pris devant le peuple pour faire changer les choses. Il y a des situations qui meritent cependant d’être examinées rapidement pour permettre a la population majoritairement pauvre de beneficier desormais des efforts de l’Etat ou de certains partenaires financiers ou de developpement. Il y a des secteurs sociaux de base tels que la santé et l’education où des gens ont passé le temps à detourner les fonds destinés aux campagnes de sensibilisation, de distribution de produits ou ont vendu des fournitures scolaires destinés à soulager les parents surtout pauvres qui n’arrivent pas à s’acheter des livres pour leurs enfants qui ont pourtant bien droit à l’éducation.
    Pour ce qui est de la santé le cas de l’hopital de KOUDOUGOU est le plus criard où des adjoints aux cadres hospitaliers et gestionnaires des hopitaux en moins de 10 ans de service se retrouvent avec des villas a KOUDOUGOU, a OUAGA, des troupeaux de boeufs dans des fermes de grandes superficies, des voitures alors qu’ils sont de la categorie C et A. Le fait de detournements est averé ; il suffit d’instruire l’autorité superieure de controle de l’Etat d’y faire un tour.
    Les tresoriers des ambassades telles que le mali, le maroc, le gabon, ont passé le temps de la compaorose à operer que des detournements et se felicitent de pouvoir se construire 3 villas a Ouaga pour une année de sejour. En 3 ans ca fait 9 villas, 4 ans 12 villas a ouaga où la construction coute vraiment chère. A ce que je sache les allocations officielles que l’Etat leur octroie ne suffit pas pour ca. Allons nous nous rendre complice de tels detournements au prejudice de notre Etat que tout le monde sait pauvre et vivant de l’aide exterieure en se taisant ou en fermant les yeux ?. Si non, le peuple vous attend monsieur le president pour des audits et verifications afin que des restitutions soient opérées envers le peuple. Comment en une année on peut gagner ce qu’on aurait pas eu en 30 ans de carrière si tout se passait dans la transparence ?. VIVE LE BURKINA FASO. VIVE LA PAIX ET LA JUSTICE>

  • L’armée n’est pas à remettre en cause. Celle que nous avions répondait à une politique instaurée par le régime de Compaoré et correspondait à la volonté du régime basé sur la famille Compaoré. Celle que nous aurons avec le président Kafando correspondra à une autre volonté, nécessairement à bâtir sur l’intérêt national. Le principe d’adaptabilité fera que notre armée acceptera de jouer son rôle initial pour peu que de vrais militaires intègres et professionnels s’y mettent. Il en existe encore heureusement dans notre armée, donc l’espoir est là. Mais chacun doit assumer son passé. Bon vent de renouveau à l’armée.

  • Depuis le début de l’action du nouveau régime, je constate que malheureusement que les échéances fixées ne sont jamais respectées. Cela est un mauvais signe à mon avis. Il faut travailler à respecter la parole donnée, c’est très important en période de crise. Conseil d’un avisé. Courage et bonne chance à toute l’équipe du président. L’intention de bien faire existe.

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