Proposition de loi sur le droit de grève : L’Entente internationale soutient le combat de l’UAS

Ceci est une déclaration de soutien de l’Entente internationale à l’Unité d’action syndicale du Burkina, dans son combat contre la proposition de loi sur le droit de grève.

Publié le jeudi 18 mai 2017

Proposition de loi sur le droit de grève : L’Entente internationale soutient le combat de l’UAS

Les politiques d’austérité et d’ajustement, la guerre sociale menée à l’échelle internationale par les gouvernements et les institutions internationales telles le FMI et l’Union européenne vont de pair avec les tentatives de remettre en cause les libertés syndicales et le droit de grève.

Au Burkina Faso, face à la proposition de loi 6 centrales (1) et les syndicats autonomes regroupés dans l’unité d’action syndicale (UAS), dans une déclaration commune en date du 9 mai, « exigent de l’Assemblée Nationale son retrait pur et simple ».

Dans sa déclaration l’UAS rappelle que le mouvement syndical « a toujours su jouer son rôle aux différents tournants de l’histoire de notre pays. » Elle rappelle notamment :
« De 1998 à 2014, les syndicats de notre pays ont largement contribué à l’éveil des consciences, à la lutte contre l’impunité et pour les libertés, toute chose qui a concouru à l’avènement de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 ;
En septembre 2015, face au coup d’Etat réactionnaire du Régiment de Sécurité Présidentielles (RSP) de Gilbert DIENDERE, les syndicats de notre pays, à travers la grève générale qu’ils ont lancée, ont largement contribué à faire échec au putsch.
(…) Ces quelques rappels montrent que les syndicats de notre pays ont contribué de façon inestimable à l’ancrage de la démocratie dans notre pays (…) La proposition de loi qui nous a été transmise constitue une remise en cause grave des acquis des travailleurs et de leurs droits.
Entre autres dispositions liberticides, nous notons :
la limitation de l’objet de la grève à des « revendications collectives d’ordre professionnel » ou à la « défense d’intérêts professionnels et collectifs légitimes » ;
l’interdiction de la grève à certains personnels (douanes, police, eaux et forêts, sapeurs-pompiers), de même qu’aux responsables administratifs et à certaines catégories de travailleurs ;
l’institution d’une obligation de négociations préalables ;
l’octroi à l’Etat de la possibilité de recruter du personnel pour remplacer les travailleurs grévistes ;
l’allongement des délais de préavis ;
la limitation du droit de grève dans les services essentiels ; etc.
(…) L’Unité d’Action Syndicale (UAS) est résolue à combattre cette proposition de loi qui remet en cause un droit fondamental des travailleurs, à savoir le droit de grève. Si par extraordinaire, votre institution devait ignorer l’opposition ci-dessus exprimée des syndicats pour l’adopter, elle portera devant l’histoire, la lourde responsabilité de la dégradation du climat social qui en résultera.
En tout état de cause, l’UAS se réserve le droit, en fonction de l’évolution de la situation, de saisir les organes de l’Organisation Internationale du Travail d’une plainte contre les autorités burkinabè quant à leur volonté manifeste de remettre en cause les libertés syndicales. »

Bassolma Bazie, secrétaire général de la Confédération Générale du Travail du Burkina (CGT-B) nous précise :

« Certains responsables du Parti au Pouvoir estimant que le gouvernement recule trop devant les syndicats et qu’il est temps pour ce gouvernement d’être offensif, cette proposition de loi liberticide fait partie des multiples manœuvres pour discréditer ou diviser le mouvement syndical.

C’est aussi une fuite en avant car, au lieu de tenir les engagements pris vis-à-vis des partenaires sociaux, les dirigeants tentent plutôt de les discréditer, d’inventer des manœuvres d’agression, d’affaiblissement d’une force qui dérange. Cela du reste ne nous étonne pas et nous sommes prêts pour faire face à toute éventualité, d’où qu’elle vienne, de remise en cause des libertés syndicales, politiques et de presse.
Je me permets de rappeler aux initiateurs et commanditaires de cette proposition de loi que la Haute-Volta, actuel Burkina Faso, a ratifié le 21 novembre 1960, la Convention N°87 de 1948 de l’OIT, sur la liberté Syndicale et la protection du Droit syndical.

Sans m’étaler sur ce document qui est du reste sur le net et donc accessible à souhait, j’invite les députés à retenir ceci : « Les revendications que les travailleurs peuvent chercher à appuyer par la grève sont de trois sortes : celles de caractère professionnel (garantie ou amélioration des conditions de travail et de vie), celles de caractère syndical (garantie ou extension des droits des organisations syndicales ou de leurs dirigeants), celles de nature politique. Le comité des experts relève qu’il est difficile de faire une distinction nette entre ce qui est politique et ce qui est proprement syndical, qu’il y a en fait interpénétration entre les deux (Recueil de principes du Comité de la liberté syndicale de l’OIT, paragr. 457). ».
Je rappelle aussi que c’est sur l’article 35 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de la Révolution française que se tiennent la légalité et la légitimité d’une insurrection dont certains au Burkina Faso se battent pour s’attribuer la paternité, lequel article 35 stipule que : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».

L’Entente est totalement aux côtés des travailleurs et des organisations syndicales du Burkina Faso dans leur combat pour exiger le retrait de ce projet de loi.

(1) Confédération Générale du Travail du Burkina (CGT-B), Confédération Nationale des Travailleurs du Burkina (CNTB), Confédération syndicale Burkinabé (CSB), Force Ouvrière – Union Nationale des Syndicats (FO- UNS), Organisation Nationale des Syndicats Libres (ONSL), Union Syndicale des Travailleurs du Burkina (USTB).

Messages

  • Il me revient cette phrase d’un ancien président français : ’’ la démocratie est un luxe pour les africains’’. Ceux qui encouragent nos syndicats sont ceux qui ont rendus la CGT minoritaire en France par leur jusqu’au boutisme et qui feront disparaitre complètement la gauche par leur refus d’adaptation aux réalités du monde du travail aujourd’hui. Déjà on a l’impression que nos syndicats ,en particulier ceux de l’administration publique perdent en crédibilité au niveau des populations. On les agressent parce qu’ils sont perçus comme des nantis.Ils doivent donc faire leur job, même s’ils sont aux toilettes, ils doivent arrêter et sortir rencontrer l’administré. L’intolérance et l’impatience croissent. Comme notre éducation traditionnelle nous le dit : ’’ quand on te conseille, conseilles toi toi-même’’. Alors conseillez vous aussi vous mêmes.

  • Merci pour ce soutien de taille. Le PAN Salif est ingrat, lui qui a oublié que son poste actuel, il le doit à l’activisme courageux de l’UAS. Sans ce mot d’ordre de grève face à la bavure du RSP sous la houlette de ce faux type de Dienderé, grève qui a été suivie à 100%, Il ne serait pas là.
    Prions toujours pour un Burkina démocratique et libre !

    • Détrompe toi mon type ; sous les balles qui allait sortir pour aller au travail, l’UAS a profité de cette situation de coup d’Etat pour laver le déshonneur qu’il s’est lui-même infligé en refusant de sortir avec la population lors des différentes marches.

  • Les syndicats veulent voler la victoirr de la jeunesse sur les auteurs du voup d’etatfoireux du CND. Ils crient sur tous les toits que le coup d’etat a echoue par ce qu’une greve totale a ete lancee. Peivent-ils nous donner la preuve que sans la resistance spontalee de la jeunesse qui des le premier jour, a erige des barricades partout a travers la ville pour cotrer le coup d’etat, un appel a lagreve generale pouvait faire echec au coup d’etat ?
    Combien de piquets de greve, de marches meetings les syndicas ont-ils organises pour exprimer leur rejet du coup d’etat ? Quant a la jeunesse, elle est redyer mobilisee 24h/24 dans tois les secteurs malgre la repression barbare qu’elle subissait.
    Du reste, avec les barricades et les patrouilles du RSP qui tirait sur tout ce qui bouge, quel travailleur syndique pouvait-il se rendre au service ?
    Alors, cessez de crier partout que c’est grace a la greve generale lancee par les syndicats que le peuple, dans sa composante jeune sirtout, a fait echec au coup d’etat.

    • Les syndicalistes n’ont pas volé la victoire de la jeunesse, mais ont pris le relai pour rectifier les imparfaits de nos gouvernants : C’est pourquoi notre pays a été cité comme exemple en Afrique pour sa vitalité de son syndicalisme de génération en génération, et qui reste de nos jours l’avant-garde de la lutte des classes dans toutes nos administrations, comme dans toutes nos entreprises, qui n’est rien d’autre qu’une lutte politique. Nos gouvernants du jour le savent, et ils n’ont aucun choix que de discuter avec les opprimés pour trouver des solutions qui vont pour tout le monde. Depuis notre indépendance, aucun régime dans le pays des hommes intègres n’a pu rendre la lutte des classes opprimées inactive ou pas très vive. D’autres ont essayé comme le régime de Maurice Yaméogo et de Lamizana, mais les syndicats ont fait la différence. C’est pourquoi je me range du côté des syndicats pour avertir nos décideurs ‘’’que sans une politique juste suivi d’une justice équitable, aucune classe comme celle du régime Roch Kaboré ne pourra maintenir sa domination face à une classe opprimé et décidée à se battre.’’’ En politique celui qui se contente seulement de réfléchir, c’est-à-dire des théories comme font nos décideurs du jour, font du verbalisme, tant dis que le peuple Burkinabé les demande de la pratique et des actes concrets.

    • Salif Dialo j souscri a ta perspective du momen ou lè grève a répétition freine le developement

  • Entierement d’accord avec le No 3. A cela il faut ajouter que lorsque la jeunesse burkinabe et l’opposition faisaient un appel du pied a l’UAS, la CCVC et autres, que n’ont ils pas avancer comme arguments ? Mais face a l’acceleration de l’histoire de notre pays et par opportunisme dont eux seuls ont le secret, ils deciderent d’1 greve generale sur tout le territoire national, mais c’etait un simple calcul.
    Parceque meme sans leur mot d’ordre de greve, les OSC et les partis politiques etaient deja prets a en faire de meme. L’on se souviens des hesitations de Zougmore(CCVC) et Bassolma(CGTB/UAS), eux qui sont du meme moule !?? On vient tous de la meme ecole. n’est ce pas CAMARADES ?

  • Si vous avez des syndicalistes comme ceux qui réclame par la force un statut particulier vous ne pourriez jamais vous faire comprendre

  • L’etat vous pour vos service grace a l’argent du contribualbe et non pour vos greves pensser un peu au tord que vous faites a tout ces gens pendant vos greves et pourtant ce sont les memes qui payent taxes et impots pour vos salaires un peu de retenus et gardons toujours a l’esprit que nous sommes tous des Burkinabe au Burkina. vous penssez pas etre deja mieux traites que bon nombre de travailleurs dans ce pays ? prenez le secteur prive qui est le premier pourvoyeur d’emploi et ou le droit a la greve est vraiment tres tres limitee sous peine d’etre licencie et se sont ces memes travailleurs qui payent beaucoup plus UTS lesquels uts sont appliques sur tout les primes et imdemmites que le syndicat refuse quont applique aux agents de la fonction puplique ; vos primes et autres sont payes au billettages ou par cheque.
    Continuer avec la bonne lutte pas celle qui met en perrille l’avenir du pays et permet pas une bonne prise en compte des preocupations des travailleurs et pensse aussi au secteur prive

  • Reconnaissons quand même avec ces grèves à répétition qu’il y a problème. Très peu de gens sont orientés production. La majorité veux plus d’argent issu des caisses publiques. Un déséquilibre et un chaos s’en suivront si les questions ne sont pas traitées ensemble et avec sagesse. Je pleure mon cher Faso de Rocco.

  • dans un pays si on interdit les gréves au peuple cela implique que les décideurs ont des intentions obscures très caché. Par conséquent s’il y a des syndicats cela entraverais leurs plan macabre. moi j’invite le peuple a ouvrir tres bien les yeux et analyse bien les retombés que cette loi (si elle passe )va engendré comme problèmes a notre cher patrie. soyons vigilent Mme & Mr patriotes.

  • Pour ceux et celles qui disent que les travailleurs sont restés à la maison par peur des balles et non par respect du mot d’ordre de grève ; et aussi que sans le mot d’ordre de grève la résistance était déjà faite par des jeunes sur des barricades etc !!! il faut grandir car il y a des positions hystériques qui n’honorent point le déclarant.En effet :
    1. Un mot d’ordre n’a pas été lancé pour que des travailleurs restent à la maison, mais pour qu’ils quittent les services et résistent ! Et la résistance, c’est sur le terrain et non dans les salons !
    2. Dans les 44 autres provinces oùle mouvement a été bien suivi, le RSP y était il avec ses balles ? Ou bien pour vous le Burkina c’est seulement Ouagadougou ? Voyez vous pas que c’est douloureux une telle vision ?
    3. Quand on dit que les jeunes étaient sur des barricades, ayez le niveau de comprendre qu’à 18 ans on peut être déjà un travailleur au plan légal. Ou bien pour vous, à 18 ans on est vieux ?
    4. L’UAS a refusé officiellement d’aller à des négociations avec la CEDEAO (Voir déclaration sur le net pour rappel). Négociations dont les conclusions imposaient le RSP à tous.
    5. Je vous rappelle que le Gouvernement à son temps a mandaté Augustin Loada aller rencontrer ces syndicalistes pour les féliciter pour leur action décisive (ce mot vient du gouvernement de la Transition). Son Excellence YACOUBA ISAAC ZIDA, lui même a dit à ces syndicalistes que je cite : "pour faire face à la situation que le Burkina vient de traverser, il faut être suffisamment organisé et averti.Ce n’est ni la précipitation encore moins une question de bruit, mais d’opérationalité. l’UAS a été opérationnelle. ". Pour avoir été 2e responsable du RSP, il sait de quoi il parle. Du reste l’UAS n’a jamais dit que c’est elle qui a fait échouer le coup d’Etat, elle parle plutôt de contribution.
    L’Etat d’hystérie peut pousser à croire qu’on peut cacher le soleil avec sa main ! c’est un mal dommageable !

  • L’UAS est dans les anales de l’histoire par cette action.
    Maintenant certains auraient souhaité être à la place de ceux qui ont géré de façon réussie ce mouvement ; mais dommage, la réussite n’est pas compagnon de tous !
    Souffrez !

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