Burkina : Le F-SYNTER dénonce les injustices criardes vis-à-vis des chercheurs

LETTRE

Publié le mardi 14 novembre 2017

Burkina : Le F-SYNTER dénonce les injustices criardes vis-à-vis des chercheurs

Excellence Monsieur le Premier Ministre,

Les chercheurs (Ingénieurs, Attachés, Chargés, Maitres et Directeurs de recherche) du Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (CNRST), organisés au sein de la F-SYNTER, se sont réunis en Assemblée Générale (AG) le mardi 26 septembre 2017 pour apprécier le point des échanges que le bureau du syndicat a eu avec la délégation du Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (MESRSI), le jeudi 21 septembre autour de leur plateforme revendicative minimale.

Au regard des réponses qui ont été apportées à nos justes et légitimes revendications et surtout de ce qui apparaît comme une volonté affichée de remettre en cause nos acquis, l’AG a instruit le bureau du syndicat de vous adresser la lettre ouverte suivante afin de vous interpeller sur la situation d’injustice et de brimades que vivent les travailleurs de la Recherche.

Excellence Monsieur le Premier Ministre,

Nos revendications (voir plateforme jointe en annexe) portent essentiellement sur la mise en œuvre des accords conclus entre les syndicats de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et le gouvernement ou entre notre syndicat et notre ministère de tutelle.

Ainsi, il est incompréhensible et inacceptable que 10 mois après l’entrée en vigueur des mesures de revalorisation salariale et indemnitaire, environ 400 chercheurs (392 selon le décompte du CNRST à la date du 21 septembre) dont les salaires ne sont pas domiciliés à la solde du CNRST n’aient pas encore bénéficié de ces mesures. C’est d’autant plus inacceptable que l’incidence financière de ces mesures avait déjà été évaluée en 2016. En outre, selon les explications du MESRSI et au rythme auquel les dossiers sont traités, il faudrait attendre encore six mois au moins avant de voir tous les chercheurs bénéficier seulement des revalorisations indemnitaires. Pour ce qui est de la revalorisation du salaire indiciaire, nul ne saurait dire quand cela serait effectif.

Excellence Monsieur le Premier Ministre,

Cette cacophonie avec laquelle l’administration (MESRSI, Fonction Publique, Solde, etc.) traite la mise en œuvre des mesures de revalorisation salariale et indemnitaire n’est pas un fait isolé. Elle s’inscrit dans le cadre global d’un ensemble de mesures et de comportements hostiles de l’administration vis à vis du monde de la recherche. À titre d’exemple, depuis avril 2016, sous des prétextes fallacieux, le MESRSI, à travers la Direction des Ressources Humaines (DRH) du MESRSI, en complicité avec la DCMEF du CNRST, a fait suspendre toutes les nominations aux postes d’Ingénieurs et d’Attachés de Recherche au sein du CNRST. Elle justifiait alors cela par le fait que la loi 025-2010/AN du 18 mai 2010 portant régime juridique applicable aux emplois des enseignants-chercheurs, des enseignants hospitalo-universitaires et chercheurs au Burkina Faso était en cours de relecture.

Mais, depuis que le nouveau décret (décret 2016-1288) a été adopté le 30 décembre 2016, elle prétend maintenant que ce dernier ne précise pas les conditions de nominations. Mais on peut se demander si avant l’adoption de ce décret il n’existait pas des conditions de nominations ? De notre point vue, la réponse est négative étant entendu que le décret 2011-033 organisant les emplois des enseignants chercheurs et des chercheurs en son article 64 précise clairement les conditions de nomination des agents de la Fonction Publique.

De même, pour les contractuels permanents du CNRST, l’arrêté conjoint 2014-082 portant sur les textes organisant les emplois spécifiques (TOES) du CNRST dans ses articles 251 à 258 mentionnent aisément les conditions de nomination des agents. Du reste, les nominations se sont poursuivies dans les Universités alors que la DRH les bloquait au CNRST. Pourtant les deux structures relèvent du même ministère, ont le même statut et sont régies par les mêmes textes. Ceci n’est malheureusement pas le seul « deux poids, deux mesures » que l’administration fait subir aux travailleurs de la recherche. Pendant que le MESRSI refuse désormais toute mise à disposition de médecins et pharmaciens de la Fonction Publique au profit de l’Institut de Recherche en Sciences de la Santé (IRSS), elle a signé courant mars 2017, une autorisation de mise à disposition de médecins et de pharmaciens au profit des Universités.

Excellence Monsieur le Premier Ministre,

A ces préoccupations s’ajoute une interprétation inqualifiable et hallucinante dont le MESRSI fait de l’article 153 de la loi 036-2016 du 24 novembre 2016 afin de justifier le refus d’intégrer dans la Fonction Publique, les chercheurs permanents du CNRST promus au Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur et la Recherche (CAMES). Pourtant, sur cette question, votre gouvernement s’était fermement engagé auprès des partenaires sociaux à le résoudre définitivement.

C’est d’ailleurs en collaboration avec les services techniques compétents des différents ministères concernés que cet article 153 avait été rédigé pour éviter toute ambiguïté.

Outre cela, il faut noter le cas des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du CNRST qui se sont vus jusqu’aujourd’hui refuser le bénéfice des deux échelons de bonification accordés, à l’intégration, à l’instar de leurs collègues du ministère de la Santé ou encore se voient aujourd’hui refuser leur reversement en catégorie P comme le stipule la loi 081.

En ce qui concerne la formation des jeunes chercheurs, rien n’est entrepris pour favoriser leur prise en charge. Ce qui semble préoccuper l’Administration, se résume à la question de leur mise en position de stage afin de procéder aux coupures des indemnités sans aucune compensation financière.

Excellence Monsieur le Premier Ministre,

Un véritable sentiment de colère anime aujourd’hui les chercheurs face à ce qui apparaît au mieux comme du mépris de l’administration vis-à-vis de leurs conditions de travail et de leurs carrières. Cette situation n’est guère propice au développement d’une recherche de qualité, incontournable au développement de notre pays et est aux antipodes de la promotion des ressources humaines tant vantée par votre gouvernement. C’est pourquoi, nous venons par la présente, vous interpeller sur la situation difficile en vue de prise de dispositions appropriées pour une correction juste et diligente de toutes ces injustices infligées au monde de la recherche.

Tout en réaffirmant notre disposition à trouver des solutions à nos préoccupations dans un dialogue franc, nous vous assurons de notre ferme engagement à nous dresser contre toutes les injustices et toute remise en cause des acquis des travailleurs.

Veuillez croire, Excellence Monsieur le Premier Ministre, à l’expression de notre haute considération.

Ouagadougou, le 07 novembre 2017.

Pour la Coordination de la Recherche

Seni KOUANDA
Secrétaire général

Messages

  • MONSIEUR LES INTELLECTUEL , AVEC CE POUVOIR ACTUEL .
    CES DANS LA RUE QUE VOUS POUVEZ AVOIR VOS DROIT
    RESTE SEULEMENT DANS LES BUREAUX POUR RÉGLER
    VOS ATTENTES. LES ENFANTS DES CADRES DU MPP FOND
    LEURS ÉTUDES A DES MILLIERS DE KILOMÈTRES DU PNDS.
    JE CONNAIS UNE DIZAINE QUI SONT PARTIS CETTE ANNÉE
    ET REVIENDRAI OCCUPÉ DES POSTES DANS NOS GRANDS
    INSTITUTION . PAS DANS LA FONCTION PUBLIQUE POUR FAIRE LEURS
    SERVICE DE DÉVELOPPEMENT RÉSERVER AU DES PAUVRE

    MILITANTS QUI CONNAÎT UNE D’UN DIRIGEANT MPP QUI A FAIT
    SND SERVICE NATIONAL DE DÉVELOPPEMENT ?????

  • Ne laissez jamais vos droits dans les mains de personnes lamentables. Certains DRH des structures de recherche sont trop jaloux de la situation des chercheurs et ne feront rien pour leur bien. Aidez aussi le personnel des centres de recherche du Ministère de la santé pour lesquels votre situation est un paradis où le simple fait de poser une question sur les salaires peut être une raison pour un directeur de remercier des agents permanents.

  • Gouverner, c’est prevoir. Et le gouverne-et-ment doit ouvrir l’oeil et le bon sur les revendications des syndicats car ils avaient depose toutes leurs doleances sur la table avant les elections et ils avaient meme par la voie de leur president souligne que tout candidat qui se voyait incapable de leur satisfaire n’avait qu’a renoncer a la course presidentielle. Est-on oblige d’etre president ou vient-on juste par orgueil ? Pourquoi ne pas prendre son courage a deux mains demissionner si on se rend compte qu’on est incapable de solutionner les problemes de la masse ? Mr le President, prenez le courage comme David Cameron, Matheo Renzi... comme vous avez pris le courage demissionner du CDP du temps de l’Homme fort et vous sortirez Grand. J’etais de passage

  • Les motivations sont justes et le combat justifie. Mais j’espere seulement que vous n’etes pas manipules par des individus envieux des postes de responsabilites des autres qui, une fois arrives feront bien pire.Ceux-la meme qui sont agreges en manipulation, capables d’attribuer n’importe quel tord a n’importe qui.
    Nous syndicalistes devont etre des lumieres. Alors, a defaut, evitez d’etre des tenebres. Sinon vous etes la honte de votre nation.

  • C’est désolant qu’après un protocole d’accord des travailleurs de l’Etat soient obligés de passer par des menaces et des grèves pour appliquer les décisions acceptées par le gouvernement. Les textes législatifs et réglementaires adoptés jusqu’à présent parlent toujours d’enseignants du supérieur et de chercheurs, Pourquoi faire une discrimination dans leur application ? Si ce n’est de la mesquinerie, de la mauvaise foi, sinon du cynisme. On n’a l’impression qu’au sein des DRH des ministères en charge des enseignements, il y a des gens qui font tout pour ralentir, sinon faire échouer les actions des premiers responsables. Mais comme ces ministres brillent par des déclarations superficielles, lénifiantes qui ne trompent personne, ce n’est pas étonnant que rien ne marchent. Est-ce le premier soucis de ces responsables ? Si c’était le cas, ils auraient secouer le cocotier pour le dynamiser. A moins de jouer à la politique de l’autruche.

  • C’est dommage, les chercheurs, un monde respectable...encore dommage que nous les africains nous avançons à reculons. Les pays se développent en partie grâce aux résultats de leurs recherches.
    Mais aidez-moi à comprendre comment les dirigeants africains voient la politique.
    Je suis tellement déçu que je commence à croire à celui qui, dans les années 70 pensait que le développement ou le sous-développement est lié à la couleur de la peau.
    Courage et ne laissez plus jamais vos droits entre les mains de politiciens cupides et ignorants. Votre lutte est en fait notre lutte à tous...à tous ceux qui croient au développement du Burkina.
    Cependant, je pense que le ver est dans le fruit. Dans le monde de recherche, il y a des méchants, et des orgueilleux qui pensent qu’ils sont le centre de la terre.
    Au syndicat de savoir sur quel pied danser.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.