Défense des droits économiques, sociaux et culturels : Une plateforme lancée

LEFASO.NET | Tiga Cheick SAWADOGO

Publié le mardi 14 novembre 2017

Défense des droits économiques, sociaux et culturels : Une plateforme lancée

Une coalition regroupant une trentaine d’organisations de la société civile a lancé ce 14 novembre 2017 à Ouagadougou, la plateforme, droits économiques, sociaux et culturels. Il s’agit d’une mise en commun des forces pour la défense de ces droits souvent négligés.

La plupart des organisations de la société civiles s’illustrent dans la défense des droits civils et politiques, mais pas assez dans celle des droits économiques, sociaux et culturels. La coalition, officiellement lancée ce 14 novembre 2017, veut rectifier le tir, en accentuant les actions pour la réalisation de ces droits interdépendants.
Selon les initiateurs de la plateforme, malgré la ratification de certains traités par le Burkina Faso, bien de droits ne sont toujours pas garantis, et d’ailleurs, les populations ignorent certains de leurs droits fondamentaux.

Le droit à la santé reste ainsi problématique, avec des chiffres très peu reluisants. 2700 femmes meurent chaque année au Burkina en voulant donner la vie. 2377 cas d’avortement illégaux et dangereux sont recensés annuellement. La santé sexuelle et reproductive de façon générale est non garantie.

A cela, s’ajoute le droit au logement. A titre d’exemple, les expulsions forcées, notamment à Kounkoufouanou et à Essakane, d’un grand nombre de famille en zone rurales, du fait de l’exploitation de mines d’or et l’agro-industrie, s’est faite en violation flagrante des droits des populations.

Il faut noter également le droit à un logement adéquat et abordable, le droit à l’eau potable et à l’assainissement, ainsi que le droit à l’éducation qui piétinent encore au Burkina Faso.

Une synergie d’actions pour plus d’efficacité

C’est donc pour faire face à tous ces droits non satisfaits que les organisations de la société civiles se sont coalisés par groupe thématique pour lutter. La plateforme Droits économiques, sociaux et culturels (DESC) se donne trois missions essentielles, selon Christian Ouédraogo, coordonnateur de ce regroupement.

-  Contribuer au renforcement et à la mise en œuvre des garanties juridiques et pratiques de protection des droits économiques, sociaux et culturels au Burkina Faso ;

-  Veiller à l’appropriation de contenu des DESC par les acteurs clés et l’ensemble des populations ;

-  Poursuivre la mise en œuvre des obligations et recommandations en la matière par les pouvoirs publics centraux et décentralisés ;

-  Mobiliser la société civile et les citoyens pour un plaidoyer efficace en vue de faire progresser les DESC.

C’est depuis 2011 que la plateforme a été mise en œuvre selon les animateurs de la conférence de presse. Et depuis, à en croire Cécile Thiombiano, coordonnatrice plaidoyer en droit à la santé sexuelle et reproductive à Médecin du monde, plusieurs activités ont été menées. Il s’agit de la formation des membres des organisations de la société civile sur l’utilisation des mécanismes régionaux et internationaux de protection des droits humains.

L’élaboration et la diffusion de kits d’information et de plaidoyer sur la ratification du 2e protocole facultatif au pacte international sur les droits civils et politiques visant à abolir la peine de mort. A cela s’ajoute l’organisation d’un atelier national de formation de membres de la plateforme DESC/Burkina sur le contenu, les sources, l’étendue des obligations, les étapes de travail en matière de DESC.

Enfin, l’organisation de quatre ateliers communautaires de formation des leaders d’associations communautaires membres de la plateforme DESC/Burkina sur le droit à la santé, le droit au logement, le droit à l’éducation et le droit à l’alimentation.
La plateforme a déjà soumis au comité des droits économiques, sociaux et culturels, le rapport du Burkina Faso sur l’application du Pacte international relatif à ces droits. Ali Sanou, secrétaire général du MBDHP, a exposé les différentes recommandations faites à l’Etat burkinabè, pour l’amélioration de ces droits négligés, mais qui concourent au respect et à la préservation de la dignité humaine.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

Messages

  • Hummmmhhh et le droit à la Culture ?? Nous perdons à chaque jour nos cultures et identité. Wu’est Ce qui est sera fait pour sauvegarder nos cultures si cultures il y en a encore .

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