Restitution de l’étude GEAS : Quand les normes de la société influencent la sexualité des adolescents

Publié le jeudi 7 décembre 2017

Restitution de l’étude GEAS : Quand les normes de la société influencent la sexualité des adolescents

L’Institut supérieur des sciences de la population (ISSP) a abrité ce mercredi 6 décembre 2017 un atelier de présentation de l’étude Global Early Adolescent Study (GEAS) et des résultats de la phase I de ladite étude. Elle a été menée dans 15 pays dont le Burkina Faso et montre comment les normes sociétales influencent la santé sexuelle des adolescents.

Global Early Adolescent Study (GEAS) est l’une des premières recherches internationales connues, qui explore les normes de genre et la façon dont ces normes sont associées à une sexualité saine chez les jeunes adolescents de 11 à 14 ans. Cette étude menée par l’ISSP en collaboration avec l’Université Johns Hopkins comporte deux phases dont la première phase qualitative, vise à développer des outils de mesures concernant les normes de genre dans le contexte des relations interpersonnelles.

Il ressort en effet de l’étude, que certaines normes de genre seraient responsables d’un grand nombre de comportements néfastes en matière de santé sexuelle et reproductive. En témoignent ces chiffres donnés par le Dr Anne Vincent, représentante de l’UNICEF au Burkina Faso : le taux de fécondité chez les adolescentes est de 23% et le taux d’infection au VIH de 1,33%, alors qu’il est de 0, 9% dans la population adulte. Ces chiffres s’expliquent en partie par l’influence des normes sociales différenciées sur le développement de la sexualité et les comportements sexuels au cours de la vie des garçons et des filles.

Et si l’on en croit le Dr Georges Guiella, enseignant-chercheur à l’ISSP et principal investigateur de cette étude, cela n’est pas prêt de changer, parce que les adolescents et notamment les jeunes filles « sont formatées dès le bas-âge pour reproduire un schéma qui est finalement comme une fatalité (…) Nous avons utilisé des outils qui ont permis aux adolescents de décrire eux-mêmes leur trajectoire de vie. Et si vous regardez, vous comprenez que dans leur tête, ils sont dans une situation qu’ils ne changeront pas, parce que c’est comme ça que leur père est, c’est comme ça que leur mère est et c’est comme ça que je serais. »

Une approche innovante pour de meilleurs résultats

Pour mieux cerner le problème, l’étude s’est intéressée aux adolescents de 11 à 14 ans, en début d’adolescence donc, parce que cette période est l’une des plus critiques du développement humain. De plus, la plupart des études ont montré que les efforts portés à la période de fin d’adolescence sont assez tardifs pour être efficaces. Et comme le souligne le Pr Olga Mélanie Lompo, vice-présidente chargée de la recherche et de la coopération internationale, représentant le président de l’UO I/ Pr Joseph Ki-Zerbo, « Bien qu’elles jouent un rôle très important dans le modelage de l’adolescent, les connaissances restent limitées quant à la façon dont les normes de genre se construisent au début de l’adolescence ainsi que la manière dont elles influencent le développement de la sexualité et les comportements sexuels au cours de la vie. »

Cette étude qui s’intéresse donc à la prime adolescence est saluée aussi bien par le Pr Lompo, que par la représentante de l’UNICEF qui se réjouit de ce que l’étude permettra « de documenter la façon dont les normes de genre sont associées à la sexualité saine chez les adolescents et les adolescentes de 10-14 ans et à la construction des normes qui réglementeront leur vie d’adulte. »

Les résultats de cette étude permettront donc de mettre à la disposition de l’Etat, des organisations de la société civile, des organisations internationales et de l’ensemble des acteurs intervenant dans le domaine de la santé, des données fiables susceptibles d’éclairer et de guider les politiques et les actions qu’ils mèneront.

Justine Bonkoungou
Lefaso.net

Messages

  • Rien sur l’éducation des jeunes filles ! Je ne sais si j’ai bien lu mais il est écrit que le taux de fécondité chez les adolescentes est de 23% et la tranche d’âge évoquée est de 11-14 ans. Donc, si je comprends bien une fille de 14 ans sur 4 a déjà un enfant !

    • Bonjour FC. Merci pour votre réaction. Mais en fait le taux de fécondité de 23% ne concerne pas les 11-14 ans mais plutôt les 15-24 ans. cela veut dire que presqu’une fille sur 5 de ce groupe d’âge a déjà un enfant. C’est pourquoi nous pensons qu’il faut s’intéresser aux problèmes plus tôt en ciblant les 11-14 ans pour comprendre comment ce schéma se reproduit afin de mettre fin par exemple à ces grossesses non désirées et tous leurs corollaires. L’éducation est bien sûr prise en compte aussi. Merci bien.

    • l’analyse statistique qui a été faite par l’étude GEAS a montré que le taux de fécondité chez les adolescents de 11 à 14 est de 23%. ce qui veut dire sur 100 adolescents de 11 à14, 23 adolescents de 11à 14 ont chacun un enfant . ces résultats ne peuvent pas être interpolés sinon cela stipule une situation chaotique pour le développement du Burkina Faso. c’est mieux que l’équipe qui a réalisé l’étude spécifie le champ qu’a couvert cette étude.

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