Dissolution du conseil municipal de Saponé : Le Gouvernement s’est vraiment pris les pieds dans le tapis selon le citoyen Kuilga Bonkoungou

Publié le dimanche 28 janvier 2018

Dissolution du conseil municipal de Saponé : Le Gouvernement s’est vraiment pris les pieds dans le tapis selon le citoyen Kuilga Bonkoungou

Le 14 décembre 2017, après la tenue du Conseil des ministres, Monsieur le Ministre chargé des collectivités locales avait laissé entendre qu’un projet de décret dissolvait le conseil municipal de Saponé, sur la base de son rapport. Un deuxième décret sera pris, a-t-il poursuivi, pour nommer un représentant de l’Etat à travers une délégation spéciale et ce pour le reste du mandat du conseil municipal.

Depuis la dissolution du conseil municipal, soit plus de 6 semaines après, les 2 décrets sont introuvables. Aucune trace d’un décret qui dissout le conseil encore moins celui qui nomme le représentant de l’Etat, si bien que tout est bloqué à Saponé.
Pour qui a suivi le développement des évènements de Saponé, Monsieur le Ministre de l’Administration territoriale, en visant l’article 251 du code général des collectivités territoriales qui stipule qu’ « en cas de dysfonctionnement grave pouvant porter à l’intégrité et à la cohésion sociale, un conseil municipal peut être dissout » n’a pas visé juste.

Bien que 3 sessions du conseil municipal soient reportées, et ce, sur instructions persistantes de l’Administration, le conseil municipal de saponé fonctionnait, puisque 2 sessions ont été tenues. Les sessions des 14 et 15 novembre 2017 ont regroupé 55 conseillers et celle du 12 décembre 2017, 60 conseillers sur 80. Au regard de la loi, le conseil municipal de Saponé fonctionnait.

Or, le Gouvernement prétend le contraire. S’il voulait prouver que le Conseil municipal ne fonctionne pas, la première précaution qu’il devait prendre était de conduire une mission de médiation présidée par le Haut-Commissaire, l’autorité de tutelle, aux fins de produire un ou des rapports. De toutes nos recherches, aucun rapport n’existe. Rien ! Ni à la préfecture de Saponé, ni au Haut-Commissariat du Bazèga, ni au Gouvernorat du Centre Sud encore moins au Ministère de l’Administration territoriale. D’ailleurs les deux camps, chacun de son côté, sont formels : « depuis l’élection du Maire et sa contestation, nous n’avons jamais reçu une délégation du Gouvernement à Saponé ».

Alors quand le Ministre de l’Administration territoriale fait état, à la sortie du Conseil des ministres qui dissolvait le Conseil municipal de Saponé, d’une tentative « d’inciter au dialogue et aux échanges », est-ce une grosse blague ? Si oui, comment va-t-il rédiger son décret en le motivant ? On peut imaginer aisément que si les deux décrets ne paraissent pas c’est parce que le Ministre a conscience qu’il ne peut pas entraîner le Président du Faso dans un parjure, en lui faisant signer un décret basé sur du faux.

Reste la cause de l’incendie de la Mairie de Saponé. Bien que l’origine criminelle de cet incendie ne fait l’ombre d’aucun doute, si le Gouvernement l’évoque pour justifier la dissolution du conseil municipal, il avoue explicitement qu’il sait qui a brûlé la Mairie avant le démarrage de l’enquête. Or, comme dirait l’autre, « dans une République normale » la première tâche du Gouvernement aurait été de mettre hors d’état de nuire, celui ou ceux qui ont porté atteinte aux bien publics et non pas légitimer son action en punissant les populations innocentes de Saponé. On a beau donc retourner le problème dans tous les sens, l’argument de l’incendie de la Mairie est tellement léger pour justifier à lui seul la dissolution du Conseil.

Il reste le deuxième décret qui tarde aussi à voir le jour. Et ce décret ne peut pas voir le jour. Pour une simple raison. La loi 055-2004 du 21 décembre 2004, portant Code général des collectivités territoriales au Burkina Faso a été modifiée le 18 mai 2017. En effet, l’alinéa 6 de l’article 252 de la loi 027-2017 stipule qu’« en cas de crise répétée entraînant pour le même conseil municipal une seconde dissolution (…), il est procédé à l’installation d’une délégation spéciale présidée par un membre désigné en son sein dans les conditions fixées par décret pris en conseil de ministres ». Or le Ministre « veut nommer son gars » comme représentant. Si cela est, fort probablement, le Ministre ne maîtrise pas lui-même ses propres textes. Dans le cas de Saponé, il n’en n’a pas le droit et ne peut pas par « le seul fait du prince » nommer « son » représentant.

Il reste alors l’application de l’alinéa 7 de l’article ci-dessus cité : « si au terme d’un nouveau conseil municipal, les conseillers élus ne peuvent pas mettre en place les organes dirigeants de l’Assemblée délibérante et/ou ceux de l’exécutif, il est procédé à l’installation d’une délégation spéciale présidée par le représentant de l’Etat dans les conditions fixées par décret pris en conseil de ministres ». Or, si la délégation spéciale est maintenue, contre toute logique et en toute illégalité par le Gouvernement, l’Administration s’est suffisamment mis à dos presque toute la population de Saponé, qu’il ne reste qu’à cette population de reconduire les mêmes conseillers municipaux comme membres de la délégation spéciale et de reconduire tel quel le bureau actuel. Et le pied de nez sera parfait vis-à-vis du Gouvernement.

Quelque soit donc la couture sous laquelle on examine le problème, le Gouvernement s’est laissé véritablement entraîner dans un vrai imbroglio. Il s’est vraiment pris les pieds dans le tapis.

Il reste alors la troisième solution : garder la décision de la délégation spéciale et reprogrammer une troisième élection à Saponé. Or, si le Gouvernement persiste dans ses propres erreurs à vouloir jeter de l’argent par la fenêtre pour résoudre un problème qui n’en est pas un, il y a de très grandes chances que les Burkinabè poussent un cri de désapprobation d’une telle gestion. On ne peut pas Gouverner une République comme l’on gouverne un parti, en faisant ce qui semble bon à ses dirigeants, fussent-ils tout puissants.

Enfin, mieux ou pire, c’est selon, c’est l’incapacité du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP) à gérer ses propres contradictions internes qui a provoqué toute cette chienlit à Saponé. Il est fort probable que la sanction contre ce parti soit sans appel à Saponé, si l’on reprenait les votes.

Qu’en sera-t-il enfin de la médiation entreprise par le Médiateur du Faso ? Très certainement, entre deux mots, la Samo ne manquera pas de demander à ceux qu’elle considère comme ses esclaves « d’obéir à ses ordres de réconciliation ». Et les esclaves obéiront à leur chef ! Vivement donc que le Médiateur aide le Gouvernement à sortir de ce bourbier, pour la paix à Saponé.

Kuilga Bonkoungou

Messages

  • Bravo monsieur kuilga pour cet article. J’espere que vous etes un bonkoungou de Manga. L’ecrit est tres clair et intelligent. Ainsi c’est une samogo qui va sauver les gens de Sapone. Heureusement si non nous les gens de Manga on allait débarquer la bas pour les gérer. Car au lieu de vendre leurs chapeaux et manger leur riz a la Kadafi, ils ne savent que se bagarger. Vous n’avez pas honte ?

  • Voila un article d’une grande clarté qui illustre les dessous de la politique policienne dans notre Faso ! Merci...!

  • Si un ministre arrive à mentir dans la plus haute instance du pays (conseil des ministres), je ne sais vraiment pas où est-ce qu’on va. Q Dieu nous aide, amen

    • Vous n’avez encore rien vu. Ce ministre est un gesticulateur médiocre qui induit tout le.monde en erreur. Et comme vous le savez les médiocres n’aiment pas les lumières. Ses collaborateurs ont du mal puisqu’il pense qu’il connaît tout. Il écoute personne. C’est bien fait pour lui. Il sera bientôt déculotté.

    • On ne sait pas pour l’instant si ce dernier a menti ou pas.
      Ce qui est dommage C’est que la plupart de ceux qui entourent ces ministres ont choisi de leur mentir pour proteger leurs interets personnels. Même chose pour le premier ministre et le president.
      A cette allure comment faire avancer le pays puisque tout d’un coup ceux qui ont en souci de dire la vérité pour le bien de tous les burkinabè sont á abattre . Ce depuis des decénnies et voici les conséquences dans lequelles on se trouve.
      0sons et acceptons changer pour que nous puissions vivre ensemble si le bricollage ne marchera pas.
      N’oubliez pas que les burkinabè connaissent l’histoire de chacun et C’est pas l’appartenance á un parti politique Xou Y qui prouve qu’on a changé de mentalité.

    • RS-S= GESTION MOUTA-MOUTA ;
      RS-S= GESTION MOUTA-MOUTA ;
      RS-S= GESTION MOUTA-MOUTA ;

      MERCI MR BONKOUNGOU POUR CET ECRIT.

  • Les références a l’article de la loi sont instructifs. Ainsi ce gouvernement gère le pays sur du faux et les ministres mentent sans arrêt. Après le faux du CSC voici le faux de Sapone. Que Dieu nous garde des ministres pareils. Qu’attendent les gens de Sapone pour poser plainte. Y’en a marre ! Vite un balai.

  • Franchement, je suis perdu dans mon propre pays. Comment prendre une decision pour un problème aussi sensible, sans aucun contact direct avec la population de saponé à travers ses élus locaux. Hunnnnn....! Le Président Roch doit ouvrir l’oeil et surtout le bon car le temps des mogos puissants n’est plus, même un citoyen libre de ce pays ne gère pas un problème sans aller à la source. Voilà ces dits ministres qui enfoncent davantage le pouvoir mpp. Comme le chien ne change jamais sa position de s’asseoir, on sait maintenant que rien a changé dans ce pays. Merci pour cet article, car il nous éclaire davantage et je pense que le gouvernement PKT doit s’en inspirer sinon on dirait que nos gouvernants n’ont pas de conseillers à la hauteur des tâches y afferentes. Quelle bizarerie.....! Dieu sauve le Faso

  • Vraiment il faut que les bagarreurs de Saponé laissent les gens tranquille.C’est quoi votre problème .Je vous dis personne ne viendra développer Saponé à votre place vous ferez mieux d’enterrer vos haches de guerre.Nous on ne cherche pas à savoir qui a raison ou pas.C’est à cause de votre incapacité que des s’ingèrent dans votre bagarre.Maintenant que l’autorité de l’état est instauré on attend de voir ces individus sortir barrer nos voies comme quoi il y a ceci ou cela.

  • Messieurs le membre du gouvernement, le problème de Saponé est un problème à résoudre de sorte à créer un bon vivre entre les fils et les filles de Saponé. Savez - vous que certains bénéficiaires de parcelles à la cité relais de Saponé ne peuvent pas construire à cause de problèmes d’indemnisation des autochtones et le ministère de l’urbanisme a été informé et ce depuis 2013. Les autochtones de Saponé les menacent et voilà qu’au lieu de résoudre ce problème vous venez en ajouter. Terrible !

  • L’article a été très bien rédigé avec les articles bien claire. On sent que l’auteur maitrise bien les texts. Seulement je trouve que l’auteur exploite les texts dans le sens qui l’arrange. En lisant bien l’article, on voit deja de quel bord est l’auteur.
    Seulement, le problème de Sapone ne date pas de la reprise des dernières elections et tout le monde le sait bien. Un premier maire a été élu et ce dernier a été empêché de travailler par une partie de la population tout simplement parce que ce dernier le traitait d’étranger. Un burkinabé que l’on traite d’étranger chez lui, je trouve cela très grave et l’auteur a manqué de rappeler cette genèse qui a conduit a la reprise des elections.
    Les nouvelles elections ont conduit a l’election d’un conseiller issus du clan de ceux qui rejetait le premier maire élu. Résultats : L’autre camp aussi rejet l’election du nouveau maire issus de la reprise des elections, ce qui a conduit a l’incident malheureux.
    Le gouvernement a procédé a la dissolution dudit conseil. Alors nous sommes a la case de depart : un but pour chaque camp. Je pense que les sois disant intellectuels et politiciens doivent laisser la population de Sapone comme ceux des autres localités co-habiter car au delà des differences politiques, ce sont les enfants d’une meme personne qui se détestent aujourd’hui a cause de l’intérêt égoïste de certaines personnes qui se disent "fils de la localité", pourtant les extrait de naissance de leur enfants n’ont jamais été établi dans les mairies qu’ils diriges, a plus fort le mariage de leur enfants.
    Merci pour ce beau text, mais je pense que Sapone a besoin de se réconcilier avec ses fils et filles que l’application de text partisans (selon l’écrit de l’auteur) sur un problème dont les origines sont connues.
    Par un burkinabé qui souhaite voir Sapone dans la joie et le bonheur loin de ces politiciens égoïstes.

    • Tiga, le drame de certains scolarisés comme vous c’est leur propension à la malhonnêteté et au mensonge. L’actuel maire est en CI. Donc dire que c’est parce que l’autre est né la bas est faux. Ce qui est vrai est qu’il manque d’éducation ce qui est dommage car bien de Burkina assimile peut être a tort que beaucoup qui sont nés la bas manque du minimum de valeurs. N’en rajoutez donc pas. Ensuite tous les mensonges véhiculés par l’autre camp se dégonfle un a un. Le premier conseil a été dissout légalement. Si l’autre camp avait suivi les règles aussi il n’y aurait aucun problème. Mais ce n’est pas parce que on a des amis ministres que l’on fait du n’importe quoi.

    • Nous avons vu les banderoles sur le net qui s’en prenait même au Mediateur d’une manière personnelle. Vous êtes tellement bagarreur et sans éducation que même les personnes qui viennent séparer votre bagarre vous les insulter. Et ça se dit leader politique qui veut gérer une.commune. si vous n’avez pas de respect pour d’autres personnes qui ne sont pas de votre commune. On imagine aisément comme vous traitez les gens de votre commune. Ce qui est malheureux c’est que personne du camp de ceux barrent la route n’est assez influent et respecté pour dire a son camp que ceux qu’ils font n’est pas bien. On a l’impression que dans leur camp il n’y a aucun leader. C’est vraiment dommage. Si non comment vous pouvez vous laisser manipulés instrumentaliser par une seule personne ? Et vous suivez yada yada, sirga sirga. Quand même respecté vous un peu même si vous avez la haine de vos frères de l’autre camp comme programme politique.

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