« Le cas Zida augmente le portefeuille des dossiers pendants en justice du Burkina Faso », Siaka Coulibaly, juriste et politologue

Publié le mercredi 21 février 2018

« Le cas Zida augmente le portefeuille des dossiers pendants en justice du Burkina Faso », Siaka Coulibaly, juriste et politologue

C’est notre confrère Jeune Afrique qui croit le savoir, l’ancien Premier ministre et ancien Président burkinabè, Yacouba Isaac Zida, est au centre d’une enquête judiciaire au Canada. La raison : des soupçons sur une transaction d’argent portant sur environ 150 millions de FCFA. Pour le juriste politologue Siaka Coulibaly que nous avons rencontré, le Burkina Faso a tout intérêt à tirer cette affaire au clair. Lisez !

Lefaso.net : Que pensez-vous de l’enquête judiciaire engagée contre Yacouba Isaac Zida au Canada ?

Siaka Coulibaly : Cette enquête est une nouvelle affaire objective distincte de la situation en exil de l’ex-premier ministre Zida. Déjà accusé de désertion par l’armée de son pays, Isaac Zida pourrait se voir alourdir de la charge de blanchiment d’argent, cette fois-ci, par les autorités canadiennes. On sait aussi que s’il rentrait au Burkina Faso, il pourrait faire face à d’autres accusations, notamment financières, consécutives à la gestion de la transition. L’enquête entamée par les canadiens vient aussi renforcer les nombreuses présomptions pesant contre l’ex-premier ministre sans qu’aucune action judiciaire ne permette de confirmer ou d’infirmer sa culpabilité.

Cette nouvelle affaire démontre aussi le faible engouement des autorités judiciaires burkinabè à faire avancer tout ce qui concerne l’ancien premier ministre. J’estime que le cas Zida augmente le portefeuille des dossiers pendants en justice du Burkina Faso et pour lesquels les burkinabè sont en désaccord avec leurs dirigeants depuis plusieurs décennies. D’une manière générale, ces anciens dirigeants du pays en exil ne sont pas des bons points pour la gouvernance politique du Burkina Faso. Autant les besoins socio-économiques sont de la responsabilité des dirigeants du pays, autant le traitement judicieux des affaires politico-judiciaires doit préoccuper ces dirigeants. Le climat socio-politique s’est assombri de manière importante ces trois dernières années et handicape les efforts de croissance économique et de développement. La dramatisation politique de certains dossiers est très néfaste pour l’Etat de droit en construction.

Lefaso.net : Selon vous, quelle devrait être la part des autorités burkinabè dans cette procédure ?

Siaka Coulibaly : Les autorités burkinabè en général doivent collaborer avec la justice canadienne afin que la vérité soit établie, à la place des nombreuses rumeurs qui courent autour de l’ancien premier ministre. La justice burkinabè doit jouer sa partition ainsi que les services financiers et les banques en vue de favoriser la manifestation de la vérité, au plus tôt. De toute façon, ces autorités n’ont pas le choix, étant enserrés dans les liens de la coopération internationale dans les domaines judiciaire et financier. Tout manquement de leur part entrainerait des sanctions ou, tout au moins, une baisse du niveau de considération du pays de la part des autres pays et des institutions internationales.

Lefaso.net : En tant qu’organisation de la société civile, avez-vous des attentes particulières sur ce dossier ?

Siaka Coulibaly : Les OSC sont dédiées à la protection des valeurs, de l’intérêt général et des droits humains de tous. Dans tous les dossiers, les OSC n’ont de boussole que l’intérêt général et la protection des droits humains de tous les citoyens burkinabè. Les attentes de la société civile sont la manifestation de la vérité, la justice intégrale et l’opposition aux atteintes aux droits des gens. Tout burkinabè a droit à la protection de ses droits et dans cette optique, si les droits de Isaac Zida venaient à être brimés, dans quelques procédures que ce soit, les OSC doivent le défendre, tout en exigeant, d’un autre côté, que toute la justice soit faite en ce qui le concerne.

Lefaso.net

Messages

  • 150 millions = 350 000 dollars canadiens. Il faut laisser Zida Tranquille !

  • Pour quelqu’un qui se dit homme de droit ,le bon sens aurait commandé que,par d’autres canaux,il cherche à vérifier l’authenticité de ces informations véhiculées par Jeune Afrique sur les réseaux sociaux.Jeune Afrique comme certains ne le savent pas est un outil de certains lobbys sectaires(Rose Croix) qui reçoit d’eux des financements occultes.En échange ils l’utilisent à leur fin à savoir salir leurs opposants.Combien de fois cet article en quête de sensationnel a fit circuler des informations qui se sont avérées fausses par la suite.Si c’est vrai en principe il devait déjà être entendu par la justice.

  • Ceci est une bonne lecture des choses. Mais bien comprendre les choses est une chose alors que "Agir" pour la parution de la Vérité en est une autre. C’est dire que de tout ce qui s’est dit et se dit dans le pays, compréhension doit être faite que ce n’est qu’un "Jeu d’Autruche" car ne pouvant être d’exemples meilleurs des choses au finish de leurs responsabilités à la tête de l’Etat, ce serait se vendre prématurément. En termes plus compréhensifs, on retiendra l’adage qui dit "le coq traîne les intestins d’un autre poulet en attendant son tour plus tard". Cette logique reste valable pour tous ceux qui aujourd’hui et demain occupent et occuperont le perchoir. Aucun Responsable politique ne vendra son prédécesseur car demain restera pour lui. C’est cette compréhension qu’on devra avoir des attitudes "mouta-mouta" des Dirigeants. Blaise est parti sans que personne de capable (ceux qui l’ont succédé) ne puissent ou ne veuillent agir contre lui. Zida s’en est allé avec ce qu’il a commis comme impairs à l’endroit du pays et jusque-là, on peine à avoir des prémices de solutions aux problèmes par lui posés. Ce sera toujours ainsi et le peuple restera toujours grugé.

  • Merci grand frère Siaka. Nos gouvernants jouent beaucoup avec la justice et on a du mal à se retrouver et séparer le bon grain de l’ivraie. j’ai bien peur qu’on nous lègue un Faso en lambeaux sur le plan moral, social et judiciaire. Il y a de la politique dans les actions et à un degré trop élévé pour un petit pays pauvre comme le nôtre qui a besoin de construire sur des valeurs saines. Manque de vision et de leadrship dans le sens plein des termes.
    J’ai beaucoup d’appréhension sur le grand bal qu’on veut nous servir comme procès du putsch.
    Le cas Zida est emblématique de cette collusion. Dans un post, je demandais qu’elle était la source de revenus d’un ancien officier radié qui vit dans un pays américain et apparemment, il n’est pas dans le besoin.
    En répondant à cette question et en faisant l’état de son patrimoine et la provenance, on résout en partie la question. On saura s’il est blanc financièrement ou pas.

  • Notre cher pire ennemie monsieur CANA, vous vites de laisser ZIDA tranquille ? Aviez vous un parent massacré pendant l’insurrection ? VOUS LE SAVEZ QUAND MEME QUE VOTRE GENERAL EN PAPIER HYGIENIQUE ETAIT LE CHEF DES OPERATIONS ? !
    C’st facile de se cacher derrière un écran pour dire de laisser VOTRE FRERE TRANQUILLE.
    Le singe a dit que si la détonation (du fusil) est belle alors que la foudre s’abatte sur le chasseur.

  • Il est temps que l’on ramène ZIDA RSP Garibou au pays. Il doit rendre des compte et il faut que l’État se donne tous les moyens pour le ramener !

  • Hum... Vous avez dit "suspicion légitime" ?
    En attendant d’en savoir plus sur ce n-ième dossier dans lequel serait impliqué Yacouba Isaac Zida, on est un peu dubitatif quand à l’analyse de notre "juriste-politologue"...

    D’abord, concernant "l’assombrissement du climat soci-politique ces trois dernières années" que l’analyste lie aux affaires judiciaires, on se pose des questions...
    Si on considère la période de Décembre 2014 à Février 2018 soit 33 mois, trois principaux dossiers de crimes économiques et de sang sont en "souffrance". Il s’agit des crimes liés à l’insurrection populaire, de ceux liés au coup d’état et enfin des crimes économiques reprochés au dernier gouvernement Compaoré. A ce que nous sachions, en dehors de la procédure administrative à l’encontre du "général absent plusieurs mois après la fin de sa permission", aucune action judiciaire n’est engagée contre Zida, sauf sa citation dans les évènements des 30 et 31 Octobre 2014. Reprocher aux juges de ne pas avoir vidé une affaire de gestion de la transition qui n’a jamais été amenée devant eux semble peu raisonnable. Comme on dit, ce n’est pas la rumeur qui doit emprisonner les gens...

    Par contre, si on considère la période antérieure, on peut citer l’affaire du juge Nébié, celle de Flavien Nébié ; celle de Norbert Zongo ou celle de Thomas Sankara, et bien d’autres qui sont (beaucoup) plus anciennes et n’ont toujours pas été éclaircies. Alors soit on admet que la justice prend du temps, et on doit alors féliciter ceux qui ont (déjà) programmé le jugement du coup d’état, soit on dit que le timing est politique, et on doit dire que les choses vont quand même mieux que sous l’ancien régime et pas le contraire.

    Quand au rôle des OSC de défendre les droits des peuples et des personnes en toutes circonstances, on est surpris d’entendre cette déclaration. Car elle vient de quelqu’un qui pour mémoire a soutenu le RSP avant le coup d’état dans ses attaques contre le PM de l’époque Zida, et qui a soutenu le coup d’état sanglant au point de démissionner de la direction du collectif des OSC plutôt que de s’associer à la condamnation dudit coup d’état qu’ils ont publié.

    Dans ce contexte, sa neutralité concernant Zida ou sa défense de la démocratie et des droits humains semble quelque peu versatile...

  • Mon frère "ATTENTE", l’Homme qui pardonne est l’ami de Dieu. Beaucoup de mes frères et sœurs ont été humiliés, maltraités, massacrés pendant l’insurrection. Prions beaucoup pour nos ennemis, nos persécuteurs et Dieu s’occupera du reste. La vraie justice vient de Dieu et non des Hommes. Nous avons besoin de pardonner afin de recevoir la guérison de notre âme blessée. Si Zida est coupable, tôt ou tard il répondra devant la Justice. Cela ne m’empêche pas de lui accorder mon pardon au nom de l’Éternel Dieu..."car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu".

    Je te demande pardon si je t’ai offensé par mon premier message.

    Puisse Dieu te bénir en abondance.

  • Cana au delà du montant c’est la non déclaration qui intéresse le Canada.

  • Il y’a bien d autres cas que la justice n a pas bronché. Les mêmes qui clament la réconciliation dans d autres dossiers retrouvent subitement leur sens et réclament que la justice bondissent sur le cas aida. Quelle hypocrisie !

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