Eugénie Maïga, première femme agrégée d’économie d’Afrique de l’Ouest

LEFASO.NET | Par Justine Bonkoungou

Publié le lundi 23 avril 2018

Eugénie Maïga,  première femme agrégée d’économie d’Afrique de l’Ouest

Reçue au concours d’agrégation 2017 du CAMES organisé à Yaoundé au Cameroun, Windkouni Haoua Eugénie Maïga est la seule femme agrégée d’économie d’Afrique de l’Ouest. Un parcours hors du commun pour cette jeune femme dynamique et qui devrait inspirer plus d’une jeune fille.

A seulement 38 ans, Eugénie Maïga fait la fierté du Burkina Faso. Seule femme agrégée d’économie d’Afrique de l’ouest, son parcours sans faute, elle le doit à son amour des études, au soutien de sa famille et à sa foi en Dieu. Avec des parents enseignants, sa voie était peut-être toute tracée, nous confie-t-elle. « Quand j’étais jeune je voyais mes parents travailler, ils revenaient à la maison et corrigeaient les copies. Je suppose que cela a dû m’inspirer d’une manière ou d’une autre. » C’est donc, en ayant à l’esprit de faire aussi bien que ses parents, qu’elle se consacrera avec abnégation à ses études.

Parcours scolaire et académique

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Eugénie Maïga

Après l’obtention du BAC série C au Lycée Bogodogo à Ouagadougou en 1997, Eugénie Maïga se verra contrainte de s’inscrire à l’Université de Ouagadougou bien qu’ayant obtenu une bourse pour poursuivre des études en Sciences économiques et de estion en Tunisie. Cette année-là, les étudiants burkinabè se verront rapatriés de la Tunisie trois semaines après leur arrivée parce que s’y étant rendus en retard. Cinq ans plus tard, en 2002, elle obtient une maitrise en macroéconomie et gestion du développement et ce, à cause de l’année invalidée en 2000.

Puis elle commence un DEA au Programme de troisième cycle interuniversitaire (PTCI) qu’elle ne terminera pas, parce qu’ayant obtenu de nouveau une bourse pour un Master à Oklahoma State University (Etats-Unis). Un Master en économie agricole qu’elle va soutenir en 2005, puis s’en suivra le doctorat en économie de l’éducation et de la santé à la University of Minnesota (Etats-Unis) qu’elle obtiendra en 2010.

A l’issue du doctorat, Eugénie Maïga dépose ses valises au Ghana pour trois ans dans un centre de recherche. Et en 2013, elle est recrutée à l’Université de Koudougou où elle enseigne et poursuit ses travaux de recherche. Elle se présente alors au concours d’agrégation en 2017 et y est reçue, finissant major de la section Sciences Economiques. Un concours dont la préparation a nécessité d’énormes sacrifices, notamment des absences répétées loin de la famille. Mais pour elle, cette réussite, elle ne la doit pas au seul fait du travail, mais aussi à Dieu et à l’encadrement de ses supérieurs.

Famille et recherche, une vie de concessions

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Eugénie Maïga

Et même si en tant que femme, elle reconnaît que ce n’est pas toujours aisé d’allier la vie de famille et la recherche, pour Eugénie Maïga, il suffit juste de faire des concessions. « Quand je faisais mes études de master et de doctorat, j’ai rarement eu plus de 4h de sommeil par nuit parce j’ai eu un enfant pendant le master et un autre pendant le doctorat. On est obligé de combiner, on n’a pas le choix. »

Aujourd’hui, bien qu’elle consacre la plus grande partie de son temps à l’enseignement et à l’encadrement des étudiants, cette passionnée de lecture continue la recherche parce que dit-elle, « Les enseignants sont de perpétuels étudiants. » C’est pourquoi elle appelle les autorités universitaires à investir dans la formation des enseignants, car « Il faut continuer à se mettre à jour en préparant les cours. Et pour des concours comme l’agrégation, il faut être à la page, acheter les documents et continuer à réviser. Cela coute de l’argent. Il faut donc que dans les lignes budgétaires des universités, on prévoit de l’argent pour la formation des enseignants. »

A l’endroit des jeunes et spécifiquement des jeunes filles, le Pr Maiga les encourage à s’orienter dans les filières scientifiques et à embrasser la carrière universitaire. « J’ai fait une série C. Si j’ai pu tenir, je pense que n’importe quelle jeune fille burkinabè peut le faire. Il faut que les jeunes filles travaillent dur et se rappellent comme on l’a toujours dit que le boulot, c’est le premier mari d’une fille. C’est ce qui peut leur permettre d’être autonomes et de venir en aide à leur famille. »

Justine Bonkoungou
Lefaso.net

Messages

  • Fiere de vous ! C’est ca les travailleurs au Burkina et non ceux qui incendient les maisons pour prendre le pouvoir

    • Le retard en Tunisie et l’année invalidées sont entre autre les raisons qui ont entraîné la perte de votre pouvoir cher monsieur.

    • C’est un plaisir de constater que dans ce contexte où la jeunesse est déboussolée, il reste des personnes qui sont en quêtte de l’exéllence.

      J’avais suivi avec un grand intérêt une de vos présentation sur la méthode de l’assignation aléatoire lors d’un atelier de l’IPA en 2017.

      Bon vent !

  • Félicitations, elle fait la fierté du Burkna. Quand le lièvre court, il faut reconnaître qu’il court. Félicitations Madame

  • Femme battante et courageuse, toutes mes félicitations, puissiez-vous servir d’exemple à la jeunesse et en particulier aux femmes. Que le Seigneur vous assiste, chère jeune Professeur !

  • bravo a vous.digne héritière de yennenga.j ai des larmes aux yeux quant je vois nos filles s agripper aux futilités plutôt qu aux études. la valeur d une femme réside dans sa valeur intrinsèque. Merci PR pour ce exemple.Que Dieu vous assiste TOUJOUR

  • Felicitation ancienne Fulbrighter ! Que Dieu t’accompagne !

  • Félicitations, Professeur ! Seul le travail paie. Que Dieu nous donne aussi de briller comme vous. Félicitations encore Mme.

  • Voilà une fierté ! Est ce que battante aura besoin d’un cota pour s’insérer quelque part ? Il faut laisser tomber vos histoires de cota là et travailler, vous serez positionnées n’en déplaise aux faibles d’esprit

    • Bien dit !!!
      A mon humble avis, les femmes devaient rejeter cette histoire de cota qui est une sorte d’humiliation de la femme. Avec le Cota, on ne sait plus quelle femme merite vraiment son poste ou sa position. Il se trouvera toujours des gens pour dire qu’elle est la grace au cota alors que la plupart des femmes arrivent a des positions a cause de leurs valeurs intrinseque et non pas a caus d’un quelconque cota. Est-ce que c’est cota qui a donne aggregation a Mme Eugenie Maiga. Est-ce que c’est cota qui a fait la notoriete des femmes comme la Julie nationale, Alice Tiendrebeogo, Alimata Salembere, Rosine Coulibali, Beatrice Damiba, Bintou Sanogo, Bibiane Kone/Pale, ...................... et j’en oublie ?

  • Félicitations petite Soeur !
    N’oublies pas de dire à nos enfants (les jeunes filles) que tu fais de l’humour en disant que le travail est le premier mari.
    Tu sais bien que c’est : La Famille-Dieu-Le reste.
    Plein de bonheur !

  • Elle est vraiment une battante. Puisse Dieu vous bénir davantage et vous donnez la santé et la force nécessaire pour poursuivre votre carrière chère Pr Mme Maiga.

  • TOUTES MES FELICITATIONS
    BRAVO 1000 FOIS BRAVO
    VOICI UN EXEMPLE QUI DOIT INSPIRER NOS FILLES ICI
    QUI PRENNENT LE CHEMIN DU RACCOURCI...PROSTITUTION, LA FACILITE LE RACKET..SI UN HOMME N A PAS CA , NA CI....

    IMAGINONS CE QUE POURRONT DEVENIR LES ENFANTS DE CETTE PR MAIGA ??
    COURAGE

  • Féliciations Professeur, vous faites la fierté du Burkina Faso. Que Dieu continue de vous soutenir !

  • Félicitations et courage !

    Félicitations pour votre contribution à la formation du capital humain au Burkina !
    Wend na ning y barka !

  • Merci ma soeur et co fellow
    Nous Sommes fiers de toi. Avec tout ce travail accompli, tu restes consciente que le combat continue. Excellent ! Keep it up.

  • Félicitations à vous et au Lycée Bogodogo . ce lycée dont on parle peu, à fourni de grandes compétences à ce pays. vivement que la bonne tradition gagnante se poursuive !

  • Je ne puisse m’empécher de vous felicité car vous ètes l’ exemple concret de la reussite sociale et proffessionelle.

  • Félicitations au Pr pour ce combat. La promotion de la Femme passe par ce chemin bien mérité. Ce n’est pas une question de quota ou il faut encourager la médiocrité. Votre quota d’ici 30 ans va s’imposer de lui-même au regard de votre nombre, si toute fois les jeunes filles sont scolarisées. Cependant, on constate aujourd’hui que ce sont les filles nulles qui ont passé leur temps à se prostituer, se pavaner qui reclament des FAVEURS pour réussir dans la vie. Si c’était facile, à quoi aurait servi toute cette bosse du Pr MAIGA. Le slogan de la plupart des femmes du Burkina : dormir, amour de la facilité, danser Djandjoba, pour en définitive revendiquer un quota pour être subitement à des postes de responsabilité !!!

  • Felicitations Pr Maiga !! Tu l’as merite ! Nous avons besoin de plus de Femmes Battantes, courage a celles qui se sont engagees dans cette voie !

  • Quel parcours ! Quel courage ! Quel sérieux ! Quelle fierté de travailler avec vous Pr !
    Vous forcez l’admiration de plus d’un !
    Vivement que nos sœurs (et pas seulement elles), vous emboîtent le pas !
    Vivement que se créent les conditions de votre pleine contribution au développement national !

  • Mes félicitations Pr Maïga. Vous faites la fierté de votre famille et de tout le Burkina. Merci de mettre vos compétences au service de la nation par le biais de l’enseignement. Bon suite

  • Bip up ! Mme je vous salue avec respect et considération

  • Toutes mes félicitations ma chérie ! Que l’ÉTERNEL dans sa grâce t’ élève davantage et que continue de faire la fierté de la famille en particulier et du Burkina en général.

  • Bonjour ma sœur

    Félicitations.
    Tu fais un grand honneur pour le Burkina et pour l’Afrique.
    Que le seigneur te bénisse et bonne continuation ; surtout disponibilité pour la formation des jeunes doctorants.

    Cordialement

  • Félicitation Pr votre travail a porté fruit. Toutes nos sœurs doivent s’inspirer de votre expérience pour persévérer dans les études et le travail.

  • Bravo Par MAÏGA ! C’est celle-là on dit femme. Par contre d’autres à partir du 22 du mois commencent à dire mon mari, mon amour, mon bébé, mon chou,mon zaksaba...juste pour qu’à la fin du mois on puisse te depouiller et te carboniser. Je suis convaincu qu’au BF et en Afrique on avait des femmes pareilles, le vol des deniers publics sera réduit parce que beaucoup de responsables volent pour nourrir des femmes qui ne veulent pas faire votre parcours. En plus il faut que nos filles aussi pour les sciences. Sinon je trouve qu’il faut même revoir les programmes scolaires. Il y a trop de Littérature. Ma femme est dans le domaine de la Littérature et chaque jour que DIEU fait elle suit les Télé novella.

  • félicitations et courage pour la suite de la vie....
    Apparemment ici il a unanimité. Ce qui est étrange.
    A moins que le webmaster ne bloque les critiques de fond.
    Bye

  • Bravo Eugenie Tout le Burkina Faso est fiere de toi.

  • Vous connaissez le sens du nom Eugenie ? Toutes mes felicitations, la Bienheureuse ! Chaque vit son nom et devient son nom.

  • Voilà une première dame. Vive la féminité ! Je reconnais maintenant avec toi que je suis femme. Et je fais comme toi. Tu es gardée où ? On veut aussi des leçons et conseils publiés. CONGRATULATIONS. LEAD ON. bisou !

  • Bonjour,
    Le visage de cette dame me dit quelque chose. Depuis les années 1990 au Lycée Philippe Zinda Kaboré. Elle ressemble à une fille du proviseur en son temps.
    Félicitations et bonne suite

  • Merci à toutes et à tous pour vos encouragements et prières. Ceux qui ont lu la première version de cet article on pu constater que la dernière phrase (maintenant supprimée) semblait incomplète. Dans cette prhase je remerciais tous ceux qui m’ont soutenu en ces mots : "J’aimerais réitérer mes remerciements à mes parents et amis, aux autorités des universités Norbert Zongo et Ouaga 2, aux professeurs nationaux et étrangers qui nous ont formés, aux collègues, et à tous ceux qui nous ont soutenus d’une manière ou d’une autre lors de notre préparation au concours d’agrégation"

  • Chapeau bas PR Maïga ! un bel exemple que la jeunesse burkinabè doit s’efforcer de suivre malgré tous les écueils sur la voie de leur destin, surtout dans une Afrique où on est très souvent obligé de renoncer aux études supérieures, quelque soit notre degré de motivation et d’ambition, du fait de la négligence de certaines personnes.

  • Toutes mes félicitations ma sœur, et bon vent pour la suite de ta carrière universitaire

  • Non seulement elle est intelligente mais aussi elle est très belle,si elle n’était pas mariée j’allais tenter ma chance pour le mariage.Félicitation !

  • félicitation.et beaucoup de courage belle dame

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