Espace naturel du Lac Dem : Le ministère de l’eau adopte un schéma d’aménagement pour sa survie

Publié le mardi 24 avril 2018

Espace naturel du Lac Dem : Le ministère de l’eau adopte un schéma d’aménagement pour sa survie

Le ministère de l’Eau et de l’Assainissement a organisé un atelier de restitution des études sur l’environnement et l’élaboration d’un schéma d’aménagement de l’espace naturel du Lac Dem, le mardi 24 avril 2018, à Kaya, dans la région du Centre-nord. Bien avant cette séance, une visite terrain dudit lac a été effectuée par le ministre en charge de l’eau, Niouga Ambroise Ouédraogo et madame le gouverneur du Centre-nord, Nandy Somé, ainsi que leurs collaborateurs.

« L’avenir n’est pas ce qui vient après le présent mais ce qui est différent de lui », disait Gaston Berger. C’est t’inspirant de cette citation que le bureau d’études CINTECH a mené ses études détaillées sur l’environnement et l’élaboration d’un schéma d’aménagement de l’espace naturel du Lac Dem.
A l’instar d’autres retenues d’eau telles que le Lac Bam, le Lac Bourzanga et le barrage de Toécé, le Lac Dem est confronté à des problèmes environnementaux multiples dont :
 L’envasement qui réduit d’année en année la capacité de stockage de ces réservoirs ;
 L’érosion hydrique et éolienne sur l’aire des bassins versants de ces retenues ;
 Les actions anthropiques néfastes (mauvaises pratiques culturales) ;
 La réduction de la faune aquatique.

Face à cette situation, le ministère en charge de l’eau à travers son Programme national des aménagements hydrauliques (PNAH), s’est fixé l’objectif de réhabiliter les barrages dégradés et protéger les plans d’eau naturels. Selon madame le gouverneur du Centre-nord, représentante du ministre de l’Eau à cet atelier, les ambitions du gouvernement sont aujourd’hui tournées vers le Lac Dem, fortement menacé alors qu’il constitue l’une des bases du développement économique, social et touristique pour la région du Centre-nord.

Résultats des études détaillées

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Marius Gagré

La vision du CINTECH est de faire du Lac Dem, un pôle local de développement socioéconomique pour les populations. Pour ce faire, les résultats de leurs investigations font ressortir plusieurs propositions dont :
 La sensibilisation des populations et leur appui pour l’exploitation rationnelle des ressources naturelles ;
 Le reboisement et l’introduction d’espèces végétales et fauniques menacées ou disparues ;
 L’amélioration et la préservation de la capacité de stockage d’eau du lac à travers le désensablement et le rehaussement du niveau du lac ;
 La réalisation de barrages sur les quatre (04) principaux émissaires du lac ;
 Le désenclavement de la zone à travers la réalisation de pistes rurales et le bitumage de 75 km de route ;
 L’aménagement d’équipements écotouristiques ;
 L’amélioration de l’habitat pour favoriser la résilience des populations au changement climatique.

A en croire l’administrateur général du CINTECH, Marius Gagré, si ces différentes propositions sont mises en œuvre, le lac retrouvera son illustre d’antan. Le montant global prenant en compte toute activité contenue dans le plan est de 33 897 930 000 francs CFA.

Lac Dem en voie de disparition

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Madame le gouverneur, Nandy Somé (au micro)

« Nous sommes venus voir l’état des lieux du Lac Dem », a annoncé le ministre en charge de l’eau, Niouga Ambroise Ouédraogo. Un constat qu’aussitôt, il l’a déploré. Selon le CINTECH, le lac est d’une superficie de 778,35 ha en 1992 à 551,08 ha en 2012 d’où une réduction de 227,27 ha en 20 ans. D’ici à l’horizon 2040 si rien n’est fait, le Dem aura 240 ha soit une perte d’environ 15% du volume actuel, ont estimé les techniciens.

Or, c’est ce lac qui alimente la ville de Kaya en eau potable avec une capacité de 400 000 m3 par jour, a indiqué le ministre. « Vous devinez que perdre le contrôle de ce potentiel serait une catastrophe », a-t-il déclaré.

Le Lac Dem est un plan d’eau entièrement localisé dans la commune de Kaya, précisément à 13 km au Nord-ouest de la ville. Le 7 octobre 2009, il était désigné comme une zone humide d’importance internationale et il est compté parmi les quinze (15) sites Ramsar du Burkina Faso.

CryspinMasneangLaoundiki
LeFaso.net

Messages

  • L’onea qui exploit l’eau devait payer sa réhabilitation.

  • Il manque la mesure la plus importante : le respect strict des 100 mètres de protection des berges avec le point de l’eau le plus haut (lorsque le lac est plein).
    La seconde est de pratiquer l’agroécologie et d’interdire définitivement aux abords des retenues d’eau ou lac l’utilisation anarchique et inappropriée des pesticides homologués ou prohibés. Petit rappel : l’agroécologie est la seule pratique durable en agriculture et, cerise sur le gâteau permet de lutter contre les changements climatiques. Quand est ce que le ministère de l’agriculture va comprendre cela ?

  • - Vous ne travaillez pas de manière intégrée ! Vous êtes entrain de recommencer exactement ce que MEEVCC a fait là-bas avec les villages riverains du lac Dem depuis 2014 et assorti d’une Charte foncière et un plan de gestion validés. Si ma mémoire est fidèle ce travail a été fait avec l’appui financier et technique du PNUD et de la Coopération Autrichienne. Je crois même que ce lac Dem est classé sous la Convention de Ramsar sur les zones humides, ce qui lui ouvre à des possibilités de financements.

    Vous recommencez perpétuellement les mêmes choses en gaspillant les ressources financières du contribuable dans des ateliers et réunions bidons ! Si vous êtes sous-infomés, cherchez l’écrit à ce propos du journal LE PAYS du 09 septembre 2014 sous la plume de Adama SIGUÉ .

    Par Kôrô Yamyélé

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