Musique : Abdoulaye Cissé célèbre son Jubilé d’Or

LEFASO.NET | Par Milaine Goretti Tiendrebeogo

Publié le dimanche 6 mai 2018

Musique : Abdoulaye Cissé célèbre son Jubilé d’Or

Ce 5 mai 2018, le CENASA a abrité le 50ème anniversaire de musique du chanteur, auteur-compositeur et guitariste, Abdoulaye Cissé. Pour lui, ce Jubilé d’Or représente 50 ans de combat dans la réalisation de ses œuvres.

Abdoulaye Cissé, Chanteur, auteur-compositeur et guitariste, a fêté son jubilé d’Or ce samedi 5 mai 2018 au CENASA. Pour exprimer sa joie, il a tenu un concert au cours duquel il a partagé ces instants de bonheur avec ses mélomanes. Pour cette icône de la chanson burkinabè des indépendances à maintenant, c’est plutôt 50 ans de combat. « Aujourd’hui je peux dire que je suis content », a laissé entendre l’artiste.

Par ailleurs, pour lui, ces 50 ans de carrière sont une source de joie car cet anniversaire lui a permis également de connaitre la valeur de ses œuvres et de revoir des amis qu’il avait perdu de vue. « C’est une très grande joie pour moi car je découvre que j’aurais fait une très grande erreur si je n’avais pas célébré cet évènement. Du fait que les gens se soient mobilisés et aient fait le déplacement, tout cela m’a permis de revoir ceux que j’avais perdus de vue et d’autres qui viennent de me découvrir. Je suis content » a déclaré Abdoulaye Cissé.

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Amity Méria lors de sa prestation

Au cours de la célébration de son jubilé d’or, de nombreux artistes musiciens burkinabè ont tenu à rendre hommage à l’artiste à travers leurs prestations. « 50 ans, ce n’est pas 50 jours » a laissé entendre Dez Altino, chanteur burkinabè. Pour lui, Abdoulaye Cissé mérite cet hommage car il a marqué le monde de la musique burkinabè du temps de la Haute Volta à nos jours. Un autre artiste qui a ému le public à travers sa prestation est Amity Méria. Pour la chanteuse burkinabè, Abdoulaye Cissé est un artiste persévérant qui renferme d’énormes qualités et qui malgré l’âge, arrivera toujours à impacter la musique burkinabè. « C’est un artiste persévérant qui a beaucoup à donner à ses mélomanes. C’est un artiste intarissable et il a de beaux jours devant lui » a confié Amity Méria.

Qui est Abdoulaye Cissé ?

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Le public souhaite joyeux anniversaire à Abdoulaye Cissé

Né le 5 juin 1948 à Sani, dans la région des Ballé, au Burkina Faso, Abdoulaye Cissé est une figure de proue de la musique voltaïque des années 60 à 80 et burkinabè des années 80 à nos jours. Issu de l’ethnie Marka (dafing), c’est avec une guitare qu’il entre dans le monde de la musique et c’est en classe de 6ème au cours normal de Koudougou en 1962. Quatre années plus tard, à 18 ans, il enregistre ses toutes premières compositions dans les studios de la radio nationale.

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Public présent pour soutenir l’artiste

Plus tard, il rejoindra l’orchestre Super Volta de la capitale et commença sa carrière professionnelle en 1968. En 1972, il reçoit le premier prix de musique moderne. En 1976, il est à la tête du premier prix du Festival national au Burkina Faso. En 1983, Abdoulaye Cissé est lauréat du concours Découvertes RFI. Le deuxième prix musique traditionnelle à la Semaine nationale de la Culture lui est décerné en 1994. En 1996, il remporte le prix concours ACCT de littéraire pour enfants au Togo. Abdoulaye Cissé obtient en 1998, le premier prix du concours de musique Can. En 1999, l’artiste chanteur est fait Chevalier de l’Ordre de mérite Burkinabè.

Milaine Tiendrebeogo
Le Faso.net

Messages

  • Merci à l’artiste Abdoulaye Cissé.
    Je ne peux dire mieux que lui alors que l’intivté au JT de la RTB, répondant à la question de l’animatrice du jour de savoir son oeuvre qui l’a le plus marqué en tant qu’auteur de tant d’oeuvres musicales, je lui soufflais "Les Vautours".
    Il a répondu à mon vote de cette oeuvre à lui (comme il le disait si bien combien il est difficile de demander à une maman de vous dire celui parmi tous ces enfants celui qu’elle chérissait le plus ! ! ) ;
    Mais sans détours, et comme je le disais tantôt, sa monumentale oeuvre qu constitue la chanson "les VAUTOURS" est des plus remarquables, qui a marqué ma petite mémoire de jeunesse.
    Ma petite appréciation de cette oeuvre musicale est qu’elle traduit tout l’ENGAGEMENT "révolutionnaire" parce que plus que d’actualité, elle enseigne aujourd’hui comme elle instruira demain celui qui n’a pas connu "hier", hier dans language très engagé de nos patriarches qui signifie le PASSE.
    Son oeuvre est le chant d’invite à la prise de conscience de tout le MAL QUE NOUS A CAUSE LA PENETRATION COLONIALE en Afrique.
    En l’ecoutant dans le générique à la fin du film "...Il s’appelait Sankara...", elle colle avec la réalité du combat de l’HOMME african contre cet enemi exogène dont l’arrivée en terre africaine a troublé et contunue de troubler la vie paisible qui d’antant règnait sur ce continent.
    Alors, l’auteur y invite à une prise de conscience africaine ; cette chanson est un hymne au réveil, à l’éveil......

  • « « Les vautours » a fait le tour de l’Afrique. C’est une chanson qui a un contenu révolutionnaire et qui est beaucoup apprécié dans les pays comme le Bénin, la Guinée et le Cameroun. Sous la révolution d’août 1983 au Burkina, elle était considérée comme une chanson de mobilisation et de conscientisation de la jeunesse par rapport à la situation de l’Afrique. J’en ai tiré un maximum de ventes.

    Mais elle n’a pas connu de succès dans les pays occidentaux comme la France parce que c’était une chanson très critique vis-àvis des colonisateurs. Par contre, « Tomangari Djembé » , qui a eu le Prix RFI découverte 83, m’a donné une ouverture sur le plan mondial. C’est à l’Île Maurice que j’ai été recevoir mon prix. J’ai eu l’occasion de faire beaucoup de tournées et j’ai participé également au, festival de Bourges grâce à ce prix. Pendant deux ou trois ans, j’ai eu de la promotion de la part de RFI. »
    Ceci est un extrait in extenso d’une de ses interview datant de 2005-2006, réalisée par Cyr Payim Ouedraogo et Adam Ouedraogo ;
    Je ne l’avais pas lu avant de donner mon appreciation, du comment j’entendais le sens de cette monumentale oeuvre "les vautours" ; aussi, dans cette inteerview qui vient confirmer ce que je pensais (mon interprétation), elle rejoins assez bien le sens que l’auteur lui-même donne à sa chanson.
    Son inteerview revele que la chanson qui est revolutionnaire et qui construit l’Afrique, qui enseigne à l’africain la plus haute prise de conscience de son état de colonié, ravalé au rang de moins qu’une chose qui peut être vendue pour ne rapporter qu’un gain au maître colon francais plus singulièrement, le colon ne va jamais exprimer une reconnaissance d’une telle GIGANTESQUE OEUVRE en la PRIMANT ! ! c’est là toute la subtilité du combat que le colon mène contre nous ; par contre très promptement, il va primer ce qui est MOINS ENGAGE et qui appelle à la prise de conscience des peuples africains.
    Alors, et alors, notre histoire qui se falsifie sous nos yeux, nous ne devons pas accepter cela.
    Le grand savant CHEIHK ANTA DIOP de sa vie en a fait le sens de son combat et il disait entre autre qu’il l’a écrit cette falsification de notre histoire, c’est ce grand combat qui est le seul qui vaille que nous nous devons des generations et des generations, de mener, patiemment, meticuleusement, avec toute la grande foi en lui.
    NOUS VAINCRONS
    Mais il (le colon) est prompte à primer autre oeuvre qui serait moins engagée et qui ne dénonce point les effets pervers de cette IGNOMINIE qu’a été la colonisation et qu’est la néocolonisation.
    Je ne blamerai point l’artiste pour avoir accepter cette reconnaissance, ce prix.
    Mais de coeur et d’esprit avec lui, je vais affirmer très HAUT ici, que notre veritable valeur de combattant, c’est à NOUS africains qu’il revient de la PRIMER, de mettre en valeur nos HEROS, car de HEROS, ABDOULAYE CISSE en est un, mais que le sens, la trajectoire de son combat veut être détournée vers le futile comme le colon aime bien à FORMATER, à orienter ce que nous sommes en sa faveur : faire de nous des negrres-blancs.
    Nous devons éviter de nous laisser exploiter, de livrer nos cerveaux à l’exploitation de notre intelligence au service du colon.
    VIVE L’ARTISTE ET SON COMBAT QUE JE FAIS AUSSI MIEN

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