Système de rémunération des fonctionnaires : Le manque d’exemplarité au sommet corrompt les mœurs à la base

Point de vue

Publié le jeudi 7 juin 2018

Système de rémunération des fonctionnaires : Le manque d’exemplarité au sommet corrompt les mœurs à la base

Quand on a le courage de citer Thomas SANKARA, il faut aussi avoir l’audace de le vivre dans les actes.
La réforme du système de rémunération des fonctionnaires attise les feux de l’actualité. Certains y voient leurs gains en phase de se dissiper, pendant que d’autres croisent les doigts et espèrent que quelques espèces sonnantes trébuchent dans leurs portefeuilles. C’est de bonne guerre…

Les gouvernants semblent déterminer, preuve que la gouvernance #CasParCas a montré ses limites objectives. Je ne peux que devoir une fière chandelle à ces ministres qui osent dans un environnement ou chacun appelle au changement mais refuse de changer.
A lire l’actualité entre les lignes, j’entrevois également que les politiciens de carrière n’ont plus longue vie dans leur chevauchée. L’avenir appartiendra aux technocrates hardis. La jeunesse doit en tire toute la leçon : se cultiver au lieu de continuer à cultiver les jardins des ‘’ futurs retraités politiques’’.

Avec la désaffection de la population face à la question électorale, entretenue par la médiocrité des offres politiques, seuls les résultats des gouvernants battront campagne pour eux. Il convient aujourd’hui d’intégrer toute la mesure de cette exigence.
Inutile de revenir sur les ratés du passé mais je reste convaincu qu’un système qui ne se reforme pas pour s’adapter aux réalités du moment est condamnée à disparaitre. Je ne peux que souhaiter vivement que cette réforme enclenchée soit holistique afin de prendre en compte tous les segments d’une société au bord de la faillite.
C’est déjà bon que des ministres citent aujourd’hui Thomas SANKARA, mais il sera encore mieux s’ils le vivaient au quotidien.

Passons volontairement sous silence la mauvaise exécution de ces infrastructures publiques à cout de milliards qui a défrayée la chronique ces derniers tempsdont le silence des Autorités continue de donner des insomnies au ‘’peuple réel’’ et recommandons que les reformes tant attendues prennent en compte la réduction du train de vie de l’Etat, toutes ces dépenses de prestige qui donnent des vertiges aux braves populations des villes et campagnes et aux milliers de chômeurs. C’est un impératif de bon sens politique.

En lieu et place des villas et des Talismans acquis avec l’argent public au profit de quelques-uns parvenus ‘’conjoncturellement’’ à quelques postes au gré des aléas politiques, il faut ‘’structurellement’’ du pain et de l’eau potable pour tout le Peuple.

BEDA Maurice,
Citoyen burkinabè
Email : monbeda@yahoo.fr

Messages

  • Très bien pensé, analyse pertinente

  • Une jeunesse qui ose traduire fidèlement ce qu’elle pense. Nous ne pouvons que saluer.
    Mais ceux qui haïssent la vérité verront autre chose que cette parfaite traduction de notre réalité à tous

  • Bien dit. Nous tous nous voyons qu’elle fait du populisme, mais comme elle est contre les financiers tous ce qu’elle dit est vrai car le financier est mal aimé au Faso, tout le monde veut gérer, tout le monde au Faso n’aime pas la réussite de l’autre. Quand on dit fc tout le mensonge passe, quand on dit fc tous les regard s sont tournés vers la. C’est ça la politique au pays des myopes et des aigris.

  • "Le manque d’exemplarité au sommet corrompt les moeurs à la base" Cette citation mérite d’être retenue pour toujours car elle résume notre mal gouvernance
    Chapeau bas à l’auteur.

  • Parfaitement d’accord avec toi : "L’avenir appartiendra aux technocrates hardis" qui monteront hardiment dans l’arène politique pour combattre sans pitié et sans état d’âme ces politiciens qui sont arrivés en fin de parcours.

  • Plein d’enseignement, belle inspiration pleine de profondeur.
    Merci

  • Vraiment ce monsieur m’inspire et mérite respect. Même sa page facebook est une école.
    Respects

  • Quand on a le courage de citer Thomas SANKARA, il faut aussi avoir l’audace de le vivre dans les actes.
    Que peut-on ajouter de pertinent a ce bout de phrase ? Rien

  • Laisser les mal causeurs parlé mal. Les syndicats des autres ministères grèvent et sa vous dis rien ! Le syndicat du Ministère des Finances grève et sa vous fait crié sur tous les toits : que ces financiers vont mettre à plat le pays ! Souffrez donc que le Ministère des Finances soit un ministère de souveraineté ! Des egollistes

  • Laisser les mal causeurs parlé mal. Les syndicats des autres ministères grèvent et sa vous dis rien ! Le syndicat du Ministère des Finances grève et sa vous fait crié sur tous les toits : que ces financiers vont mettre à plat le pays ! Souffrez donc que le Ministère des Finances soit un ministère de souveraineté ! Des egollistes

  • En somme, vous dites 2 choses :
    * si on peut dépenser 3 milliards de FCFA amortissables sur 5 ans pour payer des voitures à des Ministres, il est justifié de dépenser 55 milliards de FADA chaque année pour des fonctionnaires déjà payés poir leur job ;

    * si tu arrives dans un pays, que tu vois les autorités utilisent les deniers publics pour payer des voitures, tu te sers aussi simplement. comme le fonds commun.

    N’est ce pas mieux de lutter, toi le sankariste ou du moins celui qui connaît la vie de Sankara, pour que les ministres n’aient pas de Talisman ?

    si tu laisses faire les ministres en payant des Talisman à 3 milliards sur 5 ans et tu enfonces gravement le clou avec un FC de 55 milliards chaque année, que va-t-il rester pour ton enfant ? Tu auras ton FC pour vivre dans des quartiers misérables ? sans routes ? sans eau non électricité ???

  • Tout ce que je peux dire, c’est que vous êtes...

  • Visiblement, il y’a un problème dans le titre de l’article.
    La suite, on comprend aisément

  • Reflexion populiste Mr Beda. Si la base devait s’engouffrer dans les mêmes dérives que le sommet pourquoi aurait il fallu faire l’insurrection ? Il fallait prendre acte de la deviance de Blaise et de son clan et faire chacun comme il veut.
    Autant nous avons la responsabilité de recadrer le sommet quand il dévie, autant nous devons dire la vérité à la base quand il le faut

  • Toute cette tension entre gouvernants et syndicats retomberait si les dirigeants avaient la petite sagesse de diminuer un peu leur train de vie pour montrer aux syndicats et à la masse populaire qu’ils prennent part au sacrifice pour relever le pays. Mais si le sacrifice n’est demandé qu’à quelques groupes alors on comprend la tension. Comment certains vont-ils se saigner pour l’intérêt d’une petite portion (les gouvernants) ?
    Tout le problème réside là.
    Qu’ils (les ministres) continuent de fermer les yeux sur la réalité et ils verront la suite

  • Promo du lycée municipal de KOUDOUGOU, vous avez dit vrai. THOMAS SANKARA joignait l’acte à la parole. IL n y’avait pas un écart entre ce qu’il disait et ce qu’il faisait. De grâce laisser ce monsieur là où il se trouve car entre lui le pouvoir du MPP et acolytes c’est le jour et la nuit. THomas SANKARA était farouchement hostile à une chose : l’injustice sociale . Concernant la remise a plat la présidence du Faso, les présidents d’institutions, les corps paramilitaires, les magistrats... ne sont pas concernés. Pourtant ces sont corps qui absorbent énormément l’argent du pays. Au nom de quoi ceux ci sont exclus.C’est de l’injustice sociale c’est pourquoi la CGT et la coordination des syndicats de la fonction publique se démarquent de cette conférence qui semble être un leurre. L"INJUSTICE SOCIALE EST LA MÈRE DE TOUS LES PROBLÈMES DANS LE MONDE

  • Il faut que ce gouvernement comprenne une chose : c’est pas votre bétail électoral qui est au village qui s’insurge pour chausser les régimes mais plutôt les fonctionnaires et les petits commerçants qui vont vous faire partir. Rappelez-vous des dates inoubliables du 3 aout 1966 et 30 octobre 2014. Allons seulement !!

  • Je vous en prie laissez SANKARA se reposer en paix parce que dans ce pays il n’y a SANKARA nul part ! Chacun prêche pour sa chapelle. Il est temps que vous pensez à votre propre idéologie. Laissez le Monsieur en paix

  • Thomas SAnkara était conséquent avec lui même. Il n’avait pas négocié un salaire qui serait de 8 000 000 FCFA et n’avait pas non plus soupé à la table du fonds commun. Avant de se comparer à lui il faut s’assurer d’abord d’être propre. Tout ce que le ministre de l’économie tente de faire, c’est de manipuler l’opinion publique pour paraitre celle qui veut le bien du peuple et les agents du ministère comme des diables. Qui sont ceux qui boivent en premier le champagne ?

  • Tout ce que je souhaite que cette crise ne soit pas transportée dans un palais royal ou chez les religieux comme d’habitude. Depuis que Rock est arrivé au pouvoir le Faso est devenu un véritable boulevard où les gens vont et reviennent comme des fous. face à la crise actuelle Rock à deux choix : soit entrer dans l’histoire des grands hommes du FASO ou sortir par la petite porte et se faire oublier à jamais. Mais le connaissant il va opter pour le deuxième choix car il ne sait pas faire la différence entre ce qui est et chaud et ce qui est froid

  • Tout à fait d’accord avec vous. Quand on est appelé à prendre une décision pour régir le fonctionnemet d’un groupe dont on est responsble, il faut que l’exemple vienne de vous même. vous n’aurrez pas trop de mal à faire accepter la décision à la majorité des membres du groupe et vous pourrez aussi l’imposer si nécessaire à la minorité qui resiste. Dans le cas contraire, vous allez échouer à accomplir votre mission. Si par extraordinaire, vous arrivez à l’imposer contre la volonté de ceux qui doivent mettre cette décision en oeuvre, il faudra aussi compter sur leur mauvaise foi. vous n’atteindrez jamais le résultat souhaité.

  • Tout à fait d’accord avec vous. Quand on est appelé à prendre une décision pour régir le fonctionnemet d’un groupe dont on est responsble, il faut que l’exemple vienne de vous même. vous n’aurrez pas trop de mal à faire accepter la décision à la majorité des membres du groupe et vous pourrez aussi l’imposer si nécessaire à la minorité qui resiste. Dans le cas contraire, vous allez échouer à accomplir votre mission. Si par extraordinaire, vous arrivez à l’imposer contre la volonté de ceux qui doivent mettre cette décision en oeuvre, il faudra aussi compter sur leur mauvaise foi. vous n’atteindrez jamais le résultat souhaité.

  • Bien dit, j’espere que la suite arrive,
    Bien dit, j’espere que la fin du tunnel est proche

  • Internaute YAM, l’aigri c’est bien toi ! Penses-tu être plus méritant que les autres fonctionnaires ? Le Fonds Commun, personnellement je n’en ai rien à foutre. Ce que je réclame en tant qu’agent public, c’est que A DIPLOME EGAL = SALAIRE EGAL. Renseignes-toi auprès des autres départements ministériels et tu auras une idée de la manière dont les ’’fameux financiers’’ traitent les collaborateurs non financiers : mépris, manque de respect à outrance. Tu dis quoi lorsque des DAF vont jusqu’à décider de la pertinence des activités des directions générales ? On vous envoie pour accompagner la mise en oeuvre des activités des départements ministériels et c’est vous vous devenez ceux qui décident de ce que chaque direction, chaque service va mener comme activité ! Le myope dont la myopie va finir bientôt, c’est toi et tous les autres financiers zélés !

  • Bien dit Mr Beda.
    Nos soient disant leaders politiques gouvernent théoriquement, la pratique a toujours été à la manière de l’impérialisme français.Mais le peuple je dis bien peuple voltaïque veille.

  • Toutes analyses de la situation actuelle de la crise qui tentent de séparer le comportement des bénéficiaires des FC de celui des autorités n’est que de la malhonnêteté intellectuelle.Un gouvernement peut être corrompu et d’ailleurs c’est ce que nous rencontrons sous nos cieux en Afrique,mais qu’un syndicat rouge dit de gauche demande de légaliser le produit de son braquage des derniers publiques c’est du jamais vue.Et tout écrit qui consiste à faire abstraction de cette ignominie pour se braquer uniquement sur le comportement des autorités ,c’est faire preuve de légèreté.Surtout que le pot au rose a été découvert et au lieu de faire profil bas on engage un bras de faire.

  • J’ai confiance le sommet va donner le bon exemple.Le fait même de vouloir discuter de la répartition des salaires est déjà un bon exemple. Pour qu’il y ait "structurellement, du pain et de l’eau potable pour tout le peuple". Je propose pour atteindre cet objectif la création du F.C.I.N qui veut dire Fond Commun d’Investissement National. Ce fond sera la récupération de tous les FC. le 1/3 sera donné comme 13ème mois à tous les fonctionnaires et les 2/3 pour construire des routes, des écoles, des centres de santé et autres... pour tous les burkinabè. Ainsi les FC seront vraiment des Fonds Communs au sens littéral de l’expression.

  • en voila un debat de pauvre au lieu de se battre pour s’en sortir avec des projets individuels les gens se battent pour klk billets lamentable

  • En réalité, le vrai peuple, silencieux dans sa majorité est pris en otage depuis la disparition de FEU THOMAS SANKARA tantôt par des politiciens qui puisent leur bien être de la misère de cette population et quelques fois par quelques fonctionnaires véreux qui, ne pouvant pas atteindre la soupe des Dirigeants se sont contentés des ces avantages ça et là au détriment de nos braves populations.
    Pour me comprendre, lisez attentivement
    1- A la mort de THOMAS SANKARA, blaise compaoré a mis en place un régime sanguinaire de répression et a fait taire toute voix discordante. Si bien que les honnêtes citoyens et les élites de ce pays se sont mués dans un silence de mort. Conséquence on a laissé la politique aux médiocres et aux gens sans intelligence et sans loi décider à la place de tous. N’ ayant aucune voie de développement à proposer au peuple et soucieux de garder leurs privilèges il faut diviser pour mieux régner : Des RSP par ci, des Fonds communs et autres avantages à quelques minorités par là...
    Tout le monde voyait l’injustice qui était érigée en mode de gouvernance mais personne n’osait dire mot même pas les coutumiers et les religieux qui devraient être les garants d’une société juste.
    Au point que feu NORBERT ZONGO disait que le mal ce n’est le fait des gens mauvais mais le silence des gents bons. Il ajoutait en disant qu’un changement au burkina ne pouvait venir que d’une dislocation du cdp. Dieu ayant le dernier mot sur terre, le cdp se disloque.
    2- Révolté de subir l’injuste d’un clan le peuple organise son insurrection en 2014 par la grâce divine pour se redonner espoir. (Je dis bien grâce divine parce que tout le monde voulait le pouvoir sauf mon très chèr MBA Michel que je salue au passage pour son sens élevé de patriotisme.) Il était resté encore quelques années au pouvoir sans les ZIDA et autres que le pays se serait mieux porté.
    3-Ajjourd"hui comme hier le peuple est encore en otage entre le CDP d’hier et le MPP aujourd’hui entrain de subir les rages des fous d’Allah. Les premiers affirmant que le terrorisme prendra fin si eux prennent le pouvoir. Ce n’est peut être pas faux si l’on connait la cause mais dans tout cela c’est le peuple et les citoyens honnêtes qui sont les victimes de ce terrorisme.
    3-il faut enfin que les gens du FC comprenne une chose. Même le RSP a été dissout ou s’est laissé dissoudre pour l’intérêt supérieur de la nation. Je dis bien s’est laissé dissoudre parce que quelques irréductibles pouvaient résister jusqu’à la dernière goutte de sang.
    Nous qui avons tous décrié les pratiques de blaise et qui l’avons chassé ne pouvons pas vouloir un changement et ne pas accepter un sacrifice.
    Il faut garder en permanence à l’esprit qu’aucun être humain ne peut avoir un avenir dans un pays qui n’en a pas. A qui va servir le FC si nous n’avons pas d’écoles pour nos enfants, si nous n’avons pas de bons maîtres pour eux ? si nous n’avons pas hôpitaux équipés de bons matériels au points d’évacuer nos malades vers l’extérieur à des coûts de millions ?
    Si nous n’avons pas de routes pour rejoindre nos luxueuses villas que le FC a construit. Evitons de nous satisfaire simplement parce que nous sommes mieux que le voisin qui n’a d’autre choix que d’élever des porcs pour subvenir à ces besoins vitaux. Dans tous les cas mêmes dans nos villas cossues nous ne pourrons nous empêcher de respirer les odeurs que l’élevage des porcs du voisin produit. Faisons ensemble que l’Etat puisse disposer des ressources pour nous fournir à tous le bien être minimum.
    Aux gouvernants, comme on le dit le poisson pourrit pas la tête. Pendant que vous êtes entrain de vouloir réduire les avantages indûment perçus par quelques uns, vous ne pouvez pas dans le même temps acheter des véhicules de luxe. C’est en cela qu’en citant THOMAS SANKARA, je ne suis pas d’accord Mme ROSINE COULIBALY qui ne se soumet pas à ce exercice de sacrifice. SANKARA l’a fait brimant au passage les membres de sa propre famille.
    QUE DIEU BENISSE NOTRE CHER PATRIE EGAREE.
    Amen

  • Je pense que nous avons la memoire trop courte. Je retrouve dans la ’’crise’’ actuelle la meme cause que celle au bout de laquelle le regime précédent a été dechu. Pour rappel sur le plan légal, rien ne s’opposait a la modification de l’article 37. C’est surtout la légitimité de l’acte qui posait probleme. Faisons le parallelisme avec la ’’crise’’ actuelle en commencant par l’attitude du gouvernement car Je partage l’avis que le manque d’exemplarité au sommet corrompt les moeurs a la base. ’’Tout peuple mérite ses dirigéants’’ dit l’adage mais inversement ’’tout dirigeant mérite la réaction de son peuple’’. Revenons a notre parallélisme. Le gouvernement avait il le droit de s’offrir des véhicules de luxe ? absolument. Etait ce légitime dans un contexte d’insécurité grandissante, de chomage, de famine et de paupérisation ? pas si sur. Les syndicats ont ’ils le droit d’aller en greve pour de meilleures conditions de vie et de travaille ? absolument. Cependant, au vu de la situation nationale, l’idée que quelques agents revendiquent des montants qui pourraient servir a sortir du chomage, de la famine et de la misere des milliers de personnes est il légitime ? Pas évident. J’invite a la méditation sur cette parole de sagesse du professeur Tariq Ramadan : ’’Quant on vit en société il ne s’agit pas seulement de savoir ce que la loi permet mais également ce que les sensibilités recoivent’’.

  • A Tel-Aviv (Israël) où je vis depuis un bout de temps, je me rends compte que mon pays est condamné à végéter dans la pauvreté et la misère. Le problème de notre pays, le Burkina, c’est que ses « intellectuels » souffrent d’une pauvreté mentale, d’une misère morale, d’un sadisme immodéré à l’encontre de leur propre pays. Les plus lettrés, pompeusement appelés « intellectuels » sont les plus faux, les plus égoïstes et egocentriques du pays.

    Le Burkina Faso est plus riche qu’Israël sur tous les plans. Mais les Israéliens sont moralement, mentalement plus riches que les Burkinabè. Et Israël reste aujourd’hui une grande puissance. L’Israélien pense pays, pense national dans tout acte qu’il pose. Le Burkinabé pense moi, pense égo dans tout acte qu’il pose tant et si bien que nos centrales syndicales ne sont rien d’autre que l’expression vivante des comportements déformés, malformés et anti-national.

    Pour comparer seulement nos syndicats burkinabè à ceux d’Israël, regardez le contraste. Les syndicats israéliens ont assez investi dans l’économie (transport, unités industrielles, hôtellerie) dans le social (des hôpitaux, des écoles et des universités) pour contribuer au développement de leur pays au-delà des grèves spontanées et sans fondements du Burkina.

    Montrez-moi un syndicat qui a construit des hôpitaux, des écoles (ne me parlez pas de l’EDP), des unités industrielles au Burkina. Pourtant, ils reçoivent de nombreux financements qui servent génialement à contribuer à la solidification des villas des secrétaires généraux. Et la cotisation des membres et autres subsides ?

    En 30 ans, les syndicats israéliens ont lancé 15 fois des mots d’ordre de grève, soit une grève chaque deux ans. Je dis bien en 30 ans. Et au Burkina ? En 2014, les syndicats israéliens avaient un seul mot d’ordre de grève : la diminution du train de vie du gouvernement. Au Burkina, on grève tous les jours pour des fonds communs ; on sacrifie des malades à l’hôpital pour grève parce qu’un militant a des problèmes avec la justice. En Israël et au Ghana (voisin de mon pays) où j’ai vu des professeurs d’université, des médecins, etc. qui à leur temps libre deviennent des menuisiers, des maçons, des libraires. En Israël, il n’y a pas de fonctionnaire qui n’a pas un second emploi de son choix. Au Burkina, notre second emploi, c’est la bière et la femme. Et après, c’est le gouvernement, le concentré de notre malheur.

    Posons-nous cette question : pourquoi les syndicats ont combattu Sankara pour le conduire à la chute ? Parce qu’il a fermé toutes les voies de facilité, de vol, de pillage, de corruption et autres. Et Blaise qui a bien compris l’esprit burkinabè a ouvert les vannes, favorisant la création de la CGT-B en 1988 par le Front Syndical et le MBDHP en 1989. Si on aime le Burkina, qui des deux (Sankara et Blaise), les syndicats devraient-ils « accompagner » ?

    En Israël, les syndicats sanctionnent les militants, certains y sont exclus pour mauvais comportements. Un syndicat burkinabè a-t-il une seule fois sanctionné un de ses membres pour mauvaise pratique ? Les syndicats burkinabè sont comme le grand marché de Rood-woko, ouvert à tous, même aux bandits de grands chemins, pourvu que le syndicat gagne, on s’en fout du reste ! Le reste, c’est le pouvoir qui n’est pas bon !

    Pourtant, un syndicat a aussi la mission d’éduquer, de former et d’être un acteur du développement. Plusieurs décennies, nos syndicats ne sont même pas parvenus à construire un dispensaire. Tout ce qu’ils savent c’est une phraséologie anti-gouvernementale. Quand ils ont l’occasion de gérer des fonds, ils deviennent pires que ceux qu’ils ont combattus hier. L’exemple de l’Union Inter-africaine des Droits de l’Homme (UIDH) reste un bel exemple de pillage.

    Pour peu qu’on soit sérieux, aucun argument ne puisse être convaincant dans la problématique de la défense des fonds communs. Ils sont simplement et purement à supprimer. Un point, un trait. Ou, dans le cas le moins condamnable, ils peuvent être repartis à l’ensemble des travailleurs car c’est un travail collégial qui favorise la collecte des fonds communs. Qu’un syndicat défende autre chose, cela dévoile la vraie face hideuse.

    Une petite confidence, un responsable syndical israélien d’une firme agroalimentaire à qui j’expliquai les fonds communs au Burkina ne m’a jamais crue, me traitant, sous mots voilés, de menteuse. Il me dit qu’aucun pays n’accepterait ça. Et pourtant, cela se passe dans mon pays. Depuis plus d’un mois, je ne suis pas parvenue à le convaincre. C’est ça aussi les réalités quand elles ne sont pas siennes.

    A tous ceux qui, en sécheresse de raisonnement, qui pensent que nous défendons un pouvoir, lisez nos posts antérieurs. Rien n’interdit qu’à une situation donnée, je puisse avoir un même avis que mon contradicteur. Cependant, s’il était donné l’occasion à certains de changer de position par l’effet sonnant du pouvoir, c’est n’est pas évident que nous soyons parmi les premiers. J’ai la conviction que ceux qui nous traitent d’agent du pouvoir seront les premiers à l’être.

    Ecoutons nos cœurs et nos raisons : notre pays est en panne parce que nous ne l’aimons qu’en discours et non en acte. Qu’on soit du pouvoir, de l’opposition ou des syndicats !

    Sylvie Somda

  • C’est déjà un pas de gagner si tu as compris que tu es corrompu par le sommet !
    Courage !

  • Très belle analyse de Mme depuis Israël. La réalité et le désir de justice triopheront et c’est pour bientôt.

  • Très belle analyse de Mme depuis Israël. La réalité et le désir de justice triopheront et c’est pour bientôt.

  • Très belle analyse de Mme depuis Israël .Les Burkinabé prendront conscience de cette injustice qui ne dit pas son nom

  • Vous avez réussi a résumer le problème de nos Etats.
    Il est temps que ces ministres continuent dans leur elan de reforme pour plus de vertu.

  • Nous avons élu des gens que nous connaissions bien pourtant et le peuple Burkinabé dans sa majorité à dit qu’il fait confiance au MPP pour bien géré le pays. VOILA !...Alors laissons faire, jugeons au résultat et soyons comptable de nos choix EN 2020...Une chose est sur, ce suicide collectif qui se profile à l’horizon avec des grevés perlées suscite des interrogations et des inquiétudes..Quand est ce que nous allons finir d’achever et liquider notre économie, notre pays tout entier et jeté les millions de jeunes Burkinabé innocents sur les routes de l’exile ? La satisfaction illico presto des intérêts égoïstes de la minorité semble être une priorité.La vache à lait va certainement crever du fait du ponctionnement excessif et sans retenu de ses fils privilégiés...elle est déjà à l’agonie et a ses limites admissibles ..Malheureusement chacun se dit être en lutte et veux tirer les plus gros lot du petit gâteau...En lutte contre qui ? Quand la bêtise s’empare d’un groupe il court de façon irrésolue à son déclin et les mises en garde ne saurais le ramener à la raison..On a rompu le dialogue, valeur sure de nos aïeux, les positions sont extrêmes. Tous les coups semblent permis et l’intelligence émotionnelle nécessaire à la gestion de telle situation semble également avoir pris congé des protagonistes. A ce jeu de tiraillement jusqu’au-boutiste, j’implore le tous puissant pour que la calebasse Burkina Faso ne se brise...

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