Sport : Elodie Somé, l’étoile montante de l’arbitrage féminin au Burkina

LEFASO.NET | Yvette Zongo

Publié le jeudi 7 juin 2018

Sport : Elodie Somé, l’étoile montante de l’arbitrage féminin au Burkina

Après avoir arbitré deux Coupes d’Afrique des nations (CAN) de football féminin en 2014 et 2016 et été présélectionnée pour arbitrer la Coupe du monde séniore féminine en 2019, Elodie Somé se présente aujourd’hui comme l’étoile montante de l’arbitrage féminin au Burkina. Ses collègues la décrivent calme, sereine et beaucoup travailleuse. Ayant fait ses premiers pasen 2009, cette arbitre assistante ambitionne un jour d’officierdans des compétitions mondiales et de figurer parmi les meilleurs arbitres féminins. Allons-y donc à sa découverte.

Lefaso.net : Présentez- vous à nos lecteurs

Elodie Somé (E.S.) : Je suis Elodie Somé, arbitre assistante de football à la Commission centrale des arbitres (CCA) du Burkina. J’officie des matchs masculins en première division, en coupe du Faso et des matchs féminins. Parlant de mon parcours académique, il faut dire que j’ai eu un baccalauréat série A obtenu au lycée mixte d’Accart-ville de Bobo-Dioulasso et une licence en Lettres modernes, obtenue à l’Université Ouaga 1 Joseph-Ki-Zerbo.

Lefaso.net :Dites-nous, qu’est-ce qui vous a motivé à choisir l’arbitrage, quand l’on sait que c’est un métier connu comme un métier d’hommes ?

E.S. : Avant de venir dans l’arbitrage, il faut dire que j’aimais déjà le sport, parce que j’étais athlète. Et durant mon cursus secondaire à Bobo-Dioulasso, j’étais bien en sport et mon enseignant d’Education physique et sportives (EPS), BoukaryNaco,qui était arbitre, m’a conseillée d’aller m’essayer à l’arbitrage.
Pour lui, mon physique et mon endurance pouvaient me permettre d’y faire une bonne carrière. Et c’est ainsi que je suis arrivée à l’arbitrage en 2009, après l’obtention du BAC. Et c’est donc à partir de cette période que j’ai réellement commencé à arbitrer des matchs.

Lefaso.net : Vous disiez que vous avez une licence en Lettres modernes. Cela suppose que vous n’aviez pas eu auparavant une formation en arbitrage mais vous arbitriez des matchs. Dites-nous, comment cela s’explique-t-il et parlez-nous de votre intégration à la Commission centrale des arbitres (CCA)

E.S. : Vous savez que l’arbitrage au niveau du Burkina Faso n’est pas encore au stade professionnel. Cela veut dire que les arbitres sont recrutés parmi des travailleurs ou des étudiants ou élèves et que la formation se fait de façon non-formelle par la CCA et au sein des Commissions régionales des arbitres (CRA). C’est d’ailleurs de cette façon que j’ai été recrutée par la CCA à partir de la CRA de Bobo-Dioulasso. Et à l’intérieur, nous avons reçu une formation initiale et des formations continues sous forme de stages nationaux et internationaux qui nous ont permis de nous ‘‘professionnaliser’’.

Lefaso.net : Cela fait déjà quelques années que vous êtes arbitre. Quelle appréciation faites-vous de ce métier ; est-ce que l’arbitrage nourrit son homme au Burkina Faso ?

E.S. :(Sourire). Je vais être franche avec vous : pour le moment, l’arbitrage ne nourrit pas son homme au Burkina Faso. Il faut savoir que l’arbitrage n’est pas un métier à temps plein et l’on n’a pas un salaire fixé à la fin du mois mais plutôt des contrats signés à des saisons, c’est-à-dire que c’est en fonction des matchs arbitrés que vous êtes payés. Et vous voyez que notre football, en particulier le football féminin, n’est pas encore très développé pour qu’on puisse être sollicité à chaque instant. C’est donc notre passion et notre amour pour le métier qui nous poussent à poursuivre. Moi, je ne travaille pas pour l’argent. Je travaille parce que je suis passionnée par quelque chose et je me dis que quand on est passionné par quelque chose, on ne voit plus le côté argent mais plutôt sa passion.

Lefaso.net : Quels sont vos projets ?

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Elodie Somé, Arbitre assistante du football féminin burkinabè

E.S. :J’ai eu la chance d’être présélectionnée pour la Coupe du monde féminine prochaine en 2019 et mon projet sportif y est consacré. Je veux vraiment me consacrer à cette Coupe du monde afin d’être dans la liste définitive et d’aller bien représenter mon pays. Et cela veut dire qu’il me faut travailler constamment pour rester performante jusqu’à la sélection définitive. Je suis donc consacrée à ce projet et je travaille à rester toujours performante jusqu’à ce que je sois retenue.

Lefaso.net : Comment les joueuses apprécient-elles votre arbitrage, en tant que femme ?

E.S. : À ce niveau, il faut dire que, je n’ai pas de problème particulier avec les filles, parce que sur le terrain, on n’est pas considéré comme une femme mais plutôt comme arbitre. Et donc elles n’ont aucune motivation à mal se comporter avec moi, parce que je suis une femme. La relation se passe plutôt bien. Concernant les critiques, ça c’est partout mais pas parce qu’on est femme. Lorsqu’il y a un match, l’équipe perdante accuse toujours l’arbitre d’avoir mal arbitré et c’est comme ça partout.

Lefaso.net : Comment vous vous sentez au milieu de tous ces hommes ? Est-ce que vous êtes discriminée ?

E.S. : Il faut dire qu’au sein de la Commission centrale des arbitres (CCA), nous entretenons une bonne relation. La collaboration se passe bien, je l’assure. Parmi la dizaine de femmes que compte la commission, personne ne peut dire qu’elle est discriminée parce qu’elle est une femme, il n’y a pas de discrimination. Et je ne dis pas cela parce qu’il faut le dire, la preuve en est que, on me permet d’arbitrer des matchs de la 1re division des hommes, qui est le niveau le plus élevé au Burkina Faso.

Lefaso.net : De quoi êtes-vous fière lorsque vous regardez votre parcours ?

E.S. : De ce que je suis fière aujourd’hui, c’est ma participation à la Coupe d’Afrique des nations (CAN) féminine de 2016. J’avais souhaité rester jusqu’à la fin de la compétition et aussi avoir une médaille. Et c’est ce qui s’est réalisé à la fin donc j’en suis fière.

Lefaso.net : Quels sont les grands rêves que vous souhaitez réaliser ?

E.S. : Arbitrer un match comme je le fais déjà est considéré comme la réalisation d’un de mes rêves mais comme l’on aime à le dire, il faut rêver grand ; moi je souhaiterais participer à la Coupe du monde 2019 qui aura lieu en France et également participer à d’autres grandes compétitions. En plus de cela, je souhaiterais être parmi les meilleurs arbitres femmes du monde.

Lefaso.net : Il y a des filles qui vous admirent et aspirent à devenir comme vous. Qu’est-ce que vous pouvez dire à ces filles ?

E.S. :L’arbitrage, comme tout autre métier, nécessite vraiment un dévouement, un sacrifice et un don de soi l. Et à cet effet, ce que je peux dire à ces filles, c’est de travailler à ce que leur rêve se réalise. Et cela ne peut se faire qu’à travers le travail, rien que le travail, il faut qu’elles soient courageuses et qu’elles sachent ce qu’elles veulent et tout va bien se passer ».

Interview réalisée par Yvette Zongo
Lefaso.net

Messages

  • Chapeau, Elodie ! ça s’appelle vraiment, comme tu le dis dans ta conclusion, savoir se fixer des objectifs, savoir ce que l’on veut tout simplement ! Félicitations et bonne chance pour tes futurs rêves ! Bonne suite de carrière !

  • Courage promotionnaire. Puisse DIEU soit avec toi pour relever tes défis et rehausser l’image du pays dans ce domaine.

  • Je te souhaite beaucoup de courage promo. Puisse DIEU t’assister pour relever ses défis et représenter valablement notre cher pays. Merci.

  • courage à toi Sophie et bonne chance pour ta carrière, tu fais notre fierté que le Tout puissant te guide , te protège et t’éclaire dans l’humilité et la modestie

  • Merci pour cet article. Dommage, on ne fait jamais la promotion des arbitres. Toujours incognito. Jamais récu par un ministre. Meme s’il y’a quelques années exceptionnellement les frères Pare ont eu la baaraka dans les médias, il est grand temps aussi que des arbitres qui participent à des compétitions de très haut niveau soit aussi valorisé, reçu en grande pompe jusqu’à la présidence et reçoivent les avantages et les honneurs qui sont donnés aux joueurs. Ceci aussi est un aspect qui contribuera à motiver encore plus les officiels à s’améliorer et à faire de belles performances.

  • Courage et bon vent à toi. C’est une fièrté pour le Faso.

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