Recrutement à la CNSS : L’opposition politique demande un audit rigoureux

LEFASO.NET | Par Edouard SAMBOE (stagiaire)

Publié le mercredi 11 juillet 2018

Recrutement à la CNSS : L’opposition politique demande  un audit rigoureux

Le Chef de file de l’opposition politique (CFOP) a tenu sa traditionnelle conférence de presse hebdomadaire, le 10 juillet 2018, à Ouagadougou. L’honneur est revenu à Amadou Diemdioda Dicko, président par intérim de l’Union pour un Burkina nouveau (UBN) et à Mamadou Kabré, président du PRIT-Lannaya, d’animer cette rencontre avec les Hommes de médias. Ils n’ont pas manqué de fustiger la gestion du pouvoir du MPP, notamment sur les questions relatives à la diplomatie, l’enseignement supérieur et la solidarité nationale. Sur les polémiques liées aux recrutements à la CNSS, les conférenciers demandent un audit afin de lever toute suspicion.

Pour cette nième conférence de presse, quatre points étaient à l’ordre du jour, à savoir : la conférence des ambassadeurs du Burkina ; la situation des universités publiques ; les soupçons de fraudes au recrutement de la CNSS (Caisse nationale de sécurité sociale) et « la décision de la ministre de la Solidarité nationale, présidente du CONASUR, de ne plus assister certaines victimes d’inondations ».
Concernant la conférence des ambassadeurs du Burkina qui s’est déroulée du 4 au 6 juillet 2018 à Ouagadougou (http://lefaso.net/spip.php?article84367), Amadou Diemdioda Dicko, le président par intérim de l’Union pour un Burkina nouveau (UBN), n’a pas manqué de relever que « depuis l’ère MPP, c’est la première qui a enfin eu lieu ». « Pourquoi, cela ne s’est pas fait plus tôt au regard du rôle important assigné à nos représentants diplomatiques à l’étranger ? », s’est-il interrogé M. Dicko.

Il voit donc en cette conférence « une réunion à mi-parcours du mandat du président-candidat (…) pour faire le point des actions et des difficultés et c’est ce qui justifie qu’on continue à multiplier des représentations diplomatiques ». Pourtant, selon lui, la seule façon d’avoir « une diplomatie digne, intègre et fière » serait de renforcer celles présentes et leurs moyens d’action.

Sur la situation des universités publiques du Burkina, le conférencier note que 96 000 candidats passent le baccalauréat au cours de cette année. Mais il a déploré le fait que les conditions d’études empirent d’année en année. « Les principales universités publiques sont malades de la mal-gouvernance généralisée, des nominations par copinage politique, de l’inadaptation du système LMD, etc… », Soutient-il.
Au-delà de tous ces problèmes qui empêcheraient les étudiants de s’adapter aux curricula changeants viennent s’ajouter les difficultés d’accès à l’informatique, le système d’inscription et d’octroi de FONER (Fonds national pour l’éducation et la recherche).

M. Dicko s’interroge alors avec ironie sur la promesse de campagne du candidat Roch Mark Christian Kaboré « de subventionner à concurrence de 40% l’acquisition du premier ordinateur des étudiants du cycle Licence ». Puis, se demande-t-il, « où va le système universitaire sous le règne du MPP ? ». Enfin, il a souhaité que « les bourses entières soient une réalité afin de réduire le calvaire des travailleurs et des apprenants ». Par cette interpellation, l’opposition politique se présente comme le « porte-voix des étudiants et des enseignants ».

Le troisième point abordé concernait les soupçons de fraudes au recrutement de la CNSS (Caisse nationale de sécurité sociale). Le président du PRIT-Lanaya, Mamadou Kabré, a rappelé la conférence de presse de la CGT-B qui avait qualifié de non-transparent le recrutement récent de 85 agents administratifs pour le compte de ladite caisse.
L’opposition politique, tout en se gardant d’entrer dans « cette polémique », rappelle le rôle de la CNSS et demande à la direction générale un audit rigoureux sur le recrutement en question, ce qui éviterait de ternir l’image de l’institution.

« La décision de la ministre de la Solidarité nationale, présidente du CONASUR, de ne plus assister certaines victimes d’inondations » était le dernier point de la conférence de presse.
Le président du PRIT-Lannaya n’a pas manqué de rappeler que l’opposition politique a pris connaissance d’une lettre datée du 27 juin 2018 de la ministre en charge de la Solidarité nationale, informant que le CONASUR n’interviendra pas cette année dans les zones inondables dûment identifiées pour la gestion des mêmes situations.

Pour l’opposition, il s’agit d’une fuite de responsabilité et une insulte aux citoyens. Car les concitoyens ne le « font pas de gaieté de cœur », à en croire M. Kabré. Il y voit une conséquence de « l’échec politique en matière d’urbanisme et de prévention de risques ».
Cette décision serait prise en méconnaissance de la loi n°012-2014/AN du 22 avril 2014 relative à la prévention et la gestion des catastrophes humanitaires, estime Mamadou Kabré.

Edouard SAMBOE (stagiaire)
Lefaso.net

Messages

  • Vivema une fouille minitieuse dans cette structure, de tels agissements sont depassés et il faut vite situer les responsables et infliger les sanctions a la rigueur.

  • A ce qui ressort du CONASUR, je pense qu’ils ont pleinement raison. De mon point de vue il ne faut qu’on encourage la mendicité ou des personnes qui ne veulent pas prendre leur destinée en main. Soyons réaliste on ne construit pas un pays avec ces comportements.

  • Pour ce qui est de la décision sur la CONASUR, je félicite le gouvernement pour son courage et son sens élevé de la responsabilité. Il faut que chacun s’assume. Dans nos villages, des familles sont sinistrées mais elles se débrouillent pour vivre. Non à l’assistanat. Le gouvernement doit aider les pauvres sans pour autant faire la promotion de la pauvrété de l’irresponsabilité et de l’inconscience.

  • Messieurs les conférenciers, vous proposez quoi comme solution pour résoudre le problème de la non assistance de certaines victimes d’inondation ? Soyons sérieux, si vous étiez aux affaires vous ferrez quoi ? Moi je propose que l’état donne un délai à ces gens de quitter les zones d’inondation dans un délai donné. Une fois ce délai passé, faites venir des engins (bull, pelle chargeuse, niveleuse) et vous rasez toutes les zones et on n’en parle plus. Ceux qui y résident doivent avoir honte tout en sachant qu’ils ont été attributaires de parcelles à Yagma, etc.....

  • Pour la question de la CNSS, les magouilles dans les recrutements sont toujours denoncées. Je pense qu’il serait mieux l’ANPE soit cbargée du recrutement de toutes les Sociétés d’Etat. Il y a déjà des structures qui confie leur recrutement et il n’y a pas de bruit.

    • Mon frère, la magouille a commencé depuis l’ANPE. renseigne toi et tu saura. Même la CNSS a passé par l’ANPE...

  • La CNSS est née avec ça. Il y a même des retraités qui y travaillent sous prétexte qu’ils ont l’expérience irremplaçable. Il y a eu des concours chèrement payés par les candidats (5000f cfa pour frais de dossiers) qui n’ont jamais eu de résultats. On connaît ; mais il y a souvent peur de se faire des ennemis gratuits dans un monde d’impunité.

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