Rassemblement pour la démocratie et le socialisme : Le congrès ordinaire a failli virer au pugilat

LEFASO.NET | Par Dimitri Ouédraogo

Publié le lundi 8 octobre 2018

Rassemblement pour la démocratie et le socialisme : Le congrès ordinaire a failli virer au pugilat

Le parti Rassemblement pour la démocratie et le socialisme (RDS) avait convoqué, ce samedi 6 septembre 2018, son 3e congrès ordinaire. Seulement, en lieu et place de cette activité, c’est un comité de crise qui a été installé. Deux camps s’opposent. L’aile du président du bureau, François Ouindlassida Ouédraogo, et celui du Dima de Boussouma, président d’honneur du parti.

Le Rassemblement pour la démocratie et le socialisme (RDS) est en crise. C’est du moins ce qu’on peut constater dans le fonctionnement de ce parti. Ce samedi 6 octobre 2018, normalement, le parti devrait tenir son congrès ordinaire. Mais une fois sur place, le lieu du congrès est pris d’assaut par les militants. La police nationale était chargée de filtrer les entrées de l’ABMAQ, lieu de la rencontre. Ce qu’on a pu constater, c’est que les partisans du Dima de Boussouma, l’unique député du parti, n’avaient pas droit à la salle. Les chefs coutumiers venus pour la circonstance ont été empêchés d’y avoir accès.

L’accès des locaux leur étant refusé, les partisans du Dima de Boussouma ont à leur tour interdit l’entrée aux partisans du président du parti. S’ils ne peuvent pas participer aux activités, c’est que les autres non plus ne vont pas y prendre part. Cette menace a été mise à exécution sur le président lui-même. Arrivé sur les lieux, après avoir dépassé la portière, il a été rattrapé et ramené de force dehors. Un des membres du comité d’organisation de l’activité, partisan de François Ouédraogo, a intimé à la presse l’ordre de se retirer. Jacob Badolo ira même jusqu’à dire aux journalistes que les images qu’ils prennent, ils le font à leurs risques et périls.

Les partisans du Dima estiment que le président n’en fait qu’à sa tête. Il ne respecterait pas les textes du parti. Pis, il a sanctionné de facto quatre militants. Il s’agit du maire de Boussouma, Karim Ouédraogo, par ailleurs secrétaire général du parti ; du responsable des jeunes, Saidou Ouédraogo ; du chargé de communication, Waliou Adeguerou ; et du responsable à l’organisation, André Zidouemba. Les chefs coutumiers l’accusent aussi de les avoir traités de « voyous » dans un organe de presse de la place.

Après des négociations, les militants ont pu accéder à la salle. Mais en lieu et place d’un congrès, c’est plutôt une réunion qui a été initiée en l’absence du président du bureau. Le comité d’organisation du congrès s’est aussi retiré. L’assemblée a alors suggéré qu’un bureau soit mis en place pour gérer la crise. Au nombre de six, les membres de ce bureau ont deux mois pour produire leur rapport et convoquer le 3e congrès ordinaire. Pourtant, le thème du congrès était « Situation au sein du RDS, bilan et perspectives. Ensemble changeons de mentalités pour changer le Faso ». François Ouindlassida Ouédraogo survivra-t-il à la crise ? Attendons de voir.

Dimitri OUEDRAOGO
Lefaso.net

Messages

  • Mes chers on ne cesse de vous dire soyez en marge de la politique. Sinon comment comprendre qu’un parti qui porte la griffe d un coutumier. Connaît ce cafouillage. Encore une fois l avenir ne présage rien de bon pour un coutumier politique. Encore une fois mettez vous au dessus de la mêlée..

    • Moi j’opte pour un Burkina Faso de la diversité et ou chaque opinion politique compte.
      Que cette opinion soit émise suivant ou en respectant le les règles prévues.

    • Sida,
      malheureusement les règles que vous évoquez ne sont pas les mêmes pour tous.
      Dans plusieurs localités, quand vous contredisez le chef qui s’est lancé en politique, les habitants de sa localité considèreront que vous les avez humiliées et sont contre elles. Elles se braqueront contre vous. Vous voyez donc qu’il y a des règles informelles qui privilégient certaines catégories de Burkinabè.

    • Soit. À qui la faute ?
      L’Etat qui doit assurer le respect des lois à travers l’exécutif et sanctionner les fautifs à travers le judiciaire ou le chef qui est lui justiciable devant les tribunaux et cours.
      Moi, j’ai vu aussi dans des localités où le chef a été un victime et celui ci a été aussi malmené à cause de son choix politique.
      Au Burkina le problème se pose autrement car il n’y a pas de parti politique de chefs.
      Les chefs sont dans presque tous les partis au Burkina.
      L’exemple palpable est celui de l’ancien régime ou des Burkinabés ont été victimes de leurs choix politiques(affectations arbitraires)sans que le sommet de l’Etat soit occupé par un chef.

    • Je partage l’idée selon laquelle pour aider et représenté des personnes il faut au moins les connaître et aussi vivre avec eux.
      Dans ce sens, nous pouvons dire que le chef est l’une des bonnes personnes indiquée pour jouer ce rôle a priori dans la mesure où il vit avec le peuple.
      Cependant, ceux qui veulent s’engager en politique doivent le faire par conviction et avoir un comportement républicain.
      Dans ce sens le Dima est exempte de toute reproche car ses choix politiques ont été opérés par conviction car il s’agissait de choix très difficiles.
      Heureusement, il a assumé son choix donc que peut on dire encore ?

  • Ah la politique !!! Ces fameux hommes en bonnet qui ne pensent qu’à leur ventre. Nos coutumes vont disparaître avec ces vautours comme gardiens. Est-ce que ce Dima peut être ou mérite t-il le respect ?? Si on l’insulte "nii yaalga" il va se plaindre

    • La politique en tant que service que nous rendons à la nation est une chose très noble et une activité de très grand intérêt auquel un chef doit avoir son mot a dire.
      Faire donc de la politique n’est certainement pas contraire à un statut de chef qui est politique par essence.
      Seulement nous devons respecter les garanties légales et constitutionnelles.

    • Si vous vous levez le matin et vous trouvez que votre maïson est remplie de personnes qui viennent solliciter votre aide pour résoudre leurs problèmes dans des domaines dévolus à l !Etat :
      - questions de terres ;
      - questions de champs ;
      - questions de droit humains(mariage forces ou abus et discrimination) ;
      - ou même des questions qui leurs opposent aux gouvernants parce que ces derniers veulent abuser de leurs positions politiques, une des alternatives est de faire de la politique car c’est cette activité qui règle les problèmes pour lesquels vous êtes sollicites.
      c’est cette raison qui amène les chefs en politique et non pour se sucrer. La preuve est que ces chefs ne pourront jamais s’exiler telqu’en soit l’issue d’une Crise politique.

    • Nous devons éviter de faire une amalgame et reconnaître au Dima la justesse de son combat.
      son combat politique a montré que l’intégrité est une valeur cardinale en politique, que le courage doit être l’arme des vainqueurs et enfin la tolérance une boussole.
      Il faut préciser que ce combat qu’il mène n’a pas été facile ni pour lui ni pour ses supporters.
      plusieurs fois députés certes mais plusieurs fois victime d’abus comme : mise en résistance surveillée sans aucun respect des formes légales, interdiction totale de faire des activités coutumières sur la base de rumeurs.
      Dans le cas d’espece, il est évident que la lutte pour le contrôle du RDS doit se faire légalement.
      Mais la encore nous constatons que la crise est née de là volonté d’exclure du congrès les membres du camp adverse.
      Des lors il devient difficile de soutenir le président du parti.

    • Dire à une population que : je mène le combat du développement avec vous ou je mène ce combat pour vous ou encore menons ce combat ensemble ne peut en aucun cas être un motif d’injures à moins qu’il ait autre chose que de la politique..
      En politique chacun vient faire une offre politique et le peuple choisi.

  • Des bonnets rouge qui sont entrain de salir le nom des chefs coutumiers responsables. Il est où le sacré pour que les gardiens de la tradition pataugent ainsi dans la boue ?
    Ceux-là même qui doivent montrer le chemin de la morale se sont égarés. Les politiciens au Burkina deviennent de vrais dangers pour le pays. Ressaisissons-nous vite !
    Nobga

  • Pour décider pour les autres et aussi pouvoir les sanctionner il faut être au dessus de toute critique c’est à dire avoir un leadership sinon nous sanctionnons les opinions que nous ne partageons pas et non des faits prohibés et commis.

  • Récapitulons :
    1- Les membres du bureau politique du RDS accusent le président du parti de mauvaise gouvernance ;
    2- le président pour répondre à ses détracteurs débale sa stratégie en accusant publiquement que ses détracteurs entretiennent des milices ;
    3-contre toute attente, il se convoque un congrès à lui tout seul et interdit l’acces à la sale à ses détracteurs ;
    Conclusion ; Le président du parti prépare un complot.

  • Moi ce qui me met mal à l’aise dans ce débat est le fait que ce monsieur est en train de vouloir contester la légitimité de personnalités d’envergure nationale alors qu’il n’a même pas réussi à se positionner comme le second délégué du quartier à yako.
    c’est triste et très regrettable.

  • Moi je propose que le système de décompte soit utilisé pour le financement des partis politiques car il permettra aux leaders politiques qui auront atteint un niveau de suffrages de se faire rembourser sur présentation des factures.
    ce système nous permettra d’eviter ce débat de chiffonnier.
    En réalité une justification objective de la présence d’une personne illégitime en politique est le fait que cette personne cherche à s !enrichir sur le dos du contribuable. François qu’en même !

  • Tout le monde peut deviner qu’une telle obsession de la part d’un président hué s’explique aisément par le fait que celui a reçu ou pourrait recevoir quelques chose de la part d’un adversaire pour service rendu.
    quelle peut donc être cette choses ?
    evincer des gens sur des listes ?

  • VRAIMENT CE CHEF A FRANCHI LE RUBICON ET IL EN FAIT TROP .DIEUX EST LE PLUS GRAND.

  • Si nous nous référons exclusivement au texte du journal, il est évident que François veut gérer le parti à l’exclusion des autres membres.
    Cependant, si nous observons les forces en présence, nous constatons que François ne fait pas le poids.
    quel peut être donc l’agenda caché de François si nous savons que François et sa clique ne peuvent faire un apport significatif en terme de vote à la mouvance présidentielle tant au niveau de l’assemblée nationale qu’au niveau électoral.
    Francois. doit certainement penser qu’en monopolisant le parti il pourra en faire une gestion lucrative.

  • Supposons le statuquo ante et faisons un raisonnement prévisionnel.
    Dans cette hypothèse, François devient le grand maître abord,c’est à dire une espèce de manitou sans base électorale.
    Que fera t-il ?
    Il semble être évident qu’il recompensera les siens en leur donnant des positions de choix et les autres il sanctionnera.
    c’est à dire qu’il mettra à la retraite politique d’office ces adversaires.

  • Je crois que François en côtoyant beaucoup les chefs et en obtenant d’eux un respect a cru qu’il’ etait devenu lui aussi un monarque à tel enseigne qu’il a convoqué un congrès pour lu et rien que pour luii.
    Malheureusement pour lui son réveil sera brutal car il est très loin de la réalité.

  • Quant à moi j’ai simulé le fonctionnement d’une quincaillerie et je me suis rendu compte que le bénéfice hebdomadaire dépasse les émoluments d’un député.
    Avec tout le respect que je dois à François je lui conseille d’abandonner la politique car il n’aura pas d’argent et créer une quincaillerie qui rapporte beaucoup.
    Ainsi, il arrêtera la vente des votes.

  • Dire que j’ai failli me retrouver dans ce parti parce que j’avais de l’admiration pour le Dima après Ki-Zerbo. Finalement je trouve que j’ai eu de la chance car ce vieux n’est pas aussi admirable que je le pensais. Pour moi François Ouindlassida se fatigue, il ferait mieux de créer son parti, cela ne prend que deux, trois ou quatre mois ou peut-être moins. Il faut laisser le parti à ces rétrogrades et nous ouvrir l’avenir. Moi je ne pense pas que les coutumiers apportent quelque chose à la politique. Ils sont responsable de la mauvaise situation politique de ce pays.

    • C’est la ou se trouve le paradoxe car nous sommes pour que les chefs fassent de la politique de manière informelle ; mais quand il s’agit d’integrer les institutions pour faire de politique nous crions.
      je donne des exemples :
      nous acceptons que sous son hangar ou sous l’arbre à palabre que :
      - Le chef règle les questions sociales,
      - le chef aide l’administration
      - le chef propose des solutions car il connaît mieux les citoyens
      - le chef règle les questions du foncier
      - le chef empeche tel comportement.
      par contre lorsqu’il doit intégrer le conseil municipal ou l’assemblée Nationale pour faire les mêmes activités, nous crions
      Il ya un paradoxe.

  • Dire que le chef ne doit pas faire de la politique c’est empecher celui-ci de contribuer ou de servir la nation.
    La contribution sociale est très differente de celle politique.
    La contribution politique des chefs au Burkina est inestimable tant du point de vue formel que d’un point de vue informel.
    Ce que nous devons combattre ce sont les abus qui dénaturent.

  • De mon point de vue, le leader politique Burkinabé est celui qui propose des alternatives constructives et trace au quotidien des sillons pour la posterite.
    C’est ce type de leader qui peut mobiliser car des gens pourront s’y retrouver à travers ses actions et ses discours.
    Moi je place dans ce groupe les leaders politiques comme le Dima, le Professeur Joseph Ki-Zerbo, l’honorable Arba Diallo, le professeur Bado.
    Si après un certain temps passé en politique on n’est toujours pas en mesure de mobiliser, c’est à dire se faire élire nous nous devons de nous poser des questions.
    Malgre l’adversité les leaders politiques cités plus haut ont toujours eu parmi les populations des gens qui leurs donnent mandat donc qui leurs distingue des autres c’est à dire de la masse.
    Donc ces personnes ont une légitimité qui est supérieure à celui qui bavarde seul dans son salon par exemple.
    Maintenant la loi nous accorde l’opportunité de suivre tel ou tel autre leader politique.

  • Toute la population dans son exclusivité ne peut pas se reconnaître en un individu fut il un leader politique.
    c’est la raison pour laquelle nous utilisons un autre critère pour mesurer la légalité qui est le critère de la majorité.Un exemple très simple est fourni par le processus psychologique d’individualisation et de choix d’un candidat.
    Ce processus diffère suivant que l’on appartient à tel groupe ou à tel autre groupe.
    Par exemple le critère de choix d’un paysan diffère de celui d’un commerçant qui diffère de celui d’un intellectuel. Même si tout le monde recherche un bonheur.
    Des lors, le débat devient faux quand on se met à critiquer le choix fait par un autre groupe.
    Le Dima représente un groupe bien précis qui n’a pas tellement évolué depuis 1991 et ce groupe s’identidie a lui.
    Des lors que ce groupe existe, il devient politiquement insoutenable de vouloir l’empecher d’etre sur la scène politique au motif qu’il a un statut différent.

  • Il manque au président du RDS une légitimité politique.
    Si je pose la question suivante au président : Pourquoi le RDS existe ?
    il dira : conquérir et gérer le pouvoir.
    une deuxième question : comment gagner les élections au Burkina ?
    il dira : Avoir les leaders d’opinions(chefs, religieux et coutumiers...)
    Troisieme question ; pourquoi affronter ces leaders d’opinions lors d’un congrès alors qu’il est plus judicieux de convaincre ?
    Il dira : je n’y arrive pas.

    conclusion : Il n’y arrive pas parce qu’il lui manque une légitimité car d’autres qui sont plus loins de ces leaders ont réussis.

  • Tout le monde sait que le RDS est le parti du Dima de Boussouma, même s’il occupe la position de Président d’honneur. Donc, que le président O. W. François ait le courage de remettre la chose à son propriétaire réel et se retirer dans l’honneur. Vu son âge, cela ne l’honore pas de mener un combat de chiffonnier perdu d’avance.

    • Mon ami Jerkilo, le RDS est-il un parti politique ou une SARL ?
      Quand vous parlez de l’âge du président, pensez aussi à l’âge du président d’honneur !
      D’ailleurs, ce dernier est toujours Député depuis 1992 jusqu’à nos jours !
      Que peut-il encore prouver (en dehors de la "monarchisation" de poste politique) ?
      Humm !

  • Qu’est-ce que le RDS sans le Dima de Boussouma ? L’essentiel des militants et des élus de ce parti sont dans le Boussouma. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond !

  • Le naaba qui fricotte avec la politique active doit etre traité comme tel ; lui arracher son bonnet au cours d’une réunion houleuse et le rouler dans la poussière.

    #MOLOTOV

    • Encore l’eternelle question des bonnets.
      je crois savoir que le bonnet n’est pas attribué sur la base de la non participation active à des activités politiques mais plutôt suivant d’autres criteres.
      Des lors,il me semble etre difficile qu’il soit retiré parce que le détenteur est passé de non actif politique à actif politique et vice versa ou de communiste à capitaliste et vice versa ou encore de syndicaliste à ministre.
      je crois que nous devons simplement consider la politique comme un sacerdoce ou chacun sera évalué récompensé et ou sanctionne en fonction des résultats présentés.
      Je ne crois pas que les bonnets rouges du fait de la politique doivent être mal traités.
      Il ya dans nos localités des bonnets rouges qui donnent de très bons résultats.
      Devons nous les exclure de la politique parce qu’ils Portent simplement des bonnets rouges ?

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