Drames de Yirgou : La jeunesse militante de l’UPC sera à la marche de protestation du 12 janvier à Ouagadougou et à Dori

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Publié le jeudi 10 janvier 2019

Drames de Yirgou : La jeunesse militante de l’UPC sera à la marche de protestation du 12 janvier à Ouagadougou et à Dori

Dix jours après le drame de Yirgou (dans la commune de Barsalgho, région du Centre-nord), l’Union nationale de la jeunesse de l’UPC (Union pour le progrès et le changement) a animé une conférence de presse sur la situation pour dire « plus jamais » à de telles dérives, appeler à une réaction diligente et conséquente du gouvernement et annoncer sa participation à la marche de protestation du 12 janvier 2019, initiée par le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC). La conférence a eu lieu dans la matinée de jeudi, 10 janvier 2019 au siège national du parti, sis au quartier Gounghin, à Ouagadougou.

Après la déclaration du parti sur la situation (http://lefaso.net/spip.php?article87405), c’est sa jeunesse qui a donné de la voix via une conférence de presse.

« La jeunesse UPC n’est pas contre les Koglwéogo, et elle les a félicités de par le passé pour leur grande contribution dans la lutte contre l’insécurité, en collaboration avec les Forces de défense et de sécurité. (…). Mais, les tueries à grande échelle commises à Yirgou font honte au peuple burkinabè et ternisses l’image des Koglwéogo. Pour éviter que, chacun, demain, des individus ne soient tentés de se faire justice, de s‘attaquer à des groupes de citoyens sur la base de leur identité, il faut que justice soit faite, il faut que les coupables soient arrêtés et condamnés à la hauteur de leur forfait », a présenté le premier responsable de l’Union nationale de la jeunesse de l’UPC, Jean Nacoulma, dans la déclaration liminaire.

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Les conférenciers ont observé une minute de silence en la mémoire des victimes de ces évènements dramatiques

D’où la demande « solennelle » à la justice, « celle qui est prompte à arrêter des leaders d’OSC (organisations de la société civile) et à condamner les web activistes » à faire élucider cette affaire de manière diligente.

« Et, nous sommes déçus du fait que jusqu’à présent, aucun présumé coupable n’ait été arrêté. C’est comme si l’on donnait du temps aux criminels pour fuir. Ce n’est pas acceptable », fustigent les conférenciers.

La jeunesse de l’UPC se dit également « profondément déçue » de la manière dont le président du Faso et son gouvernement ont géré le dossier Yirgou.

« Le président Kaboré, qui est allé tardivement à Yirgou sous la pression populaire, a osé demander pardon aux présumés auteurs du massacre. Il n’a pas été ferme, il n’a pas exigé sur place que justice soit rendue. Pire, malgré l’ampleur de ce crime de masse, le gouvernement n’a pas daigné décréter un deuil national », décèlent Jean Nacoulma et ses camarades.

De l’avis des conférenciers, Yirgou devrait amener le président du Faso à annoncer des mesures fortes pour éviter une crise plus profonde (réformes envisagées, type de dialogue institué, autres annonces).

Appel à relent de solidarité nationale …

« Pour amener nos autorités à prendre conscience de l’imminence du péril, pour les amener à rendre justice aux personnes injustement tuées, nous, jeunes de l’UPC, annonçons que nous prendrons part à la marche-meeting initiée par le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC), et qui aura lieu le samedi, 12 janvier 2019 à Ouagadougou et à Dori. Nous encourageons l’ensemble des Burkinabè à participer à ces marches-meetings pacifiques », annoncent les jeunes de la première force politique de l’opposition, l’UPC.

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Jean Nacoulma (au micro), entouré de ses proches collaborateurs

Pour les conférenciers, c’est la problématique générale de la sécurité qui est ainsi posée. Ainsi estiment-ils que le drame est parti d’une attaque terroriste qui, selon eux, devient des faits banals. « Le pays est rongé par l’hydre terroriste, les écoles se ferment par vague. Après chaque attaque, pas d’enquête concluante, pas de suite de la part des autorités. Dans ces conditions, des individus mus par l’ignorance et animés par l’esprit de vengeance sont tentés de fabriquer des ennemis », soutiennent-ils. Ils invitent donc les dirigeants à prendre toute la mesure de la situation. C’est dans ce sens qu’ils ont invité le régime à mettre « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut ».

Pour la jeunesse de l’UPC donc, ne pas mettre un homme de tenue dans le gouvernement, comme l’a proclamé le président du Faso, « alors que ce sont les Forces de défense et de sécurité qui meurent chaque jour au front » pose problème.

C’est aussi en cela que les jeunes du parti pensent que l’état d’urgence décrété dans certaines provinces du pays doit être accompagné de moyens humains, matériels et juridiques nécessaires au succès de cette mesure.

« Nous sommes tous des Burkinabè, héritiers de nos ancêtres qui ont su vivre dans la paix, la tolérance et la solidarité. Ne constituons pas la génération par qui la division commencera », ont invité Jean Nacoulma et ses camarades.

En attendant la marche de protestation, le parti prévoit, demain vendredi, 11 janvier, une visite à Yirgou.

O. L
Lefaso.net

Messages

  • Pourquoi les partis politiques devraient-ils s’inviter á cette marche ? Avez-vous pensé à tout le mal que vous ferez au CISC ? Des personnes ne viendront plus à cette manif pcq vous avez décidé de vous y inviter. C pas sérieux. N’allez pas me dire que “à la guerre comme à la guerre”. Zéph on a du mal à te suivre.

    • Danton, ne soit pas dalton. Ta position est vraiment gênante. Tu semble applaudir intérieurement ce qui s’est passé à Yirgou à un moment où la colère et l’indignation face à cette dérive meurtrière surpassent les clivages politiques.

    • Vous, ne venez pas.Tous ceux dotés d un sens de la patrie et du respect de la vie d’autrui viendrons.Vos mesquineries et votre peu de considération pour l intérêt publique vous perdront.Partisant jusqu’au rejet des valeurs éthiques font de vous des fanatiques d un genre nouveau.Quelle honte

    • @Sandokan.
      Je n’applaudis rien du tout. Relis mes posts sur lefaso.net en rapport avec ces évènements et tu me diras qui de nous deux « applaudit »ce qui s’est passé à Yirgou. Je vais résumer en francais facile pour toi ma pensée : vous n’avez pas le droit de surfer sur la fibre émotionnelle pour politiser une manifestation qui transcende les barrières politiques et se veut citoyenne. Celà s’appelle de la récupération. On s’en fout de quel parti il s’agit, ma réaction n’aurait pas changé. Vive le Burkina Faso ! Danton.

    • @Daryl.
      Apprends à t’exprimer en bon francais avant de vouloir écrire quoi que ce soit dans ce forum. Tu utilises de gros mots sans en connaitre le sens. Vous servez mal la cause de l’UPC. Quant à moi je serai à cette marche. C’est vous qui ne devriez pas venir. Danton.

    • Justement les partis politiques ne devraient pas aller avec leur couleurs. C’est ça qui ramène le problème à des fins politiques.

  • Je ne suis ni politologue, ni politique, ni philosophe. Je suis un simple citoyen burkinabè et je voudrai attirer l’attention de beaucoup de personnes (responsables politiques, membres d’OSC...) sur les déclaration qu’elles font parfois sur le drame de Yirgou.
    Ce qui est arrivé à Yirgou est très déplorable pour tout Burkinabè et nous devons tous garder le calme et mener en nous une réflexion interne et profonde sur le sujet avant de nous prononcer dessus. je sais, il est douloureux si l’on perd un membre de sa famille de la façon naturelle (mort par maladie) et cette douleur devient incommensurable lorsqu’on les perd de cette façon.
    Nous devons déplorer la situation dans son ensemble et non à travers nos déclarations faire porter le chapeau à autrui.
    A lire et écouter beaucoup de déclarations sur le drame de Yirgou, j’ai comme impression que ces gens qui se disent contre la stigmatisation des communautés ne font que cultiver celle -ci et c’est très déplorable.
    il est temps pours nous tous de travailler à apaiser les cœurs et cultiver la réconciliation à travers nos propos et non attiser la haine entre communautés. ces communautés vivent ensemble depuis la nuit des temps et de telles situations n’ont jamais été vécues. Si cela est arrivé aujourd’hui, il faut que nous fassions attention pour ne pas jeter de l’huile sur le feu.

    • Oui je suis tout à fait d’accord avec vous. Je trouve que dans un état de droit on doit laisser la justice faire son travail. Car toute désignation de coupables en dehors du cadre judiciaire est une aussi une forme de stigmatisation.

    • Je valide. A entendre les gens c’est comme les choses sont venus du néant. C’est comme les sept mort du côté du chef du village est un non événement. Il faut penser le problème dans son ensemble et surtout proner l’apaisement des coeurs que de stigmatiser des groupes en créant des collectifs contre la stigmatisation.

  • @Nongasida s’il vous plait arrêtez cette hypocrisie intellectuelle. Si les partis politiques comme l’UPC dénoncent les tueries de Yirgou, ce n’est pas par calcul politique, mais plutôt par devoir moral. En tant que parti politique, l’UPC a le plein droit d’exiger que les auteurs soient punis. Et aussi, je ne vois pas en quoi dénoncer la stigmatisation ethnique c’est attiser la haine entre communauté. Nous avons jadis vécu en harmonie au Burkina Faso, donc s’il y’a un problème, on doit le poser sur la table afin que ça ne se reproduise plus. Pensez-vous que si l’on tourne la page sur ce drame, cela apaisera les cœurs des familles des victimes ? Au contraire, ces derniers se sentiront marginalisés et voudront se rendre justice eux même ! Imaginez un temps soit peu les conséquences !

  • Le pays des marcheurs = lutte contre la pollution 20/20 pour Zeph et sa bande

  • Je suis parfaitement du même avis que la jeunesse UPC ! Le Président Roch Kaboré a raté un tournant décisif de son mandat, en ne prenant pas des mesures concrètes pour punir les auteurs. Pire, il n’a pas décrété de deuil national. Ce qui s’est passé à Yirgou est inacceptable dans un Etat de droit. En république, quelle que soit la colère des citoyens, ils ne doivent pas se faire justice eux-mêmes.
    Le fait pour des groupes koglweogos de s’en prendre à une communauté sur le simple critère de la race est par définition le début d’un génocide. Mais hélas ! En tout cas j’irai à cette marche pour maintenir la pression sur les autorités afin que justice soit faite !

    • En tant que citoyen lamda qu’est ce que tu as pu faire. L’état c’est rock et le mpp. De toute façon la vie de tout un chacun n’est lié au pouvoir de ceux qui sont en place. Ils partiront un jour et nous qui avons démissionner de notre rôle d’éducateurs nous n’aurons que nos yeux pour pleurer. Laissons les politiques faire leurs combats. Ce n’est pas le notre. Ils sont tous incapables de gérer ce pays. Que ce soit ceux qui sont au pouvoir ou ceux qui cherchent à l’avoir, on les connaît tous.

  • Félicitations à la jeunesse UPC qui participera à la marche du 12 janvier. Les jeunes des autres partis politiques devraient suivre cet exemple.

  • De toutes les manifestations je trouve que celle-ci est la moins productive. Car le plus souvent les conflits inter communautaires ont lieu dans les zones rurales, pas dans les grandes villes. Je pense que c’est là-bas qu’il faut intervenir. Les marches dans les grandes villes n’auront pas d’effets sur les mentalités de nos populations.
    Pour réduire ces types de conflits, je demanderai à tous (politiciens, OSC, députés, citoyen) de :
    - descendre chacun dans son village d’origine et procéder à des sensibilisations autour de lui.
    - d’éviter les propos stigmatisant en la présence des tous petits ou en publique.
    - éviter la politisation des drames ce genre.
    Au Burkina Faso nous avons une soixantaine d’ethnies et chacune a des stéréotypes par rapport aux autres. Malgré tout, nous vivons ensemble depuis la nuit des temps. Les occidentaux n’ont pas réussi la cohabitation de plusieurs groupes ethniques. Nous devons nous en féliciter tout travaillant à améliorer la cohésion sociale. Evitons aussi de vouloir recevoir à tout moment les leçons de L’occident par rapport à notre vivre ensemble car ils ne sont pas un exemple en la matière. La plus part de ces pays n’ayant pas plus deux groupes ethniques en plus les minorités y vivent des stigmatisations les plus durs.

  • Mon frère Nongassida . Laisse les marcher. Le peuple n’est pas dupe. Le pouvoir se gagne par les urnes pas par les marches. Les sinistrés savent que ces marches c’est pour le pouvoir. Il faut les laisser

  • Mon pays n’est plus un État de droit. À force de tolérance et de politique de non violence nous avançons dans l’impunité avec ce régime Rococo. Voici pourquoi nous devons aller à cette marche pacifique pour dénoncer l’impunité !

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