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Barrages hydroagricoles de Guidissi et Ipelcé : Les travaux de construction lancés

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET | Par Aïssata Laure G. Sidibé • vendredi 15 mars 2019 à 20h00min
Barrages hydroagricoles de Guidissi et Ipelcé : Les travaux de construction lancés

Le ministre de l’Eau et de l’Assainissement, Niouga Ambroise Ouédraogo, a procédé, le jeudi 14 mars 2019, au lancement des travaux de construction du barrage du village de Guidissi, situé dans la commune de Doulougou, et de celui de la commune rurale de Ipelcé, dans la province du Bazéga, région du Centre-Sud.

Le 14 mars 2019 restera à jamais gravé dans la mémoire des populations du village de Guidissi et des villages environnants. En effet, c’est le jour où le ministre de l’Eau et de l’Assainissement, Niouga Ambroise Ouédraogo, a donné le premier coup de pelle marquant le début des travaux de construction du barrage hydroagricole de ladite localité. Il s’agit là de la matérialisation d’un engagement fort pris par le chef de l’Etat, Roch Kaboré, lors de sa tournée de campagne en 2015. L’infrastructure aura une capacité de stockage de 1 300 000 m3 d’eau.

Il disposera d’une digue de 1 406 mètres avec une hauteur maximale de 8,25 mètres. Le coût de la mise en place dudit barrage a été estimé à 1 440 000 000 F CFA entièrement financé par le budget de l’Etat, gestion 2019. Le groupement d’entreprises JOC-ER/GESEB, qui a en charge des travaux, dispose de six mois pour les boucler. Le contrôle de ces travaux relève du Groupement GERTEC/GIP.

S’adressant aux premiers responsables, le ministre Ouédraogo a été on ne peut plus clair : « Nous tenons à ce que le délai soit respecté et que l’ouvrage soit réalisé selon les règles de l’art. Chacun doit jouer pleinement sa partition ». Il nourrit la grande ambition de pouvoir revenir pour une éventuelle inauguration, dans un an, après la prochaine saison des pluies. La réalisation de cet ouvrage est un vœu exprimé pendant des décennies par les populations.

En effet, retrace le président du comité communal d’organisation, Salif Zoungrana, « depuis une quarantaine d’années, nos devanciers ont entrepris toutes les demandes possibles pour la réalisation de ce barrage et bon nombre de nous ont quitté sans avoir vu la matérialisation de leur rêve. Ils sont certes partis, mais je demeure convaincu que de là où ils sont, ils nous regardent. Ils sont fiers de cet aboutissement ».

« L’agriculture et l’élevage, les principales activités socio-économiques de la commune »

Satisfait du démarrage des travaux, le premier adjoint au maire de la commune de Doulougou, Leonard Compaoré, a, au nom des populations, exprimé sa gratitude au président du Faso qui a fait de l’accès à l’eau, un des axes prioritaires de son programme politique intitulé « Bâtir avec le peuple, un Burkina Faso de démocratie, de progrès économique et social, de liberté et de justice » et décliné dans le Plan national de développement économique et social (PNDES). Il a ensuite traduit sa reconnaissance à l’ensemble du gouvernement et rassuré que les filles et fils de la commune sont et resterons mobilisés pour accompagner le chef de l’Etat dans son combat pour le développement du Burkina Faso.

Dans cette partie du pays, l’agriculture et l’élevage sont les deux principales activités socio-économiques. Lesquels constituent le socle de l’alimentation des populations ainsi que la source principale des revenus monétaires pour la satisfaction des besoins des ménages. M. Compaoré a cependant relevé que les jeunes et les femmes sont confrontés au déficit d’eau pour l’irrigation et pour abreuver le bétail, particulièrement en saison sèche.

Le futur barrage de Guidissi paraît comme une épine qu’on retire du pied. « Aucune infrastructure ne mérite de voir le jour, si l’auto-entretien ne peut être assuré », dit-on. Cet adage a été bien compris par les populations bénéficiaires qui, d’ores et déjà, ont pris la résolution de bien gérer l’ouvrage.

De son côté, le représentant du groupement d’entreprises en charge du marché, David Zoungrana, s’est prononcé sur l’état d’avancement des travaux. « Nous avons déjà engagé les travaux. La tranchée d’ancrage est déjà à 100% terminée. Nous avons commencé à nettoyer la cuvette et à approvisionner tout ce qui est à organiser pour que les travaux puissent se dérouler dans le délai. Nous pouvons vous rassurer que dans six mois, quand vous allez revenir, vous allez trouver de l’eau », a-t-il avancé.

Un tel projet, quoique salutaire, a rencontré des difficultés lors des travaux préliminaires. « Avant le démarrage des travaux, il y avait des concessions qui étaient sur l’axe de la digue. Il fallait passer à des négociations pour déplacer les propriétaires et puis trouver un lieu pour les amener avant qu’on ne puisse démarrer les travaux. Le démarrage des travaux a été lent à cause de ça. Mais ces problèmes sont résolus. Actuellement, nous sommes en plein activité pour le lancement », foi de M. Zoungrana, notant qu’un autre problème subsiste : « Sur l’axe de la rive, il y a une concession ».

« Le Larlé Naaba réaffirme sa volonté d’accompagner les populations bénéficiaires »

A l’occasion de cette importante activité, le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, Dieudonné Bonanet, et celui de la Justice, René Bagoro, ont communié avec les populations, et ce, en présence du Larlé Naaba et d’autres convives. « Je suis venu rendre un hommage à mon ami personnel, M’Ba Ribo, qui a lui aussi milité pour que ce barrage voie le jour. Grand garagiste du Burkina Faso, il nous a quittés l’année passée. Pour le respect de son âme, de sa famille, je devais être témoin du lancement de ce barrage, parce que s’il vivait, certainement, j’allais être là, à ses côtés. Il n’est plus de ce monde mais notre amitié est si sincère que je ne pouvais pas manquer ce rendez-vous important non seulement pour la population mais aussi pour tous les Burkinabè (…) », a justifié le Larlé Naaba. Promoteur agricole, commandeur de l’Ordre du développement dans l’agriculture, il se dit disponible à partager ses expériences novatrices avec les populations de Guidissi et celles des villages voisins.

« Le rêve des populations de Ipelcé devient une réalité »

L’arsenal de développement économique, le PNDES, est en marche dans la commune rurale de Ipelcé (la maison blanche en mooré), et ce, grâce au président du Faso. Après Guidissi, le premier responsable du département de l’Eau s’est rendu, peu après midi, dans cette localité pour également lancer les travaux de construction d’un barrage hydroagricole.

Au regard de l’importance de l’évènement, les filles et fils des treize villages de la commune n’ont pas marchandé leur déplacement. L’ouvrage sera doté d’une capacité de stockage d’environ 1 200 000 m3 d’eau. La digue a une longueur de 838 mètres avec un déversoir de 60 mètres. Cette infrastructure va coûter 1 460 000 000 F CFA, entièrement financés par le budget de l’Etat, gestion 2019. Les travaux seront exécutés par le groupement d’entreprises GESEB-SA/JOC-ER pour un délai de six mois, et le Cabinet SERAT assurera le contrôle des travaux.

L’achèvement de ce joyau et la possibilité d’aménager au moins 10 ha de terres, permettront de produire en saison sèche, grâce aux techniques d’irrigation, des spéculations diverses à même d’accroître substantiellement les revenus des exploitants mais, aussi et surtout, des exploitantes.

Par ailleurs, l’aménagement d’espaces pour le bétail et la pratique de la pisciculture accroîtront la capacité de résilience des populations face aux facteurs de détérioration de leur environnement et de leur niveau de vie. Au regard de ce qui précèdent, Albert Tiendrébéogo, qui s’exprimait au nom des populations, a présenté ses vives félicitations et sa reconnaissance au ministre Ouédraogo.

Il poursuit en disant qu’« on est en droit de rêver que les ressortissants, prenant conscience, sont mobilisés et sont prêts à rentrer au bercail ». « Désormais, ici, sur place, on aura tout pour assurer le mieux-être grâce aux différentes possibilités de production qu’offre cet ouvrage, source de vie, que nous apprécions à sa juste valeur », avant de conclure.

Bilan et perspectives…

Au terme des trois ans de mise en œuvre du programme présidentiel et du PNDES, le ministre a noté avec satisfaction plusieurs réalisations dans le domaine de la mobilisation des ressources. Au titre des travaux de construction ou de réhabilitation de barrages, il a cité l’achèvement des travaux du barrage de Samendeni ; la réalisation de onze nouveaux barrages, la réhabilitation de 22 barrages, le lancement des travaux de restauration, de protection et de valorisation du lac Bam.[ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 16 mars à 01:28, par Un Burkinabê En réponse à : Barrages hydroagricoles de Guidissi et Ipelcé : Les travaux de construction lancés

    Quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi 85% des barrages au Burkina sont localisés où la pluviométrie est approximative. Pourquoi l’Etat n’inverse t-il pas la tendance en contruisant les barrages dans la Boucle du Mouhoun, l’Est, les parties Sud du pays. La science nous enseigne qu’il faut plutôt bâtir sur ses forces au lieu de forcer sur ces faiblesses.

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    • Le 16 mars à 10:35, par Nongma En réponse à : Barrages hydroagricoles de Guidissi et Ipelcé : Les travaux de construction lancés

      Pour répondre à votre question, je dirais ceci : Le plateau central a une forte population qui souffre de la précarité de la pluviométrie. Comme personne ne souhaite l´exode des populations du centre vers le sud, il est intelligent de construire ces barrages là-bas pour permettre aux gens de vivre là oú Dieu les a fait naître.
      Les jalousies et l´envie ne feront pas avancer le pays. Cessons de réfléchir dans ce sens.
      Moi je me pose la question comment faire pour diminuer les effets de l´évaporation. Comment construire des retenues d´eau couvertes pour profiter au maximum des eaux de précipitions.
      Les pays maghrebins qui viennent nous vendre leurs oranges et leurs pommes de terre ont souvent des précipitions annuelles qui ne sont que le tier de ce que nous avons.
      La maîtrise de l´eau constitue leur avantage sur nous.
      Sans rancune !

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      • Le 16 mars à 14:34, par Un Burkinabê En réponse à : Barrages hydroagricoles de Guidissi et Ipelcé : Les travaux de construction lancés

        A Nongma : merci pour ta réponse. Si c’est vraiment la raison je pense que notre pays ne s’en sortira point. C’est idiot de mettre un barrage dans une localité qui pourrait peut être produire pour se nourrir alors qu’en mettant ce même barrage ailleurs la production sera 10 fois meilleure. A ce que je sache l’eau n’est pas le seul paramètre pour une bonne production agricole. La qualité des sols est un élément important. Aussi il ya autres moyens de lutter contre l’exode du plateau central que d’investir des milliards dans des barrages. Re-organisez le secteur minier (plusieurs mines d’or industrielles comme artisanales sont sur le plateau central).
        Par rapport au mahgreb, sachez que les cultures agricoles sont faites dans leurs zones humides (equivalent de nos zones du sud Burkina). Justement en prenant en compte l’effet évaporation peut être qu’il serait mieux de mettre les barrages ailleurs et non où ils sont.

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  • Le 16 mars à 13:36, par Kpièrou En réponse à : Barrages hydroagricoles de Guidissi et Ipelcé : Les travaux de construction lancés

    Ce que l’internaute Burkinabè veut comprendre vaut pour le reboisement déboisement. Pour reverdir le Faso ce n’est pas à partir du désert qu’il faut commencer pour aller vers les zones boisées mais le contraire... Mais le constat est alarmant, aujourd’hui des permis continuent d’être délivrés à des prédateurs qui descendent jusqu’à Batié (province du Noumbiel) pour ramener à Ouagadougou bois et charbon. C’est triste mais il faut le reconnaître.

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  • Le 17 mars à 23:03, par QUENUM Patrice Joseph En réponse à : Barrages hydroagricoles de Guidissi et Ipelcé : Les travaux de construction lancés

    Ça ne sortira pas de ma bouche, il faut reconnaitre que le développement n’est pas partagé au Burkina Faso. Notre approche même à la décentralisation créé des poches de centralisation. Je connais des provinces qui depuis la révolution n’ont bénéficié en rien de la collectivité nationale. Tout y est vestiges de la colonisation. Même pas des saupoudrages à l’occasion de la célébration par exemple du 11 décembre. On tait des choses pour le vivre ensemble mais œuvrons à équilibrer certaines choses qui sont sources de frustrations et de sentiment d’exclusion. Malheureusement, depuis un certain temps, la norme s’écartant, on a tendance à normaliser les écarts.

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