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Carte de presse : « Il y a un travail de sensibilisation à faire au préalable », selon Cheick Beldh’or Sigué, président du Comité technique

Accueil > Actualités > Multimédia • LEFASO.NET | Par LEFASO.NET • jeudi 25 avril 2019 à 12h00min
Carte de presse : « Il y a un travail de sensibilisation à faire au préalable »,  selon Cheick Beldh’or Sigué, président du Comité technique

Lancée en 2009, la carte de presse vise à assainir le monde des médias. Dix ans après son opérationnalisation, où en sommes-nous ? Pour en savoir davantage, nous sommes allé à la rencontre du président du comité technique de la carte de presse et du laissez-passer, Cheick Beldh’or Sigué, directeur général des Editions Le pays.

Lefaso.net : Qu’est-ce qui a motivé la création d’un Comité technique de la carte de presse et du laissez-passer ?

Le comité technique de la carte de presse et du laissez-passer créé par arrêté, date d’avril 2009 et l’un des objectifs visés au départ, était, je crois, de travailler à assainir le milieu. La carte de presse est une sorte de carte d’identité professionnelle du journaliste. La détention de la carte doit, en principe, induire un certain nombre d’avantages tels que voulus par les textes ; et, pour notre part, nous travaillons à ce que ces avantages liés à la détention de cette carte, soient nombreux.

Certes, ils ne sont pas encore à la hauteur de nos espérances, mais il y a quand même quelques acquis. C’est notamment la convention entre le Comité et l’université Aube nouvelle, à l’époque de feu Justin Coulibaly à qui je rends un vibrant hommage. Grâce à cette convention, tout détenteur de la carte de presse ou du laissez-passer peut bénéficier d’une remise de 50% à l’inscription. Nous comptons mener d’autres plaidoyers et à l’issue de tout cela, on espère que les avantages qu’on aura négociés avec des structures, seront davantage alléchants.

Du reste, je pense que ce n’est pas au Burkina seulement que les journalistes disposent d’une carte de presse. C’est une réalité aussi en Côte d’Ivoire notamment et à ce propos, s’il plait à Dieu, nous ferons une sortie en Côte d’Ivoire qui est très en avance sur cette question, afin de nous inspirer de l’exemple ivoirien. Le CSC pourrait nous soutenir dans ce sens.

Lefaso.net : Quelle est la différence entre la carte de presse et le laissez-passer

La carte de presse est délivrée selon des critères précis. Tout le monde n’est pas journaliste, il y a des journalistes assimilés ; on ne peut pas délivrer la carte de presse à un photographe de presse tout comme on délivrerait la même carte à un journaliste, même si je reconnais qu’ils sont complémentaires.

Lefaso.net : Certains avantages, notamment la réduction dans les alimentations, les frais de voyage entre autres, avaient été énumérés lors de la mise en place du comité de la carte de presse. Où en êtes-vous ?

Ce sont des négociations, et quand vous allez négocier avec certains partenaires, ils vous demandent ce qu’ils gagnent en retour et parfois, ça donne lieu à d’âpres discussions car eux aussi, essayent de voir ce qu’ils peuvent tirer en contrepartie. Nous avons même eu des rencontres avec des sociétés d’assurance, qui n’ont pas porté fruits ; c’est toujours la même ritournelle ou presque qui revient : qu’est-ce qu’on gagne en retour.

Ce n’est pas évident, mais on ne baisse pas les bras. Nous avons espoir, parce que nous avons des structures qui nous soutiennent, qui veulent vraiment nous accompagner ; je parle notamment du CSC, du Centre de presse Norbert Zongo qui envisage aussi de nous donner un coup de main. Il n’y a pas forcément que l’aspect avantages, nous avons inscrit dans notre programme d’activités, au titre de l’année 2019, des tournées que nous comptons effectuer à l’intérieur du Burkina. Le problème du comité technique carte de la presse et du laissez-passer, c’est que nous n’avons pas suffisamment de moyens pour fonctionner.

Lefaso.net : La reconnaissance de la carte de presse se pose au niveau de certaines institutions (Présidence du Faso) où l’on exige la CNIB en plus du document. Ne pensez-vous pas qu’il y a d’abord un travail de reconnaissance qui doit être fait avant d’exiger ce document aux journalistes ?

Nous sommes en train de travailler pour donner plus d’autorité à la carte de presse. Nous avons même eu, en son temps, une rencontre avec le ministère de la Sécurité. Nous envisageons de mener d’autres rencontres, notamment avec les établissements financiers, et tout cela est inscrit dans le programme d’activités 2019. Je reconnais qu’il y a un travail de sensibilisation qui doit être fait au préalable. Un important travail doit aussi être fait de sorte à montrer toute l’importance et la pertinence de la carte de presse afin de mieux réussir nos actions de plaidoyer en cours.

Lefaso.net : Revenons aux conditions d’établissement de la carte de presse, notamment les documents à fournir. Quel est l’intérêt de certaines pièces comme le CV, la lettre d’engagement…, quand on sait par exemple que le journaliste doit fournir une attestation de travail ?

Je disais tantôt que l’un des objectifs de départ, était d’assainir le milieu. Vous savez que notre secteur est très ouvert et ce faisant, beaucoup de gens viennent à ce métier sans disposer forcément des rudiments nécessaires. Et il y a même ceux qui se font passer pour des journalistes alors que la réalité est tout autre. Je pense qu’il faut de l’ordre et de la discipline en toute chose et ce n’est certainement pas un hasard si tous ces critères ont été édictés. Il faut un minimum. Et, à mon avis, ce n’est pas trop de demander à quelqu’un qui prétend être en mesure d’exercer tel ou tel métier, que d’apporter la preuve de ses compétences, à commencer par la fourniture d’un CV ; il faut qu’on sache quand même à qui on a affaire.

Lefaso.net : Même pour les journalistes affiliés à un organe ?

Vous savez également que les ressources humaines ne sont pas toujours de qualité dans certains organes de presse, peut-être parce qu’on ne veut ou ne peut pas prendre des gens d’un certain niveau ; ça coûte cher aussi.

Lefaso.net : Il arrive donc que des demandes soient rejetées ?

Bien sûr ! Lorsqu’on ne remplit pas les critères, les demandes peuvent être rejetées ou ajournées. Mais rassurez-vous, notre intention n’est pas de brimer.

Lefaso.net : Les frais d’acquisition de la carte de presse sont passés de 5000 F CFA à 7 000 F CFA. Qu’est ce qui justifie cette hausse et comment se fait-il que l’établissement de la carte professionnelle coûte plus cher que la carte nationale d’identité burkinabè ?

Vous aurez remarqué que la période de validité de la carte de presse et du laissez-passer est passée de trois ans à cinq ans. Sachez que les frais d’établissement de la carte de presse ne suffisent même pas à faire fonctionner le comité de la carte de presse et du laissez-passer. Jusque-là, nous avons fonctionné essentiellement avec le CSC grâce auquel nous tenons nos sessions. Tout cela montre que les ressources financières dont nous disposons ne suffisent pas pour mener à bien nos activités. Pour ce qui est de notre mission, nous ne nous contentons pas seulement des dossiers de demande de la carte de presse et du laissez-passer. Il est également inscrit dans notre programme d’activités, des tournées d’information et de sensibilisation des journalistes à l’intérieur du pays notamment, sur la nécessité de disposer de la carte de presse et tout cela nécessite des moyens.

Lefaso.net : Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

Les difficultés sont essentiellement d’ordre financier, pour le fonctionnement du comité. Nous essayons donc d’avoir plus de partenaires, de sorte à ce que nous parvenions à atteindre nos objectifs. Nous sommes pratiquement à quelque six mois de la fin de notre mandat et je pense qu’on fera tout pour qu’une fois qu’il s’agira de passer la main, nous puissions dresser un bilan globalement positif. Au regard de la situation qui a prévalu au CSC, ce n’est que récemment que nous avons repris nos activités, après l’installation de la récente équipe ; le comité ne fonctionnait plus. La crise au CSC a vraiment entravé notre action et tout ce qu’on peut faire maintenant, c’est de donner un coup d’accélérateur à nos activités pour qu’en fin 2019, on puisse présenter un bon bilan.

En guise de conclusion ?

Nous sommes confiants, parce que nous avons l’engagement du premier responsable du CSC qui nous a rencontrés récemment. Au cours d’un entretien que nous avons eu avec le président du CSC, M. Mathias Tankoano, nous avons essayé de voir dans quelle mesure, son institution peut nous prêter main forte. Nous avons senti l’engagement du président du CSC à nos côtés et c’est important pour l’atteinte de nos objectifs.

Entretien réalisé par Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 26 avril à 12:29, par Le Pacifiste En réponse à : Carte de presse : « Il y a un travail de sensibilisation à faire au préalable », selon Cheick Beldh’or Sigué, président du Comité technique

    Les journalistes ne se bousculent pas pour chercher la carte de presse. Certains "grands" organes de la place disent même qu’en quoi la carte de presse est-elle mieux que leur carte de maison ? je fais deux propositions pour que la carte de presse soit sollicitée par les professionnels des médias :
    1) qu’une partie de la subvention à la presse privée soit retenue par an (au moins 700 000 CFA) pour 100 cartes pour les journalistes du privé
    2) que le ministère de l’info débloque aussi annuellement 700 000 CFA pour 100 cartes pour les journalistes des médias d’état
    3) si ces deux solutions ne marchent pas, il faut revoir à la baisse le prix de la carte
    4) il faut enlever les histoires de CV et autres parce que les pièces à fournir donne du tournis

    Répondre à ce message

  • Le 26 avril à 15:23, par sotigui de bobo En réponse à : Carte de presse : « Il y a un travail de sensibilisation à faire au préalable », selon Cheick Beldh’or Sigué, président du Comité technique

    Merci Le Pacifiste, c’est bien dit. Qu’apporte la carte de presse au professionnel de l’information ? Si c’est pour arborer ça comme trophée de guerre (ça m’a l’air), il faut revoir les choses. Inspirez des pays déjà avancés en la matière, il faut d’abord sensibiliser vos institutions publiques et privées sur ce que représente la presse même pour un pays. Vous dites que les gens vous demandent ce qu’ils gagnent en retour avec la presse. Cette question est la preuve que ces gens ignorent même les missions de la presse dans un pays, ils oublient qu’ils ont les premiers bénéficiaires des actions de la presse.

    Répondre à ce message

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